Les beaux jours d’Alina

Quand Mark Squires, photographe, entre autres, pour Vogue, Spin ou Rolling Stone, rencontre Alina Aliluykina, comédienne russe fraîchement installée en Californie, ils ne mettent pas longtemps à s’entendre pour signer ensemble cette série dont le soleil pâle fait ressortir les traits parfaits de la mannequin aux yeux perçants aperçue dans le « Back to Earth » de Steve Aoki et Fall Out Boy.

Dans les extérieurs lumineux de Los Angeles, Alina prend la pose pour Mark Squires et Lui dans ces clichés empreints de zénitude, de calme profond et de cette forme de sagesse joyeuse qui semble caractériser cette génération de « Millenials » toujours prompte à profiter de ce que la vie a de meilleur à offrir… Et d’apprendre à s’aimer pour ce qu’on est et non ce que les autres voudraient qu’on soit.

« Notre monde est plus avancé que jamais », précise Alina Aliluykina après le shooting. « C’est un siècle de progrès et d’ouverture, et pourtant trop souvent les femmes peinent encore à réaliser leur puissance, qui est phénoménale, parce que la société continue de nous caractériser comme des êtres « faibles ». C’est une vision des femmes si profondément ancrée dans nos têtes, depuis si longtemps, que nous y croyons vraiment, et agissons de la sorte, et poussons les hommes à croire aussi en ce mythe d’une faiblesse féminine —de là viennent les agressions, le manque de respect, la réduction des femmes à leur corps, le contrôle. Ce n’est pas noir et blanc, bien souvent c’est plus confortable pour nous de « la jouer » faible, de jouer une certaine paresse et de reporter nos responsabilités sur les épaules des hommes. Mais en réalité, personne ne doit rien à personne.
J’ai grandi en Russie, où l’idée selon laquelle le mieux à faire de ma vie serait de me trouver un homme, riche si possible, et de me marier avec lui pour la vie et l’argent, que rien ne pourrait plus m’épanouir. Ma famille comme la société ont fait ce rêve à ma place. Muchas fucking gracias. Il faut dire que la Russie souffre encore d’être une société post-communiste, où l’argent est devenu le centre de toute chose.
Mais à la minute où j’ai pris conscience que que j’étais en charge de ma propre vie, et que le mieux que j’avais à faire était de me trouver et de découvrir mon itinéraire propre, ma vie est devenue merveilleuse.

Ce n’est pas facile de s’opposer à sa famille, de briser les normes, mais c’est la responsabilité de chacun de se défendre soi-même, de se battre pour ses rêves. De choisir ce que sera votre vie. Or nous connaissons tous notre propre chemin. Il est évident durant l’enfance, quand on est encore libre de toutes ces conneries. Puis on grandit, ce qui était clair se brouille, le chemin s’efface et ne reste plus que le souvenir d’un « impossible rêve d’enfant ». Pourtant, le rêve est vrai et dépend de votre propre voie. Ce chemin peut tout à fait consister à se marier, d’ailleurs, avec quelqu’un qu’on aime bien sûr. Quand deux personnes fortes et indépendantes aiment être ensemble et grandir ensemble et jouer ensemble —je parle de ces jeux qu’on joue mieux au lit— c’est bien sûr sublime.

La sexualité, justement, parlons-en. J’ai longtemps porté la culpabilité qu’engendre trop souvent l’amour de la sexualité. C’est ce qui nous fait naître et exister, c’est ce qu’il il y a de plus puissant, c’est une nécessité au même titre que les repas ou le sommeil, et c’est pourtant toujours autant synonyme d’interdit. Je crois profondément que des cours d’éducation sexuelle prodigués très tôt aux jeunes gens constituent le meilleur moyen d’éviter aux adultes de vivre encombrés de blessures psychologiques pour le restant de leurs jours. Certes, aujourd’hui le sexe est partout —ce qui est logique car l’art reflète la réalité et que la sexualité est bien réelle. Mais chacun et chacune devrait, au fond, pouvoir choisir de crier sa sexualité au monde… ou de la garder pour sa seule intimité. À Hollywood, on a trop tendance à croire que la nudité est une forme de liberté. Alors qu’au fond, la plus grande des libertés, c’est de ne pas vivre pour soi. »

Alina Aliluykina sera à l’affiche de The Bad Batch, une histoire d’amour (cannibale) signée Ana Lily Amirpour, aux côtés de Keanu Reeves et Jim Carrey (sortie septembre 2016). D’ici là, vous pouvez la retrouver sur Facebook ou Instagram.

Et pour plus d’infos sur le photographe Mark Squires, rendez-vous sur son site internet, cliquez juste ici, ou sur son Instagram juste là !
Un grand merci à Raoul Alejandre pour la mise en beauté et le stylisme !

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