SOUVENIR, SOUVENIR

À l’occasion du décès de Johnny Hallyday, la rédaction du Lui.fr vous propose de lire ou relire l’interview qu’il avait accordée à Frédéric Beigbeder dans notre numéro d’avril 2014. 

Quand Johnny parle de vie, de mort et d’amour.

Par Frédéric Beigbeder.

Quand il est entré à l’Ami Louis, j’étais en train d’expliquer à Seb Farran (son manager venu bouffer avec nous) que j’étais très heureux de revoir Johnny Hallyday. C’est vrai : je me donne un mal fou pour avoir l’air blasé mais je ne le suis pas. Croyez-le ou pas, je suis épaté comme un môme de dîner avec l’idole des jeunes, celui qui a fait la bringue avec Jimi Hendrix et Jim Morrison, a couché avec une longue liste d’avions à réaction, a vendu 100 millions de disques et continue d’être 
la rock star la plus populaire de mon pays. Je ne vous ferai pas l’injure de citer une liste de ses plus fameuses chansons. Je citerai juste ma préférée : « Voyage au pays des vivants » 
(« Le jour de ma naissance, un scarabée est mort/Je le porte autour de mon cou »), blues psychédélique coécrit par Mick Jones 
(le guitariste de Foreigner). C’était la face B du 45-tours 
Que je t’aime en 1969 ; je l’écoutais dans mon mange-disque quand j’avais 5 ans. « Je-ne-re-com-men-ce-rai-ja-mais-ce-
que-j’ai-fait. » À force de hocher la tête, je fus atteint du syndrome du bébé secoué. On a vu le résultat depuis. OK, je sais que vous attendez tous que j’en parle : il y a quelques années, j’ai parfois passé du temps chez Johnny, des dîners chez lui à Marnes-la-Coquette, des week-ends sur son bateau en Corse, des Noëls et des anniversaires… Mais je n’étais toujours pas blasé. Avec ses yeux de loup, il impressionne tous ceux qu’il rencontre ; alors, imaginez ce que vous ressentez quand vous avez la prétention de lui piquer sa fille. J’ai toujours été dans mes petits souliers quand je le voyais, mais Johnny s’est toujours montré magnanime avec son « gendre intello ». Fin de la séquence vie privée. Quand il est entré à l’Ami Louis, le silence s’est fait. Même les Américains se sont demandé pourquoi le brouhaha avait cessé. Qui est ce biker aux bras tatoués qui fait que les Frenchies mangent tout d’un coup la bouche ouverte ?

Frédéric Beigbeder. On se tutoie toujours ?
Johnny Hallyday. Bien sûr, mon ex-beau-fils…

(De nouveau en sudation maximale.) Château Calon Ségur 1998, ça ira ?
Parfait.

Alors, c’est vrai ce que m’a dit Sébastien ? Tu vas faire un concert des « Vieilles Canailles », avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell ?
Oui, on a envie de faire un truc à la Rat Pack, avec nos meilleures chansons, quelques standards américains et beaucoup de blagues. Tu sais que Dutronc était le guitariste d’Eddy au début.

Vous serez en smoking ?
Plutôt en costume noir. La scène sera un bar où on sera en train de picoler et de se chambrer les uns, les autres. 
Ce qui me plaît, c’est qu’on y va pour déconner et se marrer.

C’est comme ce soir : un truc entre mecs.
On en a marre des gonzesses. (Rires.) On peut avoir des escargots et un poulet rôti ? C’est ce que je préfère ici. Même le foie gras est bien ici, alors que d’habitude j’aime pas ça.

Tu as déclaré que de tous les films que tu as tournés, tes deux préférés étaient L’Homme du train, de Leconte, et Salaud, on t’aime, de Lelouch, qui sort le 2 avril prochain.
C’est vrai, je le pense.

C’est pas gentil pour L’aventure c’est l’aventure.
Oui, mais ça, c’est plus ancien… Patrice Leconte et Claude Lelouch sont des metteurs en scène avec qui il est très agréable de travailler.

Et Jean-Philippe ? C’était chouette, je trouve. La scène où tu chantes « Quelque chose de Tennessee » sur la plage, la tête de Luchini.
Je me suis pas entendu avec le metteur en scène, Laurent Tuel. Jean Reno a aussi fait un film avec lui et il est d’accord. Pourtant, je l’avais prévenu !

