Harley Attitude

Embarquement immédiat pour le festival Harley de Port-Grimaud

En cette mi-mai, Harley-Davidson ouvrait sa saison avec l’Euro Festival (10ème édition), organisé à Port-Grimaud dans le golfe de Saint-Tropez. Plus de 25 000 bikers se sont rencontrés sur les petites routes cuites par un soleil omniprésent. Lui, sur place, a trouvé ça vachement bien. Mais pas que.

À quoi peut bien ressembler un rassemblement de propriétaire Harley ? Fermez les yeux un instant, regroupez tous les stéréotypes ressassés sur les bikers, rajoutez-y autant de chrome, de cuir et de franges que possible et vous y êtes. Nous étions très curieux à l’idée de passer quelques jours au milieu de ces hommes et femmes pour qui le son d’un gros « twin » (c’est un moteur) est l’une des meilleures raisons de faire le pont du 8 mai. Mais avant de rejoindre l’EuroFestival, il y avait une petite épreuve à passer. Une sorte de rite quasi-initiatique.

Viens vivre la Harley attitude.

1 200 km en Road King

Intégré dans un petit groupe de motards chaperonné par le (très) rapide directeur de la marque, Harley-Davidson nous a proposé de prendre les commandes d’une Harley Road King. Objectif : rallier Paris et Port-Grimaud (1 200 km) en deux jours et demi. Parfait : rien de mieux que de connaître un peu le sujet pour se fondre dans un festival de passionnés.

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Bagages sanglés sur la selle, une petite pluie fine nous alerte sur la nécessité de rapidement gagner le sud de la France.

On démarre : le gros bicylindre tonne du « glom glom glom » inimitable proposé par la marque américaine depuis plus de 110 ans. L’étape bourguignonne permettra de faire un point sur l’utilisation de cette machine. C’est lourd (371 kilos sans le pilote et les bagages), encombrant, mais passés 10 km/h, cette Touring d’allure vintage se manipule comme un vélo hollandais. Comprendre : ne pas hésiter à se pencher dans les virages et ne pas se préoccuper des freins. Le Morvan dans le dos, nous traversons les routes menant à Compostelle. Les pèlerins nous regardent passer, sabordant leur tranquillité du bruit de bombardier de nos grosses cylindrées. C’est vrai. On ne craint plus personne.

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La partie « festive » ne fait que commencer. Le Tarn et le plateau des Cévennes, terrain de jeu préféré des motocyclistes à cause des centaines de kilomètres de virages serrés fait partie du roadbook. Que va-t-on bien pouvoir faire avec nos kilos d’acier « made in Milwaukee » ? On verra bien. L’engin de 86 ch se mène du bout des doigts et seuls les larges reposes pieds trop près du sol souffriront du périple. Ça frotte, mais ça balance bien. Nous arrivons dans le Var les lombaires tassées, mais très fier d’avoir réussi le coup. Nous voilà biker. En terre biker.

Camping à la plage

Le festival est organisé par le HOG (Harley Owners Group), une institution dirigée par Harley-Davidson via ses concessionnaires à travers le monde. Plus clairement : chaque acheteur, en concession, devient membre (ce n’est pas une obligation) et intègre un « chapter », subdivision géolocalisée que l’on retrouve brodée sur les cuirs sans manches bardés d’écussons pratiquement obligatoire pour être un « vrai ». Ce client, fidélisé par son clergé, retrouve alors ses frères arrivant de toute l’Europe, les pieds dans le sable, ballon de rosé à la main et logé dans un bungalow premium (eau, électricité, chaise longue et tout à l’égout). Comparaison des motos, achat de la dernière option au catalogue ou bilan fiscal du cabinet de chirurgie dentaire : les discussions vont bon train entre embrassades et claques dans le dos.

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Le festival est l’occasion pour ces milliers de gens de partager leur passion dans un contexte idéal. Le camping est à eux : personne ne va se plaindre pour violence sonore. On se lâche à Grimaud.

Pour certains, les occasions de porter un pantalon en cuir sont rares le reste de l’année civile. Il en va de même pour ces bagues à têtes de mort éclatantes.

Une grande scène installée sur la plage accueillera Bonnie Tyler et Louis Bertignac dans le week-end. Deux villages « exposants » cohabitent dans le camping. On y trouve les nouveautés Harley-Davidson, des échappements interdits qui font (encore plus) du bruit, des casques vieillis et des bulletins d’adhésion pour des associations caritatives. Situation cocasse : nous tombons sur une famille en vacances dans le camping. Ambiance : les enfants sont contents, mais papa/maman moins. « On dort bien », nous assure madame.

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Twin à Saint-Tropez

La fête concerne toute la région. Des parades vont se succéder et des milliers de motards rôdent dans les villages environnants. C’est la « face B » du festival, que nous découvrons le temps d’une escapade. À Cogolin, mais également Grimaud, les villages dans les terres, d’autres genres de bikers se rassemblent en parallèle du centre névralgique/camping organisé par Harley. Nous rencontrons d’autres « chapters » non-affiliés à la marque directement, des « indépendants » vivant leur passion aussi fortement, mais dans un autre contexte.

Les immatriculations des motos sont plus âgées et le nombre de motos flambant neuves se fait rare. Il faut dire que la marque n’a jamais été réputée pour être accessible à toutes les bourses. Aussi, ces motards-là préparent eux-mêmes leur engins en modifiants allégrement la fiche technique sans puiser obligatoirement dans l’épais catalogue d’options officielles. Les voilà, ces « choppers », « rats » et autre « sportsters » bidouillés sur des bases Harley d’un autre siècle. Les bars sont pleins, les barbes sont longues et les tatouages spéciaux. Autour d’un pack de bière, les « Soldiers French Military », affiliés à la Grande Muette causent pistons cassés avec les gars du « HDC NIGLO », le club des Gens du Voyage. Plus loin, deux Bandidos garent leurs engins aussi effrayants que leurs sourires. Leur présence était attendue mais la tension (légèrement) palpable : ils appartiennent au club historiquement rival des « Hells Angels », une autre branche indépendante de la passion Harley, que nous ne croiserons pas durant notre séjour. Pourtant, « ils sont là » nous assurent un membre de la sécurité à l’entrée du festival.

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L’EuroFestival Harley Davidson n’est pas une « concentr’ » dans le plus pur style motard, comme le sont les rassemblements motos comme le Bol d’Or ou n’importe quel Grand Prix. Pas de concours de seins-nus, pas de moto brûlée ni de concours de burn improvisé. Non pas que la marque ait oublié son esthétique sauvage et mauvais garçons dont elle a bénéficié de longues années durant, mais plutôt que la clientèle évolue au gré des ambitions de la marque, clairement à la hausse. Harley-Davidson rassemble donc toutes ses ouailles à Saint-Tropez. Ces gens, passionnés, motards occasionnels ou confirmés, rebelles sur le tard ou authentiques « outlaw » ont pris d’assaut la région au grand plaisir des commerçants, des vendeurs de crème solaire et de notre appareil photo. Ce festival est l’une des meilleures façons de faire le pont. Pour de bon.

Plus d’infos sur le site de Harley-Davidson, ici.

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