Porsche Panamera, la plus belle des hybride ?

La nouvelle Porsche Panamera hybride à l’essai par Lui. Bonne balade sur les sièges les plus crème du monde.

Être ou ne pas être… Une Porsche hybride rechargeable
On peut trouver jolies les feuilles qui tombent et les promenades qui vont avec… mais l’automne n’est que la bande-annonce du froid, du vrai, long comme un dimanche après-midi passé à remiser les shorts dans le tiroir du haut… Il faut agir et fuir les nuages, s’éclipser sur la façade Atlantique à la chasse au soleil. Pas une second d’hésitation, donc, quand Porsche nous a proposé l’essai de la nouvelle Panamera.

Seule berline au catalogue, cette belle dame compte quatre printemps : il était temps de la « restyler » selon l’expression consacrée par la profession. Un coup de train et nous voilà aux portes de notre destination : l’Ile de Ré. Notre taxi nous attend, et comme promis… il fait beau.
 
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Les tuyères s’emballent gentiment. Sourire. Lunettes.

La Panamera est une limousine. Elle est donc luxueuse, longue, large et imposante. Les bagages entassés sous le hayon électrique et hop, on se glisse dans les confortables (et laaaarges) sièges avant couverts de cuir crème. Le GPS (tactile) réglé direction « le pont » et on démarre. Le nouveau V6 turbo de cette Panamera 4S est très discret, on regrette dans un premier temps le « gros » V8 (et ses ronflements systématiques) sacrifié sur l’autel du « Litre au cent ». Mais une pression sur le bouton « Échappement Sport » et les quatre tuyères s’emballent gentiment. Sourire. Lunettes.

Le pont franchi, nous choisissons l’itinéraire Sud, traversant l’île du côté océan. La route est belle, large, l’occasion d’essayer les différents profils de conduite proposés dans cette 4S : Sport et Sport +. Ils s’activent par deux boutons logés sur la console centrale traversante. Le premier niveau affermit immédiatement la direction, on se sent tout de suite plus impliqué derrière le volant. Les choses se corsent.

La voiture laisse filtrer plus d’éléments de l’extérieur (vibration, frottement) et on commence à pleinement ressentir l’ADN sportif de la voiture. La commande Sport +, le cran au-dessus, fait « tomber » immédiatement deux vitesses dans un feulement nettement plus rauque (boite PDK à 7 rapports) et la voiture semble alors s’asseoir sur le sol tout en se rigidifiant à chaque aspérités de la route. C’est le moment de prendre les choses en main. Direction Saint Martin, la ville prison.
 
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La Panamera, Porsche parmi les Porsche, hybride de chez hybride
Malgré les premiers nuages, la faute à cette marée descendante, les virages s’enchaînent sans encombres à bord de cette Panamera 4S. Réactive, précise, malgré son poids conséquent (1.8 T à vide), la Panamera se joue facilement de ses 5 mètres de long. Aux commandes, on se prend à jouer avec les palettes de vitesse (à gauche et à droite du volant cuir) à chaque entrée de courbe. À chaque rapport ôté volontairement, le V6 racle dans les haut-régimes et laisse partir un grondement suivi de petites explosions « en retard ». On s’y croit clairement mais il est temps de ralentir la marche. Les fortifications de la ville pénitentiaire s’approchent trop vite : il est temps de passer à l’arrière. En effet, facile à conduire, prête à être pilotée, la Panamera sait flatter la personne au volant. Mais prévue pour quatre, cette limousine vaut-elle le coup de l’avis des passagers ?
 
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On passe les premiers murets de la ville fortifiée. Vauban, architecte urbaniste de Louis XIV et soucieux de ne laisser partir aucun prisonnier, avait pris soin de creuser des profondes douves. Désormais, des ânes du Poitou amusent les touristes à l’endroit même où des dizaines de forçats attendaient, pelles et pioches en main, leur nouveau destin de bagnard, à Cayenne. De notre côté, notre vie de passager se déroule à merveille. Le port, dans la brume, est en vue, mais il faut, déviation oblige, passer par le labyrinthe des rues rétaises traditionnellement empruntées en vélo. Les volets bleus et les roses trémières c’est beau, mais nettement moins sympa avec 1.93m de largeur à gérer.

Suréquipée, cette Panamera propose plusieurs assistances de conduites utiles en centre-ville. La caméra périphérique, qui propose une vue très large de la voiture vue du dessus (par synthèse graphique) est salvatrice à cet instant. Le pilote s’en sort au prix de quelques rictus crispés. À l’arrière, la batterie de boutons affectés au réglage du confort (un bouton par fonction, philosophie Porsche) nous aura fait passer le temps. Quoi qu’il en soit, nous n’avons rien abimé. Ce grand requin gris sait donc rôder en ville et chasser en campagne. Redoutable. Pour nous, il est temps de manger. Direction Saint-Clément des Baleines sous une pluie désormais battante mais toute voile dehors. On roule en Porsche quand même.
 
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Dans la famille Porsche, je voudrais la Panamera…
Le restylage de « mi-parcours » commercial est également l’occasion pour Porsche d’optimiser sa version « écologique» de la Panamera. Nommée S E-Hybrid, cette autre itération sera notre taxi du retour. Équipée des feux à diodes de nouvelle génération, la limousine éclaire les pins comme en plein jour, mais dans un silence de boudoir. Bijou technologique, elle est une très large amélioration de la première Panamera hybride. Désormais proposée en « plug-in » (elle peut se recharger à la maison, sur prise secteur), cette Panamera reconnaissable à ses freins jaunes fluo propose 36 km d’autonomie sans exploiter le V6 essence à l’avant. En marche normale, le moteur « classique » de 333 ch fait avancer la machine (3.1 L/100 km de moyenne) soutenu par le moteur électrique. Grosse nouveauté : la fonction E-Charge force le moteur thermique à recharger en permanence les piles. Pas besoin, alors, de brancher un câble une fois la maison.

Porsche n’est pas le seul constructeur à proposer une limousine éco-consciente, mais a su s’affranchir de la peur de la « panne sèche » inhérente à toute solution de déplacement électrique actuelle. Tout en conservant une autonomie conséquente et le profil d’une voiture capable d’être sportive.

Ce gros missile profilé permet de profiter de l’ambiance et des performances d’une Porsche en étant quatre à bord. L’idée, sur le papier, est très séduisante, mais il y a quatre ans, à son lancement, personne ne croyait vraiment à l’aventure Panamera. Après les « ce n’est pas une Porsche » des aficionados de la 911, force est d’admettre que, outre la simple question de goût, l’objet est efficace. La Panamera remplit les rôles qu’on lui a confiés, soit transporter du monde en restant sport, et en proposant un visage écologique à faire taire les bavards obnubilés par le logo frappé sur le capot avant.

Porsche Panamera 4S, à partir de 109 080€. Panamera S e-Hybrid, à partir de 112 309 €

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