Les filles vues par… Ana Dias

Pour vous faire oublier le retour de l’automne, Lui est parti à la rencontre de Ana Dias, photographe et sérigraphe portugaise qui s’est illustrée pour Playboy, Do you love me ou Haute Noir. Elle nous raconte ses souvenirs, nous fait sourire et nous rappelle que la beauté n’est pas un mythe. Bienvenue dans l’antichambre de féminité.

Entre Pop-culture et érotisme, ses photos transposent et nous transportent dans l’univers des pin-up des années 50. Des scènes colorées et des femmes glamour, voici les principales caractéristiques du travail de Ana Dias. Son style transcende l’image photographique.

Comment la photographie est-elle devenue une passion ?
Très jeune j’ai été attirée par cet univers. Je me rappelle exactement de la première photo que j’ai prise, j’avais cinq ans. La caméra était encore analogique et ma mère était mon modèle, en 1989. Ce fut une grande victoire pour être en mesure de capturer cette image dans le cadre, sans couper les pieds ou la tête! (Rires). Quelques années plus tard, j’ai fini par mettre entre parenthèse cette passion. J’ai suivi un autre chemin artistique orienté vers les pinceaux, la peinture à l’huile et les toiles.

© Ana Dias

© Ana Dias

Pour quelles raisons vous êtes-vous orientée vers la peinture ?
J’ai toujours eu une énorme fascination pour l’art. Grâce à cela, j’ai étudié l’art plastique à l’université Escola Superior Artística de Porto. Pendant longtemps, je me suis consacrée au dessin et à la peinture : je me sentais bien. Ce qui m’a vraiment plu à propos de ce monde était d’être en mesure de saisir la complexité de la beauté et ses liens avec la réalité. En 2008, je me suis remise sérieusement à la photographie, j’ai pu capturer l’essence même de la beauté, mais beaucoup plus vite. J’ai donc troqué mes pinceaux contre les lentilles photos pour de bon et je n’ai aucun regret.

Pourquoi avez-vous décidé de devenir un photographe professionnel ?
Je voulais toujours être une artiste. L’art anime ma vie au quotidien. Sans l’art, la vie à mon sens serait vide et grise…

C’est sûrement pour cela, que vous travaillez autant sur la couleur de vos photos !
(Rires) Oui, exactement ! J’aime la couleur. À elle seule, elle peut dépeindre tellement d’émotions. La photographie est une forme d’art me permettant de découvrir et d’exprimer ce qu’il y a au plus profond de mon âme. Il montre aux personnes ma vision du monde.

© Ana Dias

© Ana Dias

En abordant votre façon de voir la société, quels sont vos sentiments sur les clichés de femmes dénudées ? Attention, le sujet divise !
(Rires) Je n’ai aucun problème à répondre à cette question. J’ai une énorme fascination pour le corps féminin, tout comme les féministes d’ailleurs. La nudité d’une femme est sans aucun doute l’une des œuvres les plus étonnantes d’art qui existent, quand elle est capturée correctement. La nudité féminine transcende l’émotion, car elle fait généralement partie d’un certain mystère. Il est donc fondamental de le montrer avec une sensibilité aigüe. Dans mon travail, je cherche des femmes puissantes, en plein contrôle de leur sexualité en toute circonstance. Les femmes qui aiment leur corps et qui sont fières de le montrer au monde. L’érotisme et le thème de mes photos sont presque toujours liés à la beauté, et bien sûr la plupart du temps au charme de la nudité féminine.
Je suis une femme avant tout, je connais très bien les subtilités du corps féminin et je sais comment mettre en évidence cette grâce. Le plus grand défi repose sur la capture de cet ensemble, sans pour autant oublier la délicatesse et le bon goût.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Évidemment, le corps féminin ! (Rires). Cependant, il n’y a pas seulement le corps qui m’inspire… L’attitude subtile, le sourire, la pose raffinée et sensuelle sont les points de départ pour mon travail. Pour être un peu plus concret, je peux dire que les illustrations américaines des filles de pin-up de la période d’après-guerre, à savoir celles de Gil Elvgren, ont une grande influence sur mes projets.

© Ana Dias

© Ana Dias

Pensez-vous que la photo parfaite existe ?
Je ne me soucie guère de la perfection. Je pense que dans l’art, le concept de la perfection est un non-sens. Je me préoccupe surtout de capturer avec mon appareil photo l’image que je crée dans mon esprit. Celle qui me fait sourire, qui me fait vibrer et qui m’y hérisse les poils.

Retrouvez l’ensemble des projets d’Ana Dias juste ici… et n’oubliez pas de la suivre sur Instagram.

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