Devenir une bête de sexe en 6 leçons

 Au lit, libérez l’animal qui est en vous ! Voici comment.

C’est un petit livre qui n’a l’air de rien, qui ne coûte pas cher et qui peut changer des vies… sexuelles. Si, si ! L’inclassable Stéphane Rose, cofondateur des Gérard de la télévision, directeur de collection à la maison d’édition d’érotisme et de charme La Musardine et auteur d’une Défense du poil ou de Comment survivre à une énorme gueule de bois a enquêté avec tout le sérieux que mérite cet épineux sujet : nos vies sexuelles, et comment les améliorer, afin d’en tirer cet Osez… devenir une bête de sexe.

Comment assurer au lit ? Stéphane Rose a une petite idée…

Témoignages d’hommes… et surtout de femmes (des « expertes » comme Camille ou Octavie aussi bien que des anonymes), conseils pratiques et règles de bon sens tendent tous vers le même but : ouvrir l’esprit, décomplexer, libérer la pensée —pour ensuite libérer les corps— et célébrer la beauté féminine et l’amour charnel.

Pour « oser devenir une bête de sexe », donc, on apprendra d’abord à être non seulement plus libre, plus doux comme plus brutal —c’est selon !— mais aussi à ne plus se laisse déborder par l’émotion que peut procurer un visage, une rencontre, un soir : êtes-vous « trop obsédé » ou au contraire romantique ? Au travers de multiples exemples pratiques, Stéphane Rose vous propose de mieux vous connaître… Mais surtout de comprendre ce qu’aiment les femmes, non seulement dans leur incroyable diversité (elles sont quand même 3 milliards !), mais aussi dans leur diversité personnelle… Car les êtres humains sont tout, sauf figés !

« La romantique », « La chaudasse », « La rebelle », « La princesse », tout cela n’existe pas, écrit-il. Chaque femme est tout et son contraire. Ce qu’elle donne à voir n’est pas forcément ce qu’elle est. Ce n’est pas parce qu’une femme arbore un parfait look de salope qu’elle est libérée sexuellement. Ce n’est pas parce qu’elle porte un serre-tête et va à l’église tous les dimanches qu’elle sera hostile à une bonne levrette entre 5 et 7 dans un parking avec un amant de passage, et là je parle d’expérience. »

« On peut baiser brutalement en éprouvant du sentiment, du respect… »
Pour en savoir plus, et toujours désireux de prendre tous les risques pour le bien de l’humanité, Lui a interviewé l’auteur d’Osez… devenir une bête de sexe.

En quelques mots, comment devenir une bête de sexe ?
L’idée, c’est de se débarrasser de tout ce qui fait obstacle à la bête de sexe qui sommeille en nous. Et il y a du boulot ! Complexes, timidité, manque de confiance en soi, formatage sociétal (on s’imagine devoir jouer tel ou tel rôle en tant qu’homme face à une femme, alors qu’il ne faut justement en jouer aucun), croyances diverses et variées (alors qu’il faut fonctionner à l’instinct…), politiquement correct… J’ai essayé dans ce livre d’expliquer comment briser toutes ces barrières.

La taille, ça compte ?
Il y a autant de réponses à cette question qu’il existe de femmes. Certaines assument clairement préférer les grosses queues, d’autres s’en foutent et estiment que ce n’est pas un critère, d’autres préfèrent ouvertement les petites… Cette diversité des goûts féminins permet donc forcément de trouver chaussure à son pied (pour rester poli). Et ce n’est pas non plus parce qu’on a une énorme queue qu’on est un bon amant. Le corps est érotique et érotisable des pieds à la tête. Se décentrer de la génitalité n’est pas sans intérêt.

Comment assurer au lit pour un homme

Et les sentiments dans tout ça ?
Tout dépend de ce qu’on appelle « les sentiments ». Faire l’amour comme une bête de sexe, c’est être indifférent au folklore romantique guimauve parfois associé au fait de « faire l’amour ». Mais on peut baiser bestialement en éprouvant des sentiments, du respect, de la complicité, de la tendresse… C’est même mieux, y compris d’un point de vue sexuel : plus le lien qui nous unit à notre partenaire est humainement riche, plus on crée les conditions propices à l’animalité. Être animal avec quelqu’un qui ne partage pas notre animalité, c’est être seul.

Faut-il penser à elle, ou à soi ?
Il faut être attentif aux signaux. Certaines femmes prennent leur plaisir dans l’attention qu’on leur porte, d’autres dans le fait qu’on les utilise comme des objets sexuels… Il n’y a pas de mode d’emploi, ça change à chaque fois. Il faut donc commencer par être attentif, éveillé, réceptif. Et quand les deux corps s’accordent et parlent le même langage, il ne faut plus penser à rien et laisser s’exprimer l’instinct, l’inconscient, les phéromones, l’animalité… Il en savent beaucoup plus que nos présupposées connaissances sexologiques !

Le porno est-il une bonne école ?
Le porno délivre une vision très standardisée du sexe : ce sont toujours les mêmes corps, les mêmes positions, les mêmes rituels… Souvent basés sur la performance de surcroît. Il est donc potentiellement une mauvaise école si on le laisse influencer et normaliser nos propres représentations du sexe. Mais je ne veux pas faire le procès du porno non plus. Déjà parce qu’il existe pas mal de films alternatifs qui défendent une vision différente du porno grand-public, ensuite parce que le porno montre malgré tout des humains qui se lâchent totalement au lit. Même si c’est factice, c’est le but à atteindre. Ce n’est juste pas en reproduisant ce qu’on y voit qu’on y arrivera.

Osez… devenir une bête de sexe (La Musardine), de Stéphane Rose, 126 pages, 8,10 €.

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