La ZRC Grands Fonds 300 refait surface

Après avoir équipé les plongeurs démineurs de l’armée française et même l’équipage embarqué sur la Calypso du Commandant Cousteau, la montre ZRC Grands Fonds 300 fait son come-back. Cinquième montre au monde à franchir les 300 mètres de profondeur, elle s’était imposée comme une concurrente directe des prestigieuses Rolex. Quarante ans et deux générations plus tard, la marque s’invite dans la haute horlogerie moderne en rééditant son modèle iconique des années 60.

De passage à Paris, Georges Brunet, le Directeur Général (avec son frère Charles) de ZRC1904, a répondu à nos questions pour nous en dire davantage sur cette réédition comme sur l’univers de la marque.

Lui. Pourquoi avoir fait le choix de rééditer la ZRC Grands Fonds 300 ?
Georges Brunet.
Il y a 3 ans, alors que nous étions encore une marque industrielle, nous avons estimé qu’il était temps de nous repositionner. Nous avons donc décidé de ne centrer notre communication que sur ZRC, qui a une histoire forte et d’oublier les autres marques peut-être moins pérennes et moins « légitimes ».

« La montre d’origine avait été imaginée par mon grand-père et le bracelet conçu par mon arrière grand-père. »

Après 3 mois d’études, on s’est rendu compte que les montres ZRC Grands Fonds 300 Vintage plaisaient aussi à l’international (aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie). On a même trouvé une centaine de blogs qui parlent de la montre, à tel point qu’une ZRC d’occasion se négocie aujourd’hui entre 1 000 et 1 400 euros ! Le choix de la réédition était donc tout trouvé : la Grands Fonds 300, qui fête cette année ses 50 ans. En plus de réaffirmer les valeurs de notre marque, c’est la mode du vintage et ce type de montre fait un carton.

Qu’allons-nous retrouver de la ZRC Grands Fonds 300 d’origine dans cette réédition ?
À vrai dire, les deux montres sont comme des sœurs jumelles. Nous sommes sur un produit en pleine évolution dont nous avons amélioré les performances et le confort pour la faire entrer royalement dans le XXI° siècle. Il n’y a aucun changement dans les grands succès de l’époque comme l’épaisseur contenue à 13 mm, qui passe aujourd’hui à 13,8 mm. Le bracelet qui est 100 % identique à celui d’origine en termes de look et de fonctionnalités, garde sa forme en « tonneau ». Le système de protection de la couronne anguleuse à 6 heures reste le même, mais le mouvement et le moteur ( le « cousin germain » de celui d’origine) est aujourd’hui un état 28-24 : le même donc mais plus léger, plus performant, plus fiable et moins bruyant. La montre est toujours une 300 mètres et possède toujours un fond vissé, une couronne à double joint à pas inversé, une lunette unidirectionnelle crantée, et des aiguilles Magnum.
 

Charles-&-Georges-Brunet-ZRC

Charles & Georges Brunet – © ZRC

Quels changements ou améliorations avez-vous apportés ?
Nous avons amélioré les finitions et le verre, dont on se préoccupait moins par le passé. On a amené un côté « bijou » à la montre en alternant les finitions polies et satinées qui confèrent au produit un aspect encore plus travaillé. Si à l’époque toutes les montres avaient des verres bombés en plexiglas pour résister à la pression, on travaille aujourd’hui avec des verres en saphir antireflet d’une épaisseur d’à peu près 3 mm qui donnent un aspect très légèrement bombé et qui ne déforment pas la lecture du cadran. Aussi, la montre n’était pas très confortable, principalement à cause du bracelet en taule frappée qui pouvait agresser la peau. Désormais, on est sur un bracelet massif, beaucoup plus confortable.

Nous tenions à rééditer le plus fidèlement possible la Grands Fonds 300 car, quand on ressort un produit iconique, il faut absolument être à la hauteur des attentes des aficionados du modèle d’origine mais aussi qu’elle séduise un nouveau public. Pour ça, nous avons rassemblé qualité, technique, look et mode dans une fourchette de prix qui soit en rapport avec ce que nous allions proposer sur le marché.

Qu’est-ce que l’ECS ?
C’est notre révolution qui vient du système de nettoyage de la lunette. Car le plus gros souci des montres de plongée sous-marine, c’est le sel qui, en s’accumulant, va se cristalliser entre la lunette et le boîtier et risque alors d’endommager la montre. Nous avons donc développé le système ECS (Easy Clean System), qui fait l’objet d’un brevet et permet de nettoyer la montre du sel incrusté de manière simple et efficace. Il suffit de passer sa montre sous un filet d’eau et de faire tourner la lunette pour créer une prise d’eau, qui va venir s’infiltrer à l’intérieur et dissoudre le sel naturellement. On évacue l’eau en égouttant la montre.

Quelles sont les valeurs de votre marque ? Ont-elles changé ou évolué avec l’entrée dans le XXI° siècle ?
À chaque époque de la société, il y a eu de grandes innovations auxquelles nous avons été très attentifs et attachés, mais nos valeurs n’ont pas changé pour autant. La qualité reste indispensable pour garantir la satisfaction de notre clientèle et la dimension historique et familiale est très forte aussi. Nous détenons même un record (non-officiel) pour l’activité avec la plus grande longévité dans la même famille, sans aucun dépôt de bilan, ni cessation d’activité. Mais le Guinness ne pouvait pas homologuer ce record à l’époque car il était imbattable ! La direction familiale est toujours investie dans le développement car nous aimons que certains produits soit fait par la famille : la montre Grands Fonds, c’est Louis Brunet, mon grand-père, qui l’avait imaginée et les bracelets conçus par Joseph Rochet, mon arrière grand-père et fondateur de ZRC, et c’est moi qui suis à l’origine du bio-confort. C’est une tradition qu’on s’attache à perpétuer et j’apprends d’ailleurs le dessin et la sculpture à mes enfants, dans l’espoir qu’ils reprennent un jour le flambeau… s’ils le veulent, bien sûr !

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