Rencontre : Valérie Carlotti et ses lunettes sur-mesure

Les lunettes aussi peuvent tenir du luxe. Lui a rencontré Valérie Carlotti, lunettière qui sélectionne les créateurs les plus pointus du monde pour proposer ensuite à l’homme moderne une paire personnalisée… Voire sur-mesure.

Outre sa voiture, son scoot, la sono de son appartement, son écran plasma ou sa montre, dans sa panoplie d’accessoires l’homme moderne met un point d’honneur à choisir sa paire de lunettes de vue…

Des lunettes en pierre, en bois… Voire en or.

Qui sera l’élue de ses yeux ? Cette paire de bésicles qui lui donneront allure, prestance… Voire le rendront plus sexy, plus charmant, plus mystérieux… Et surtout plus performant, car si l’on considère que 70% des informations qui vont au cerveau passent par les yeux, il vaut mieux être à l’aise dans ses binocles. Valérie Carlotti propose des modèles uniques en collaboration avec des marques pointues comme les Français Thierry Lasry et Lucas de Staël, les Berlinois de Mykita, le Danois d’Orgreen ou les Américains de Dita et Thom Browne… entre autres. Oubliez le plastique injecté, ici les optiques comme les solaires sont en acétate, en acier, en bois précieux, en corne de buffle, en cuir, en pierre… voire en or jaune, comme chez le créateur Danois Lindberg.
 

Polissage face brute © Carlotti

Polissage face brute © Carlotti

Ancienne crack de la finance à New-York et à Londres, Valérie Carlotti cherchait à se reconvertir quand, au cours d’une visite dans un salon de créateurs de lunettes, ce fut la révélation : elle deviendrait lunetière ! Et aujourd’hui son nom est sur toutes les lèvres… Que portent le hipster, l’homme d’affaire, le bon père de famille, ou le branché ? Qui sont les créateurs les plus en vogue ? Pour le savoir, nous nous sommes arrêtés dans sa boutique du 22 rue Cambon, dans le 1er arrondissement de Paris, où les lunettes sont présentées, telles des pièces de haute joaillerie, dans un écrin de velours.

Comment la marque Carlotti est-elle née ?
J’avais envie d’un lieu de rencontre entre des créateurs extraordinaires et quelqu’un qui doit porter des lunettes afin que ce ne soit plus une contrainte. J’ai décidé de former les gens chez moi au conseil pour que les clients ressortent plus beaux et plus élégants. Les opticiens ne savent pas conseiller, ils n’ont pas été formés pour ça. Leurs études sont très techniques et centrées sur tout ce qui est optique, sur la physique. J’ai donc mis au point des formations pour apprendre à jouer avec les couleurs, les lignes, les styles, car on est au-delà de l’esthétique : je peux vous faire essayer 5 paires qui esthétiquement vont vous aller mais ne correspondront pas nécessairement à ce que vous avez envie de dégager. La lunette, c’est un objet. Un peu comme le maquillage, on peut aller très loin dans ce qu’on fait ou dans ce qu’on dégage. On peut rendre une personne plus sérieuse, plus sympa, plus abordable, plus sexy… ou au contraire mettre de la distance. On peut vieillir, rajeunir, remonter des traits. J’ai découvert tout ça grâce à des créateurs comme Alain Mikli en France, Oliver Peoples aux États-Unis, ou encore Cutler and Gross en Angleterre avec leurs modèles rétros.
 

lunettes sur-mesure carlotti

Polissage acétate © Carlotti

Ce sont eux qui ont ouvert la voie de la création en lunetterie ?
Oui, ils font partie des pionniers. Ils ont inspiré d’autres personnes qui venaient du monde du design et de la photo. Il y a certains anciens photographes qui font des lunettes de créateurs maintenant. C’est très graphique la lunette, il faut avoir un œil. On est dans une composition, il y a des histoires de proportions, comme dans une photographie. Et nous, quand on analyse un visage, on vient mettre des formes et des couleurs, il y aussi l’idée de décoration comme dans une pièce.

