Les filles vues par… Ren Hang

C’est à Pantin près de Paris que vient d’ouvrir la Galerie Nue, un lieu entièrement dédié à l’érotisme sous toutes ses formes. Et c’est grâce à elle que nous avons découvert le travail de Ren Hang, jeune Chinois de 26 ans sympathique et élégant, dont les sujets photographiques n’ont pas de bornes : la nudité, les sexualités, les corps sans fard constituent, sinon l’essentiel de son travail, au moins ce qui le passionne le plus… Car c’est, à ses yeux, le plus authentique. Il a répondu aux questions de lui.fr. Rencontre.

Quel appareil utilisez-vous ?
Je travaille avec un appareil argentique, automatique, très simple, le moins cher possible. Je n’ai pas un fétiche, je travaille avec un appareil très banal. Pour moi, c’est très important de travailler avec un appareil comme cela, parce qu’il n’est pas possible de faire de mise au point, de régler la profondeur de champ etc. en prenant les photos. Ce dont j’ai besoin, c’est vraiment d’un appareil qui me permette de prendre des photos sans hésitation, sans réfléchir. Je veux juste prendre une photo avec un clic.

Pourquoi cette obsession, ou cette passion, pour les corps ?
Pour moi, le corps humain c’est quelque chose de très authentique, très naturel, et très accessible. On présente beaucoup d’authenticité lorsqu’on se déshabille. C’est pour ça que je représente beaucoup de corps.

On perçoit parfois de l’humour, parfois de la sensualité… Est-ce volontaire ?
Beaucoup de monde me dit ça,  dit voir des aspects différents mais, franchement, je ne pense à rien en prenant les photos… Je ne pense qu’au présent, comment communiquer avec modèles, comment faire ma prise de vue… Je ne pense qu’au shooting. Et toutes mes photos ne sont pas des photos de nu, je fais beaucoup de photos aussi de gens qui marchent dans la rue par exemple, et aussi beaucoup pendant les soirées, avec mes amis… Mais si vraiment on devait trouver un point commun, ce qui me touche le plus c’est le réalisme, c’est l’authenticité dans la photo.

Je trouve qu’on est plus authentique, plus naturel quand on se déshabille et le corps humain permet de se rapprocher.

Donc, en fait, je ne voudrais pas donner une signification particulière à mon processus créatif. Une fois que les photos sont sorties, je ne dis plus rien, ce sont les spectateurs qui vont comprendre ce qu’ils ont à comprendre. Quoi que vous voyiez, vous avez raison : chacun a son Hamlet.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
Je n’essaie pas d’analyser mon travail et je n’essaye pas d’analyser mes inspirations, mais il est vrai que toute ma vie m’inspire, comme une parole, des chemins que j’ai parcourus, ce que je mange… Je n’essaie pas de les classer, de les analyser. C’est comme une ressource, tout cela émerge dans mes photos.

Quel conseil donnerait-il à un jeune photographe ?
Le traducteur, en riant : Mais il est jeune !

A quelqu’un qui débute…
Non, je n’ai pas vraiment de conseil… Allez-y, photographiez. A dire vrai, j’ai longtemps cru que tout le monde pourrait être photographe, mais finalement non. Il arrive que quelqu’un ne soit pas vraiment doué pour la photo. Si tel est le cas, alors : allez-y, faites autre chose ! Personne n’est pas obligé de devenir photographe.

Qui ou quoi rêveriez-vous de photographier ?
C’est une blague mais… J’aime bien Madonna. Si c’était possible… Oui, Madonna peut-être (Rires).

Traduit du Mandarin par Li Shuang.

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