Et La Gamine, avec Maïwenn ?
Oui, c’était pas mal. Elle avait 16 ans. J’ai assisté à la rencontre entre Maïwenn et Luc Besson sur le tournage.

Et puis… y a Détective, de Godard, quand même !
Oui, c’est vrai. Godard était la terreur des acteurs mais moi, bizarrement, il m’aimait bien. Je me suis toujours bien entendu avec lui. Il disait aux autres : « Johnny est un grand professionnel parce qu’il demande toujours à écouter la prise après, alors que vous n’en avez rien à foutre ! »

C’est vrai que tu écoutes le son ?
En fait, c’est une habitude de chanteur. Je réécoute la prise pour voir si le ton est juste.

Dans Salaud, on t’aime, tu joues un photographe de guerre qui prend sa retraite dans un chalet à la montagne 
et qui veut réunir ses quatre filles…
Oui, j’ai l’impression que le personnage s’inspire beaucoup de Claude Lelouch, qui a commencé comme reporter. Ce qui est drôle, avec Lelouch, c’est qu’il n’arrête pas de filmer. Donc il faut continuer à parler. Par exemple, la scène où ma fille m’engueule, je n’étais pas prévenu et j’ai commencé à pleurer. Cette scène me rappelait de mauvais souvenirs. Et quand Sandrine Bonnaire se tourne vers moi, je lui dis que j’ai raté ma vie. Tout ça n’était pas écrit.

Il a joué sur un thème qui te touche, celui du père absent.
C’est l’histoire de sa vie à lui, Claude.

Mais c’est aussi un peu la tienne.
Écoute, je ne veux pas te parler de Laura. Tout ce que je peux te dire, c’est qu’elle a vu le film et qu’elle était bouleversée.

Un ange passe, dont nous connaissons le prénom. Johnny engloutit des escargots et du poulet. Je remplis nos verres. Moi aussi, je suis un grand professionnel. Je me souviens qu’il y a une corrélation assez étroite entre la réussite d’une interview et le pourcentage d’alcool dans le sang.

Je suis étonné que tu ne manges pas de salade. Moi qui croyais que les habitants de Los Angeles étaient tous végétaliens ! Tu ne bois pas du jus de gazon, là-bas ?

Oui, ça m’est arrivé de faire une cure de trois jours que de ça, j’en pouvais plus ! J’étais malade pendant trois jours, mais c’est sûr qu’après je me sentais léger !

Je constate aussi que tu bois du vin, alors qu’à une époque tu ne buvais plus du tout.
Là, je bois un peu de vin rouge mais je ne bois plus d’alcool fort.

Tu fumes toujours tes trois paquets de Gitanes par jour ?
Non, seulement dix cigarettes quand je suis en France, et rien du tout quand je suis en Californie. Parce que là-bas, les Gitanes, y en a pas ! Et moi, j’aime pas les blondes. À part les gonzesses.

À part Læticia, tu veux dire. Je peux raconter l’histoire de la bouteille d’armagnac ?
(À Sébastien :) Oh ! là, là ! Pour mon anniversaire, un soir, il m’a offert une bouteille d’armagnac de 1943, mon année de naissance, qui n’a pas fait long feu. (Rires.)

À l’époque, tu n’étais pas censé boire. Je pensais que tu la poserais sur une étagère pour faire joli. Et tu l’as descendue en une heure ! Læticia n’était pas contente.
Je vais te dire un truc. Sur le tournage de Salaud…, je ne buvais rien du tout. Mais Eddy Mitchell avait dit à la maquilleuse de toujours garder au frais ses bouteilles de grappa.

C’est pas bien de balancer les copains.
La scène où on chante ensemble la chanson de Ricky Nelson en regardant Rio Bravo, il était torché. Lelouch est très malin de s’en être servi.

C’est ton plus vieux pote ?
On a démarré ensemble, on aimait les mêmes choses. Mais Eddy est plus difficile que moi. Moi, j’aime tout, et lui, il n’aime rien. Ça a toujours été comme ça. Je lui dis : « Qu’est-ce que tu penses de ça, c’est pas mal, non ? » Et lui, il me dit : « Bof… putain… lamentable… ça m’intéresse pas. »(Rires.)

