MIEUX QUE PREMIER, AVANT-DERNIER

Avnier, qui signifie « avant-dernier » est bien plus qu’une énième marque de fringues, c’est un désir de faire les choses différemment. Lui a rencontré ses créateurs, Sébastien Strappazzon et Aurélien Cotentin alias Orelsan, à l’occasion du showroom de la marque.

Être avant-dernier, un choix ambitieux

Ne perdez pas de temps à chercher, le mot « Avnier », nom de cette nouvelle griffe dans le monde du streetwear unisexe, n’existe pas. « On voulait un mot à nous, pas un mot qui existe déjà comme, euh, pizza », explique Aurélien, de son ton traînant qui séduit depuis quelques temps déjà les amoureux du style. À l’écrit ou à l’oreille mais aussi, dorénavant, à porter. Le jeune chanteur, auteur et compositeur lance sa propre marque, flanqué de Sébastien Strappazzon, un complice suisse rencontré lors de longs après-midis à rôder en BMX. « Avnier » signifie donc « Avant-dernier », une idée qui a fleuri dans les loges d’un après concert… l’avant-dernier de la tournée d’Orelsan en 2014.

Lorsqu’on réfléchit, être avant-dernier à de multiples avantages, comme le résume cet enfant d’une professeure et d’un directeur de collège : « Il y a beaucoup d’ironie à être avant dernier, tu te dis : « C’est bien, je ne suis pas dernier ! » Généralement les marques se battent pour être la première et le fait de dire que nous, sommes avant-derniers, on trouvait ça cool ! »


Comment c’est loin, le film des Casseurs Flowters en vente sur Amazon.
En guise de logo, pas de « Suffit de choisir un animal et d’le mettre sur un pull », comme l’imaginait récemment l’un des deux ados attardés de « Bloqués ». En vrai, comment on fait un logo de streetwear ? « J’ai une liste de logos dégueulasses, qu’on a beaucoup travaillés », explique Sébastien Strappazzon, déjà créateur de la marque AliasOne avant de s’engager avec Orelsan dans l’aventure Avnier. « Puis on a fait une première sélection… Et au final, on s’est vite tourné vers un pro ! » se souvient-il dans un éclat de rire. « C’est ça qui est drôle : tu réfléchis tous les jours à des trucs fantastiques et complexes, et puis finalement tu prends un professionnel (En l’occurence Philippe Cuendet) pour faire ton logo, et quand il nous montre sa proposition, on regarde et on se dit : « C’est là-dessus qu’on réfléchit depuis 6 mois ! ». C’est tout con mais c’est un métier », surenchérit Aurélien.

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© Avnier

France+Suisse+Sport+Musique = Avnier

Originaire de Lausanne, Sébastien Strapazzon n’en est pas à son premier coup d’essai. Sa marque AliasOne, créée dans la fin des années 90, paraissait une évidence. Pour les deux garçons aujourd’hui trentenaires, l’adolescence est faite d’une pratique assidue des sports urbains, un milieu dans lequel on fait souvent attention à son look, on s’intéresse aux marques, on cherche à décrocher le Graal du « Stylé ».

« Aujourd’hui, on commence à avoir 30 ans et on veut s’habiller un peu mieux », nuance Aurélien. « Du moins, avec quelque chose qui nous corresponde plus. Par ailleurs, je fais de la musique, et Seb est aussi un peu dans ce milieu… Mais on souhaitait une identité un peu sportswear. On n’a pas envie de s’habiller qu’en chemise, des trucs trop stricts. On apprécie beaucoup des marques comme Bleu de paname, Aimé Léon doré… Seulement, c’est un petit trop habillé pour nous. On est aussi très Supreme, Nike, des marques plus street. Seulement, c’est un tout petit peu trop street pour nous, du coup », complète Orelsan. « On est arrivé à la conclusion qu’on souhaitait vraiment avoir notre propre truc. Je viens de Suisse, où je fais pas mal de marche, je me suis donc naturellement inspiré de marques plus techniques comme Patagonia ou Penfield », conclut Seb.

Récapitulons : Supreme, un peu trop streetwear, Bleu de Paname un tantinet trop classe. Avnier a donc vocation à faire la passerelle entre les deux. Selon eux, la diversité de ce genre de fringues manque à la France, et les produits made in ici correspondent rarement à ce streetwear chic, destiné aux adultes moyen chauds à l’idée de porter des chemises tous les jours.

La ligne directrice est simple comme leur vêtements : épurée, logo brodé, à porter au quotidien. Particularité : ces vêtements Homme sont rapidement devenus unisexes« Nous, on croyait vraiment avoir créé une marque pour hommes, et puis on s’est vite rendu compte que pleins de filles en portaient. De cette manière, on est devenu une marque unisexe, on joue sur la mode « boyfriend », et on souhaite que les filles se reconnaissent dans Avnier »

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© Avnier

Et pourquoi pas bien le faire ?

Comme beaucoup de jeunes créateurs rencontrés ces derniers temps, Aurélien Cotentin et Sébastien Strappazzon ont eu, aussi, envie de faire les choses bien. Comprenez : ne pas faire fabriquer les vêtements Avnier n’importe où, n’importe comment. « C’est pas tellement qu’on veut bien faire les choses, c’est déjà qu’on ne veut pas mal les faire » précise encore Aurélien. « Si tu as une usine bizarre en Chine, pose-toi les bonnes questions : où va l’argent ? Qu’est-ce que les gens font avec ça ? Lorsque tu achètes juste le produit, tu ne t’en rends pas compte de tout cela, mais c’est important… Par exemple, j’ai un pote qui m’a proposé un plan pour faire une marque de vodka. Je réfléchis… et je me dis : « Est-ce que j’ai envie d’être dans l’alcool ? » Non, je ne souhaite pas être responsable de quoi que ce soit avec l’alcool ! Au fond, je ne peux pas aller me coucher et me dire : « OK, j’ai vendu de l’alcool à des gosses », ou « J’ai fait fabriquer des fringues à l’autre bout du monde, j’ai contribué à ce que des personnes soient exploités… », conclut-il en secouant le tête tandis qu’à côté Sébastien Strappazzon hoche la sienne.

Responsable, éthique, des mots qui reviennent souvent dans le vocabulaire d’Aurélien et Seb. Des principes plus qu’honorables, mais pas toujours facile à mettre en pratique. « On est éthique car on n’est que deux » ajoute Orelsan en riant.« On n’aide personne mais on ne tue personne, c’est déjà ça ! ». Pensées en Suisse, les tenues sont ensuite conçues au Portugal. Molleton non brossé et lourd, copeaux de laine injectés, modal (une fibre textile issue du bois), détails techniques soigneusement ajustés, la marque Avnier cultive aussi les matières sobres et malines.

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© Avnier

Lorsque le Casseur Flowter ne s’enfume pas avec Gringe dans sa piaule, il fait de la musique, des films, des fringues… et il feuillette le magazine Lui ! « J’ai la couverture de Rita Ora dans mon portable, je la regarde de temps à autre, la photo est terrible ! », Message reçu Aurel, on en touchera deux mots à Rita !

Retrouvez toute l’actu et les produits Avnier sur Avnier.com.
(Et notre numéro avec Rita Ora est toujours en vente, par exemple chez Amazon ; ).)

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