Le T-shirt contre-attaque

Le T-shirt renaît et son étendard s’appelle Prince Tees

Après la présentation de sa nouvelle collection au salon Pitti Uomo à Florence, le Prince Emmanuel-Philibert de Savoie a fait une petite escale à Paris. Lui a eu le privilège de rencontrer le Prince de Venise et du Piemont, pas moins, très occupé entre les imprimés vintage de ses t-shirts, sa fondation et ses apparitions télévisuelles.

Après s’être longtemps égaré entre les « I love NY » et les logos Nirvana, (le dernier clou de cercueil ayant été asséné par Quentin Tarantino dans Pulp Fiction, où le passage du costard au look de plagiste suffisait à anéantir toute l’aura des deux tueurs stars du film), le T-shirt est de retour.

Et en ce début de nouveau siècle, pour les connaisseurs, Prince Tees balaye tout sur son passage. L’enseigne italienne symbolise la crème de la crème. La marque à la couronne redore le blason du T-shirt dans le monde de la mode et nous fait oublier tous nos préjugés, en faisant renaître des t-shirt rétros avec un souci de qualité haut de gamme rarement dévolu à cette pièce incontournable, mais simplissime, du vestiaire masculin. Pendant que la concurrence s’entiche de la première évolution « technologique » venue censée bouleverser les usages de la fibre acrylique, l’enseigne de  Emmanuel-Philibert de Savoie et d’Enzo Fusco (directeur de FGF industry, plus connu pour la création de Blauer USA) marque son authenticité. Et ça marche ! Car oui, les t-shirt vintage, c’est un peu comme un premier amour : on ne peut les oublier.

T-shirt Prince Tees à New-York

© Prince Tees

Quelle belle époque le temps où le streetwear se distinguait sur le devant de la scène internationale. De Clark Gable en passant par Marlon Brando et James Dean, le T-Shirt a su se populariser grâce à ces icônes du septième art. Après ses débuts dans la Navy, il s’impose dans de nombreux films sur le torse des cadors. Fin des chemises à papa, les jeunes du monde entier veulent devenir cool, virils et branchés. Que ce soit pour faire du sport ou encore pour sortir, il caractérise l’élégance en toute simplicité.

Néanmoins, croire que le T-shirt se limite à un bout de tissu est une grossière erreur. Après avoir été trendy, il traduit des revendications sociales et culturelles. Comparable à une œuvre d’art, on peut expérimenter différents motifs et exprimer des sentiments à travers sa conception : on revendique avec style ses idéaux. On fait valoir  au monde notre humeur, nos goûts musicaux et bien plus encore. On dépasse n’importe quelle limite ! Peut-être même un peu trop…

À force d’être personnalisé à toutes les sauces, le t-shirt a perdu de sa superbe. Il faut attendre Dov Charney (fondateur d’American Apparel), Pedro Winter ou encore Emmanuel-Philibert de Savoie pour faire renaitre le T-shirt, avec un grand T.

Pour croiser Emmanuel-Philibert de Savoie, nous sommes allés lui rendre visite dans le temple de la mode parisienne, chez Colette au 213 Rue Saint-Honoré, au cœur de Paris.

Lui. Faut-il vous appeler Prince ?
Non ! Je vous en prie, appelez-moi Emmanuel. J’ai du mal avec cette histoire de « prince » et d’héritier du trône d’Italie. À travers le logo de Prince Tees en forme de couronne, j’ai voulu dédramatiser toute cette histoire.

Nous voilà plus détendus. Mais, au-delà de votre histoire de famille, pourquoi avoir voulu créer Prince Tees ?
Par égoïsme ! (Rires) Un soir d’été en Corse, j’ai ouvert mon placard et je ne trouvais pas de joli t-shirt rétro. Je me suis dis : « Si on créait des t-shirt d’exception, des t-shirts hauts de gamme en omettant tous les codes du mainstream… » Mais cette idée ne tombait pas du ciel. Avant mon séjour sur l’Île de Beauté, je pensais à me lancer dans la mode sur des projets très créatifs et, en discutant de mon « flash » avec Enzo Fusco, on a commencé à créer une collection capsule avec 6 pièces. Petit à petit, Prince Tees a pris de plus en plus d’importance. Les collections sont devenues plus complètes et aujourd’hui la marque s’exporte dans le monde entier.

Oui, vous êtes présent au Japon, en Italie, en France et en Suisse aussi. Comment en êtes-vous arrivé à un tel résultat ? 
À l’époque je n’avais pas d’agent pour la marque. J’allais sonner aux différentes boutiques, comme un VRP débutant. Je présentais le produit, j’expliquais l’objectif de ce projet… Mais le plus difficile, c’était de rendre le t-shirt agréable et confortable à porter. On a dû rajouter du cachemire pour donner plus de souplesse et une sensation de douceur. Puis, il fallait absolument avoir un effet « deuxième peau », afin que la pièce soit très saillante. En outre, pour garder un côté très rétro sur le t-shirt, on coupe les manches au laser, ce qui permet au tissu de se retourner après quelques lavages. Ce détail permet de donner plus d’allure, un style qui se rapproche de Steve McQueen dans Le Mans, par exemple.

Salon Uomo au Pitti à Florence

© Prince Tees

Quel T-shirt rencontre le plus de succès chez les hommes ?
Girocollo Fantasy et Girocollo Dominant Women marchent très bien. Avec ce design, on voulait faire renaitre les sixties en dessinant des couvertures vintage de magazine. Apparemment cette collection convient à la perfection à Lui ! (Rires)

En effet !
Je pourrais même faire une collection spéciale Lui avec toutes les couvertures du magazine. (Rires) Je penserai à en parler à Frédéric Beigbeder.

En parlant de création à venir, de quelle façon allez-vous aborder vos nouvelles collections ? 
Au début, avec Enzo, on prend le temps de se voir durant 2 jours pour définir le thème de la nouvelle collection. Cette année, je vais associer ma fondation pour les jeunes artistes et le projet Prince Tees. Le design sera effectué par leur soin. Je souhaite créer un ensemble de tous ses projets que j’ai pu entreprendre depuis quelques temps. Il est vrai qu’au début on aurait pu penser que j’allais m’éparpiller dans différents projets, mais si on observe attentivement, on peut voir que le fil conducteur reste l’Italie. Mon pays est une source d’inspiration pour l’ensemble de mes projets.

Pour retrouver les t-shirts et autres de vêtements de la marque d’Emmanuel-Philibert de Savoie, allez jeter un coup d’œil sur le site de Prince Tees

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