#MDJP, le style au jour le jour

À la rencontre des créateurs de l’Instagram Modèles d’Un Jour Paris

Le street style pour hommes s’implante à Paris grâce à deux copains biberonnés au digital. Lui a rencontré les fondateurs du compte Instagram Modèles d’un Jour Paris, 2 obsédés du share et du style.

On a bien dit street style… pour hommes

S’il y a un truc qui ne déborde pas à Paris (mis à part les serveurs compétents et le respect de son prochain), c’est bien les blogs de street style masculins. Vous ne connaissez pas le street style ? Si bien sûr, c’est cet art (qui remonte à bien avant Internet mais a totalement explosé avec l’éclosion de ce dernier) qui consiste à repérer les bons looks dans la rue et les photographier pour servir d’inspiration. Aller choper les idées, les tendances, les mélanges, non pas sur les podiums, mais dans la vraie vie. Finalement, identifier ce petit secret des mecs ou des filles qui savent « y faire », ceux qui vous diront que le secret du style, c’est de se sentir bien, de trouver son look à soi. Quel est, justement, leur secret à eux, ou au moins leurs astuces ?

La référence absolue du street style aujourd’hui, née à New York et qu’on ne présente plus aux passionnés, c’est The Sartorialist. Mais si celui-ci a influencé quelques médias en ligne, surtout pour les looks féminins, aucune autorité ne s’est aujourd’hui réellement imposée dans le domaine pour les looks parisiens et français, ce qui est quand même un peu sot vu qu’on est censé, être les boss absolus du style (derrière les Italiens, on vous l’accorde). Deux jeunes gens ont décidé de remédier au problème et élaborent depuis quelques temps sur Instagram leur recette —et hashtag— miracle autour d’une idée éloquente : Modèles d’Un Jour Paris, #MDJP, un modèle par jour (hommes/femmes en alternance), donc, à Paris. Intrigué par ce profil qui grimpe tranquillement vers les 18 000 abonnés et 440 publications en à peine quelques mois d’existence, Lui est allé à la rencontre de Raphaël et Ygal, 25 ans chacun, amis d’enfance et fondateurs du projet MDJP, qui partagent certes un amour du style, mais aussi un même tempérament mélangeant ambition, créativité et dérision. On n’a même pas eu besoin de les faire boire pour les faire parler !

Raphael et ygal mdjp

Raphaël et Ygal, fondateurs de Modèles d’un Jour Paris © Jessy Zeitoun

Lui. Comment vous êtes-vous connus ?
Ygal.
On s’est connu enfants, au berceau.

Au berceau ?
Ygal.
Oui, les parents de Raphaël m’ont gardé tout bébé, puis on était à la maternelle ensemble, et plus jamais ensemble en classe, mais on ne s’est jamais perdus de vue.

Et comment en êtes-vous venus à travailler ensemble ?
Raphaël.
On a toujours parlé de projets ensemble, on a mêlé des passions qu’on avait en commun… Moi j’aime la mode, les fringues, et Ygal a toujours aimé tout ce qui ressortait du domaine de la production, de l’audiovisuel.

Ygal. Et tout les deux, on aime rencontrer des gens.

Vous êtes des gros pratiquants des réseaux sociaux ? Ou il y a la vraie vie d’un côté, le digital de l’autre ?
Raphaël.
Alors, on va éviter les expressions de boloss genre « Je suis un serial likeur », mais enfin il y a un peu de ça.

Ygal.Pour ma part, j’ai fait un stage à New York, et j’ai été amené à m’occuper de la partie digitale des International Emmy Awards. Quand je suis renté à Paris, j’avais bien senti qu’il fallait absolument faire quelque chose dans le digital, et quelque chose centré autour des personnes. L’idée nous est vite venue de « faire » une personne qui a un style chaque jour, avec tous les jours un style différent. Mais surtout, à chaque fois de raconter une petite histoire sur la personne.

Raphaël. Il faut dire qu’on est dans une époque très égocentrique, c’est les réseaux sociaux qui veulent ça. C’est la culture du selfie : Moi à la plage, moi dans ma salle de bains… Or, je voulais montrer les gens, j’aime parler aux gens, les rencontrer, je pense que tout le monde a quelque chose à m’apprendre et inversement. Et plein de fois, en me baladant dans la rue, déjà, j’avais remarqué des styles super, chez des inconnus, j’avais envie de les arrêter, de leur demander des conseils de style.