Tu fais toujours de la muscu avec le coach de Mickey Rourke ?
Tous les jours à L.A. Et de la moto sur ma Harley. T’appuies sur un bouton et le carbu qui sort, et « poww… », 
le turbo ! Pourquoi tu fais pas de moto ? Tu fais du scooter ?

Eh oui…
Faut te mettre à la moto, ça n’a rien à voir ! Mes potes flics m’ont offert un gilet Hells Angels.

Depuis quand les flics font-ils partie des Hells Angels ?
J’ai un pote qui a quitté la police pour se faire introniser par les Hells Angels. Et Mickey Rourke m’a emmené à une réunion des Hells aux États-Unis, là-bas ça rigole pas. La barbe la plus courte, elle descend jusqu’au torse.

Il va bien, Mickey Rourke ?
Pas très bien. Il s’est fait encore changer le nez, les pommettes, les cheveux… Il devait faire un rôle de rugbyman homosexuel, il s’était préparé, il avait perdu vingt kilos, et le film ne s’est pas fait. Il était déprimé.

Revenons à Salaud, on t’aime. Tu roules quand même des gros palots à Sandrine Bonnaire.
C’est vrai qu’elle embrasse bien.

J’ai bien regardé le gros plan. Tu mets la langue.
Ah ! oui, oui ! Læticia a vu le film mais elle ne m’a jamais dit ce qu’elle en pensait.

Tu ne lui as pas demandé ?
Je me fais petit dans ces cas-là.(Rires.)

C’est un beau film sur la mort. Je ne vais pas raconter la fin mais est-ce que ça ne t’a pas rappelé des choses ? Tu as dit toi-même que tu avais failli y passer en 2009.
La mort, j’y pense tous les jours. Surtout que je l’ai vue de près. La mort, c’est bizarre. Quand je suis sorti du coma, j’avais l’impression d’être revenu d’un long voyage. La mort, c’est un trou noir. J’ai pas vu de lumières blanches. J’ai dormi pendant vingt jours sans rêver. Je suis sorti d’un trou sans aucun souvenir. Moi, ce qui me fait peur ce n’est pas de mourir, c’est de plus voir les gens que j’aime, ma famille, mes potes, mes petits-enfants.

Tu t’es assagi depuis cet épisode ?
Je dois être encore là pendant longtemps pour les protéger. Avant, quand j’étais plus jeune, j’étais irresponsable. Mais là, je n’ai pas le droit de partir. Elles ont besoin de moi.

Il y a une belle phrase dans le film : « Un ami, c’est quelqu’un qui te connaît très bien et qui t’aime quand même. » Tu en as beaucoup, des amis comme ça ?
Sébastien, ici présent. Læticia, ma femme.

Est-ce qu’on peut dire que Læticia t’a sauvé ?
S’il n’y avait pas eu Læticia, je serais mort. Sans elle, je ne serais plus là. Tu sais que les toubibs de Los Angeles voulaient me débrancher. C’est elle qui les en a empêchés. Selon eux, j’étais fichu. Elle s’est battue jusqu’au bout.

Qui est la personne qui te connaît le mieux ?
Moi. Je sais ce que je vaux et personne d’autre ne le sait. Tout le monde croit me connaître mais personne ne 
me connaît.

Tu as eu une enfance compliquée, élevé par ta tante. Tu t’es construit tout seul ?
J’ai toujours voulu pour mes enfants ne pas être ce que mon père a été pour moi. Bon, on ne fait pas toujours ce qu’on veut. Il a été abominable. J’ai pardonné, je comprends, mais je ne veux pas être ce qu’il a été.

J’ai reçu un bouquin qui s’appelle le Dictionnaire des sexualités (chez Laffont) et dedans il y a un texte sur toi. Philippe Boggio explique que tu as révolutionné la sexualité des Français. Je vais te lire des passages, et tu commentes. « Il a 15 ans, il est déscolarisé, il peine à aligner deux phrases sans rougir et regarder ses pieds. Abandonné à la naissance par ses parents, il vit avec sa tante à Paris. Il retrouve ses copains sur un banc, en bas de chez lui, dans le square de la Trinité, où il attend un signe. »
C’est vrai que tu lis beaucoup, toi. (Rires.) Tu me le passeras ?

