Régates Royales : le yachting grand luxe

Dès les premiers jours de l’automne, le Yachting Mondial choisit Cannes comme terrain de jeu. Incontestablement, ce sont les Régates Royales – Trophée Panerai qui, durant la dernière semaine de septembre, constituent le Graal des passionnés du Yachting classique.

70 jours par an, le plan d’eau de la cité balnéaire se couvre de voiles à l’occasion de nombreuses Régates.

À la Marina de Cannes et son bassin de grande plaisance, on admire des yachts… Des supers et mégas yachts. Les fortunes du monde y accostent pour mener une vie prisée. En ces derniers jours de septembre, on n’a d’yeux que pour cette forêt de mâts dressés sous le ciel azur de la « Côte » : gréements auriques, goélettes, yawls, Class J et monotypes du siècle dernier se rencontrent et se disputent la plus aristocratique des disciplines, La Régate Royale.

Certains bateaux auraient pu pourrir dans une vasière sans la volonté d’hommes passionnés, de marins talentueux, tous fiers de régater sur une « commode Louis XV », avec obligation de la conserver dans son jus. Un défi contre le temps certes coûteux ; mais quand le claquement sec du pistolet retentit au large et donne le départ, quand les voiles s’enflent sous le vent et que la nature s’amuse avec ces jouets, on devient spectateur d’un somptueux tableau, authentique conservatoire du patrimoine maritime. L’un des meilleurs élixirs pour oublier le quotidien.
 
Regates Royales 2013 Ph: Panerai/ Guido Cantini / seasee.com

Le week-end dernier, l’éclat du spectacle offert par les voiliers et leurs équipages a illustré, une nouvelle fois, la vie nautique et aristocratique de la baie.

Ils sont arrivés d’Angleterre, d’Irlande, d’Allemagne, de France, de Russie… quatorze nations ont convergé au large de Cannes. Ils ont mis les voiles pour vivre l’aventure, en découdre avec le jeu du vent et ses couloirs, maîtriser le plan d’eau, toucher la barre avec précision, régler les voiles pour augmenter la cylindrée du bateau et décrocher une « belle gagne ». Parmi eux, entre autres, Steve Mc Laren, skipper de l’élégante goélette franche à deux mâts Elena Of London, John Calcutt, skipper du magnifique Mariquita (coccinelle), dernier 19 m encore à flots, Abdallah Elmssalhi, skipper du Ketch bermudien Eilean, propriété d’Angelo Bonati, CEO d’Officine Panerai, sponsor officiel de ces Régates depuis 2005 ou encore Philippe Menhinick, propriétaire et skipper du cotre aurique Nan of Fife, plus ancien voilier -encore en mer- dessiné par l’architecte écossais William Fife.
 
Regates Royales 2013 Ph: Panerai/ Guido Cantini / seasee.com

« Je l’ai retrouvé par hasard sur Internet en 1999, il se trouvait alors au Cap d’Agde. En découvrant le nom du bateau « Nan », je me dis, c’est marrant, dans la famille on possédait un bateau qui s’appelait à l’identique. Impossible toutefois d’avoir des renseignements précis, le vendeur ne possédait aucun document se rapportant à son origine (…) J’achète le bateau, de retour à Saint-Malo je retrouve un album de famille dans lequel je découvre le nom « Nan ». J’y découvre le bateau de mon grand-père, que je n’ai jamais connu, avec ses deux mâts comme quand je l’ai acheté », explique le skipper. Pour acquérir ce voilier de 24 mètres, qui avait appartenu à son aïeul jusqu’en 1952, Philippe Menhinick a vendu sa maison et construit un chantier afin de le restaurer. L’homme qui était antiquaire de marine vit désormais des revenus de son bateau. « Je ne suis pas fortuné. Je fais tout à bord, l’entretien, les vernis et en plus, je suis skipper pour les clients à qui je le loue ».

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