Modèles d'un jour exemple look

Jimmie, rue du Marché Saint-Honoré. « In vacation, having a good time, drikinking wine, with a good style ». © instagram.com/modelesdunjour_paris

Mon style et moi, moi et mon style

Et quel regard tu portes sur la presse mode plus traditionnelle ?
Ygal.
Dans ce que j’ai lu, j’ai toujours trouvé qu’il y avait une approche très haut de gamme et pas assez accessible. Ça m’a toujours gêné de lire des conseils, de voir des looks à 700, 800, 1 000 euros et de me dire « C’est pas possible… » Je voulais vraiment une approche qui soit, disons, plus réelle. Donc sur notre compte, on trouvera des vrais styles, pas des mecs habillés avec des tenus à 1 000 balles. D’un point de vue vraiment style, la plupart des sites spécialisés sont dans des positionnements très raffinés, élégants, très classiques et il manque, je trouve, une approche plus street-wear… tout simplement sympa. Je ne retrouvais pas dans la presse ces styles du quotidien.

Vous avez décidé de faire seulement un compte Instagram. Pourquoi cette décision de ne même pas faire de site ?
Raphaël.
Déjà, aujourd’hui, on a moins le temps qu’avant, on est vraiment dans une forme d’instantanéité, dans le « J’aime / J’aime pas », la décision immédiate. Et Instagram se prête vraiment très bien à ça. Un site, ça veut dire faire toute la démarche de rentrer l’adresse internet,de se poser, de regarder, de cliquer, bon ok super. Aujourd’hui je suis sur Instagram, j’ai vu une photo, paf, je l’aime. On voulait jouer là-dedans plutôt que d’avoir une plateforme plus lente et plus posée. L’autre point, c’est qu’aujourd’hui, pour avoir beaucoup de pénétration, Instagram c’est mieux que de lancer un site : c’est plus dur d’amener des gens sur un site, parce qu’il faut aller sur le site, alors que sur Instagram, ils y sont tous. Tout le monde est sur Instagram.

C’est pas forcément facile non plus de se faire une place, dans la profusion de contenus sur Instagram…
Ygal.
Il faut juste sortir du lot. Si on sort du lot, pour les bonnes raisons, les utilisateurs aiment. Parce qu’ils ont envie d’aimer. Si c’est sympa et original, si ça change, le truc fonctionne.

Vous décrivez ça comme un monde sympa… C’est relatif, non ? Twitter, par exemple, est plutôt très hostile…
Raphaël.
En effet. C’est pour ça qu’on n’est pas ou presque pas sur Twitter.

Ygal. On voulait aussi quelque chose de plus communautaire. Sur un site, la relation se fait entre un site et les utilisateurs, pas vraiment entre les utilisateurs eux-mêmes. Facebook, Instagram, permet aux gens de discuter, de de partager des choses, bref, de lancer des conversations.

Un petit conseil mode pour nos lecteurs ?
Ygal.
Comme ça dans le vague, on va répondre les grands classiques, se sentir à l’aise, faire ressortir sa personnalité… Mais justement, on croit bien plus aux conseils personnalisés ! Donc ce qu’on vous conseille surtout, si vous avez une question précise, que vous hésitez sur comment vous saper pour aller à tel rendez-vous galant ou un meeting de travail, n’hésitez pas à nous tagger sur Instagram avec le hashtag #MDJhelp et, non seulement nous, mais aussi la communauté, on sera heureux de vous répondre !

Raphaël. Il faut comprendre que nous, ce sont vraiment les utilisateurs qui nous intéressent. On prend les personnes en photo, certes, mais surtout on va raconter leur histoire, on parle autant de la mode que de leurs personnalités. D’ailleurs, on se dit parfois qu’on est en train de mettre en avant le fait que les Parisiens, au fond, sont très sympas. C’est-à-dire que quand on descend dans la rue, et quand on va parler aux personnes, on se rend compte que ces personnes ont envie de discuter, elles sont bienveillantes, elles sont gentilles, elles sont intéressantes et elles ont des choses à raconter.

Pour suivre Modèles d’un jour sur Instagram, c’est par ici. Et sur Facebook, c’est par là !

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