Bien sûr. Et donc cet ado timide va au cinéma voir un film avec Elvis Presley. Et ça va libérer la France de l’après-guerre.
Il oublie de dire que j’ai été élevé aussi par Lee Hallyday. C’est comme ça que j’avais les disques d’Elvis, de Bill Haley…

Il le raconte. Lee était le mari américain d’une de tes cousines danseuses. Tu as passé ton enfance dans des music-halls.
Toute ma vie, tu veux dire ! Il travaillait dans des cabarets de strip-tease, genre La Nouvelle Ève… Moi, j’avais 9 ans, j’étais assis sur une chaise dans le couloir et je voyais passer les filles à poil, seins nus, tout le temps. On s’habitue à ces choses-là… Et un jour, je me suis dit « ouah ! »

« Cette fille-là, elle est terrible ! » (Rires.) Je continue de lire le « dico du sexe » : « Habillé d’un costume de cow-boy, il chantait des airs de Brassens et d’Aznavour. » À quel âge ?
11 ans, 12 ans.

Tu as eu la même enfance que Chaplin.
Je chantais aussi Davy Crockett. (Il chante :) « Davvy, Davvyyy Crockett, l’homme qui n’a jamais peur !!! » (Hilare.)

Tu as été très influencé par le look de James Dean aussi.
C’est simple : pour moi, l’homme idéal c’était un mélange d’Elvis et de James Dean.

Tu as calculé ta façon de regarder par en dessous comme James Dean dans La Fureur de vivre ?
Quand j’étais môme, c’était calculé, oui. Plus maintenant !

Il y avait un endroit qui s’appelait le Snack Spot à la gare Saint-Lazare, dont tu étais le pilier. Un peu comme Seb Farran au Montana.
(Rires.) Le Snack Spot c’était un bar où tous les mômes se réunissaient à l’époque pour aller en boum. Et c’est là que j’ai connu Nicole de Sonneville.

L’attachée de presse ? Je la connais ! Elle était mignonne ?
Elle était beaucoup plus jeune.

(Rires.) Je poursuis le texte : « Jean-Philippe Smet est sûrement le plus taciturne du lieu. Il inquiète un peu. Gueule d’ange, enfantine encore, corps de jeune mâle impatient… »
Ha, ha, ha !

« … agité comme tous les garçons du Golf Drouot mais plus inhibé, deux yeux très bleus en amande où passent de la crainte et de la méfiance, ou alors, brusquement, mouillé d’un rire désarmant, on lui trouve un charme dangereux. »
J’ai failli me suicider là-bas, au Snack Spot. J’étais amoureux d’une fille qu’on appelait « Petite Merde ». Euh, non… « Petit Bout », pardon. (Éclat de rire général.) J’étais fou d’amour et j’ai failli me noyer dans une baignoire pour elle. C’était l’époque des robes à cerceaux…

Et tu as commencé à enregistrer des disques chez Vogue, à faire des concerts, et soudain tu es invité à la télévision et là tu te roules par terre. Pourquoi ? C’est ce geste qui t’a lancé.
Pour moi, c’était ça le rock ’n’ roll. Je le fais encore, tu sais, malgré mon grand âge… Aujourd’hui encore, quand je me roule par terre, c’est sexuel !

Tu ne prendras jamais ta retraite ?
Jamais.

Tu te préserves un peu ?
Au lieu de trois heures, le concert dure deux heures et quart !

Tu as la réputation de tout donner sur scène. Tu termines en nage…
J’ai un rapport spécial avec le public. Je refuse les barrières, j’ai besoin d’être au plus près. Je donne tout. Je veux serrer les mains. Au Royal Albert Hall, les trente-cinq premiers rangs se sont levés et les spectateurs m’entouraient, c’était fou. Je monte toujours sur scène comme un boxeur sur un ring. J’aime ça, il faut que je m’en sorte ou je crève. Moi, je marche à ça : la survie. Ma vie est un combat. Rien n’est jamais gagné.

