Giovanni Soldini roule sa bosse en Maserati [Interview]

Ce quadra à la peau brûlée par le zénith est Giovanni Soldini, heureux pilote d’une Maserati des mers. Après avoir parcouru 60 000 miles en seulement deux ans (soit deux fois le tour du monde) et battu plusieurs records, le navigateur italien s’apprête à partir aux Caraïbes pour la RORC Caribbean 600 miles Race, qui démarre ce 23 février à Antigua (Barbades).

Alors qu’il finit de polir son bolide remis à neuf, le VOR70 Maserati allégé, le navigateur répond à Lui.

« En mer c’est toujours bien d’avoir peur… »

Lui. Quel âge avez-vous et quand avez-vous commencé la navigation ?

Giovanni Soldini. J’ai 48 ans et j’ai commencé la navigation en solitaire à 26 ans. Mais je pratique le bateau depuis plus longtemps encore, j’ai dû effectuer ma première transat vers l’âge de 16ans.

En France, vous êtes célèbre pour avoir sauvé Isabelle Autissier, au cour du Around Alone de 1999, acte qui vous a vallu la Légion d’honneur. Pouvez-vous revenir un peu sur cette anecdote ?
Oh cela n’a rien d’exceptionnel ! Il y avait un accident dans le Pacifique nord, on m’a prévenu par standard. Vu que j’étais tout près, j’y suis allé.
 

La VOR70 Maserati, bolide des mers.  © Maserati

Le VOR70 Maserati en pleine course. © Maserati

Depuis combien de temps collaborez-vous avec Maserati ?
Depuis 3 ans maintenant. On a repris un bateau qui avait fait la Volvo Ocean Race de 2008 et 2009 pour l’alléger, puis on a commencé une campagne… et des records. On a fait le Cadix-Salvador en moins de 10 jours, puis le New York-San Francisco par le Cap Horn, « la route de l’Or » en seulement 47 jours, ce qui fut le record le plus médiatisé. Ça, c’était vraiment une belle aventure : nous étions toute une équipe internationale, des marins italiens, chinois, américains… En tout, nous devions être 8 ou 9 navigateurs. Et puis c’était un parcours que je rêvais d’accomplir. Ensuite, nous avons fait la Transpacific Yacht Race, de San Francisco à Honolulu, puis le Cap2Rio où l’on a à nouveau battu le record. Il n’y a qu’une course que l’on a ratée, c’était la remonté de New York au Cap Lizard mais, à cause des mauvaises conditions climatiques, nous avons dû abandonner la course. S’il y avait eu de bonnes conditions, nous aurions sûrement battu le record, mais c’est ainsi, de nos jours…

Que voulez-vous dire par là ? Vous remarquez des changements climatiques depuis vos débuts ?
Oui, par exemple il y a beaucoup plus d’icebergs dans les mers du Sud qu’il y a 10 ou 15 ans. Dans le Pacifique, les icebergs sont beaucoup plus hauts qu’ils ne l’étaient ces quinze dernières années… Naviguer dans ces zones devient beaucoup plus difficile qu’avant. On remarque aussi des changements au niveau du vent : dans le Nord, il y a du vent d’ouest, ce qui veut dire que la haute pression bouge tout le temps… La météo est vraiment devenue étrange, tout le monde a pu le constater.

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