Films coquins… à la française !

Il fut un temps où porno français rimait avec excellence. Cet Âge d’Or du film coquin a permis l’émergence d’icônes chaleureuses, source inépuisable de fantasmes pour leurs nombreux fans (Brigitte Lahaie, Marilyn Jess ou Cathy Ménard, pour ne citer qu’elles) et de véritables auteurs (Claude Mulot, Michel Barny, Gérard Kikoïne, Francis Leroi…), qui ont mené le genre vers des cimes insoupçonnées, à coup de scénarios alambiqués, d’inventivité formelle, de sexe débridé, de sophistication et de sensualité.

« La journée, les cinémas diffusaient un film de la Gaumont et le soir, c’était : L’hôtesse ne porte pas de culotte ! »

C’est cette époque que nous propose de revivre l’éditeur Bach Films, avec la resortie au sein de la Collection Cinéma Érotique Français de trois fleurons du film coquin —voire plus que coquins !—, jadis exploités sous pavillon Alpha France (cultissime maison de distribution de films érotiques et pornos gérée par Francis Mischkind) et bénéficiant désormais de tout nouveaux masters : Le sexe qui parle (Claude Mulot, 1975), La fessée (La fessée ou Les mémoires de monsieur Léon maître-fesseur, Burd Tranbaree, 1976) et Belles d’un soir (Suprêmes jouissances, Claude Mulot, 1977).

Pour l’occasion, nous avons décidé de faire appel à la gouaille et à l’expertise d’un témoin privilégié de cette ère bénie : le cinéaste Gérard Kikoïne (Parties fines, Chaudes adolescentes, Dans la chaleur de Saint-Tropez), qui s’apprête à publier ses mémoires sous le titre Le Kiko-Book (tenez-vous prêts : un projet de crowdfunding devrait être lancé sous peu à cet effet !).

Les classiques du cinéma érotique français
 
Kiko se remémore volontiers cette époque : « Pour ce qui est du porno, nous, on était des naturalistes. Maintenant, c’est un truc de fêlés : du porno hygiéniste. C’est presque Gobineau, une esthétique d’extrême droite ! (rires). Des films de fachos. De notre temps, les filles étaient naturelles et on s’appropriait une liberté que l’on n’avait pas. En 1975, la loi X n’était pas encore passée et le hard a été autorisé pendant environ 6 mois (c’était la période du Sexe qui parle). C’était un nouveau cinéma. Avant cela, les films hard étaient tournés clandestinement (en 16 ou 8 mm) (il s’agit des loops, qui étaient très courts-ndr). Puis, subitement, des salles de cinéma classiques projetaient du hard en 35 mm (c’était la grande époque des cinémas Alpha France). Ainsi, en Province, la journée, les cinémas diffusaient un film de la Gaumont et le soir, c’était L’hôtesse ne porte pas de culotte ! (rires). Malgré la loi X, tout a continué, mais différemment. On était des découvreurs. On faisait ce qui nous chantait et on en appellait à notre imagination pour surprendre le spectateur. On voulait lui donner plus que sa dose de cul. Les gens pensent qu’on ne réfléchissait pas, mais on se cassait la tête ! ».

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