C’était quoi, ta pire galère en concert ?
Une fois, on avait une main géante qui sortait au Zénith, le poing fermé avançait au milieu du public, et la main se retournait, s’ouvrait, et là j’étais dedans. Le problème c’est qu’un soir, la main s’est coincée. Elle ne s’est pas retournée. Et, pendant dix minutes, j’étais la tête en bas au-dessus de la foule, bloqué dans cette espèce de bras géant ! Là, tu commences à te demander « mais qui a eu cette idée à la con ? » (Rires.)

De toute ta carrière, quel est le look dont tu as le plus honte ?
Le pire c’est la mode hippie. Quand je chantais « Si vous allez à San Francisco… » avec les colliers de perles, j’assume pas trop.

Et ta période Mad Max ? Les cheveux en brosse, teints en blanc dans le film Terminus ?
Non, c’était peut-être un peu too much mais j’ai pas honte. J’avais une tenue de motard et j’aime toujours la moto.

Quelle est la période de ta vie que tu préfères, à part maintenant ?
Les sixties. Parce que les gens étaient moins stressés. On avait envie de s’amuser après la guerre. Les gonzesses étaient joyeuses.

C’est vrai que tu hébergeais Jimi Hendrix chez toi à Neuilly ?
Hendrix était adorable. Il dormait avec sa guitare. À l’époque, il fumait quelques joints mais rien d’autre.

Jim Morrison aussi, tu l’as bien connu.
Lui, il était destroy. Morrison à sept du mat devant le Rock ’n’ roll Circus, c’était deux Mandrax et un verre de whisky. C’est un somnifère assez puissant que tu prends avec de l’alcool…

Toi, tu n’es jamais vraiment tombé dans la drogue dure.
Non, à part la coke, que j’ai aimée. J’ai jamais succombé à l’héro parce que je suis hyperactif. À l’époque, John Lennon voulait me faire essayer les buvards (LSD) mais je n’ai jamais accepté. Par contre, j’ai mangé des champignons avec M.

Hou la ! Mais c’est très fort les champis !
Je vais te dire un truc : qu’est-ce que je trouvais tout le monde gentil, après ! Et j’étais bien plus en forme que lui. J’aurais pu baiser un tronc d’arbre.

C’est vrai que Cloclo était jaloux de toi ?
En 1970, j’avais une nana qui s’appelait Sophia, un mannequin suédois. Quand l’histoire s’est terminée entre nous, Sophia a atterri chez Claude. Un soir, je sors chez Dani à l’Aventure, et Sophia vient à ma table et elle me dit : « J’en peux plus de ce gars, il me fait chier. » Cloclo est venu à ma table, furieux, et me dit : « Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? Pourquoi tu lui as parlé ? » Je lui réponds que je lui ai offert un verre et que je ne vois pas le problème. Un malade ! Et il a toujours été comme ça. Ce qui l’énervait, c’est que je travaillais moins que lui et que ça marchait quand même. Il ne comprenait pas qu’il faut juste être sincère.

Tu préfères les Beatles ou les Stones ?
Les Stones. J’ai connu les deux mais je préfère les Stones. Les Beatles ont fait musicalement des choses bien meilleures qu’eux mais je préfère quand même l’énergie des Stones. Le seul qui aurait pu faire partie des Stones, c’est Lennon. La version de « Be-Bop-A-Lula » de Lennon est aussi bien que celle de Gene Vincent, avec le vieil écho, comme il fallait.

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Tu sais que j’ai toujours des photos de toi déguisé en Père Noël.
Oh ! la vache ! L’enfer ! (À Sébastien :) Il y a six ans, Læticia me dit : « Faut que tu fasses le Père Noël pour les enfants. » J’avais acheté un costume nul avec une fausse barbe de merde.

Pardon mais c’était très difficile de ne pas éclater de rire en te voyant distribuer les cadeaux. Imagine Johnny en costume rouge et blanc de Père Noël, avec la barbe blanche, qui dit : « Euh… Joyeux Noël tout le monde… Euh… où sont les cadeaux ? »
Surtout que ça n’a pas marché. Jade m’a dit tout de suite : « Je t’ai reconnu, papa ! »

Lui, n°6, avril 2014. 

 

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