Comment choisissez vous vos créateurs ?
Avant de travailler avec un créateur il y a énormément de critères. Ce n’est pas un coup de foudre sur une paire, c’est plutôt comment ce créateur, son travail, ce qu’il amène, se positionne par rapport à d’autres marques. Son univers de création, son sens des proportions, l’intérêt des matériaux qu’il utilise. Parfois, j’ai fait des paris sur des jeunes créateurs sans savoir où j’allais, mais je ne suis pas déçue, bien au contraire. C’était le cas par exemple avec Rolf et leurs lunettes en bois. Ces créateurs sont dynamiques, la marque évolue positivement et plaît beaucoup.
 

lunettes sur-mesure carlotti

Travail sur une branche © Carlotti

Et justement, qu’est ce que tous ces créateurs apportent ?
Je dirais que c’est avant tout le travail des matières. Pour beaucoup d’hommes, certes, les lunettes sont un accessoire et certains peuvent se permettre de porter un modèle original, mais dans la majorité des métiers on ne peut pas vraiment porter des lunettes rouges ou bleues fluo. Donc, l’originalité va être dans la matière, et l’homme est passionné par la matière : sa paire de chaussure, ses chemises, l’homme à un rapport à la matière beaucoup plus fort que la femme. Donc aujourd’hui, on travail des lunettes en bois, en pierre, en cuir et tous ces créateurs viennent avec des lunettes intéressantes, où il y aussi un toucher agréable.

Vous parlez des lunettes comme étant un masque ?
Oui, tout le monde ne le vit pas comme ça mais il y a des gens qui ne peuvent pas se passer de leurs lunettes. Il n’y a pas de règle sur la notion de masque… Un homme va se sentir bien avec des lunettes fines, peu marquées, en métal, un autre aura besoin de grosse lunettes épaisses en acétate pour sentir que son masque est là et qu’il est bien avec ça. Mais c’est très personnel. Dans ce domaine on est beaucoup dans l’observation des gestes, de la manière dont la personne manipule ses lunettes quand elle les essaye, les enlève etc.

Qu’est ce que les hommes aiment le plus dans le sur-mesure ?
La corne de buffle est très demandée, c’est un matériau très confortable, souple et léger par rapport à l’acétate par exemple. Je compare ça au cachemire. En termes de confort, ça s’en rapproche. Et après, il y a une profondeur de la matière qui, tout en restant assez classique, apporte quelque chose en plus.
 
Valérie Carlotti lunettes
 
Quelles sont les grandes tendances chez les créateurs de lunettes ?
Le grand phénomène, c’est le néo-rétro. On prend des lunettes qui sont rétros et on les retravaille complètement. Donc, on est plutôt dans des formes plutôt arrondies. Ensuite, on recherche des matières comme l’acétate, le bois, on fait des déclinaisons d’écailles contrastées ou mat. C’est la grande nouveauté chez l’homme. Il y a aussi l’over-size et les lunettes hautes qui marchent bien. Chez les jeunes hipsters, l’objet lunette fait vraiment partie du look, c’est un vrai plaisir. Le hipster va choisir des lunettes rétro très marquées, plutôt rondes. Et en acétate, surtout pas plastiques injecté !
Les jeunes cadres ou les hommes d’affaires, eux, ont tendance à être dans du rectangulaire, du métal, des branches fines.

Vous proposez deux services : personnalisation et sur-mesure dans votre Atelier Carlotti ?
La personnalisation joue sur plusieurs éléments : on choisit la couleur de la branche et de la face, et nous ensuite on vient adapter la largeur de la monture à la taille du nez, et la longueur des branches à la morphologie de la personne pour que les lunettes soit le plus confortable possible. Pour le sur-mesure, là on joue sur tout : on part d’un modèle que la personne aime bien ou qu’elle a déjà porté et on va pouvoir tout personnaliser. On redessine tout au millimètre près. Les lunettes, ce n’est pas qu’un visage. Il faut aussi voir la personne debout, en mouvement. Ça fait vraiment partie d’une allure.

22, rue Cambon, 75001 Paris. Tél : 01 42 60 02 19
Ou 40, rue Saint-Sulpice, 75006, Paris. Tél : 01 44 07 11 99.
Ou encore sur Internet.

Prix dans la sélection Carlotti (toutes marques confondues, lunettes solaires et optiques confondues) : de 280 à 1 600 €.
Atelier Carlotti : 490 € la personnalisation acétate, 690 € le sur-mesure acétate, 1 380 € le sur-mesure corne de buffle véritable.

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