Manifeste reboot

L’Édito de Lui n°21 (novembre 2015)

Il y a ceux qui se laissent surprendre par la mort, mais on peut aussi être surpris par la vie. Le problème des hommes est simple : leurs ventres ne font pas de bébés. Ne possédant pas d’usine à vie interne, ils passent leur existence à fabriquer un tas d’autres choses : des châteaux, des fusées, des centrales nucléaires, des livres, des journaux, etc. J’essaie d’être plus clair dans mon film L’Idéal : l’histoire d’un model scout qui devient un terroriste anticapitaliste. Voilà pour le teasing (le film sortira en mai 2016).

« Le mouvement reboot n’est ni réactionnaire, ni conservateur : il est humaniste. »

Nous avons tous besoin d’une renaissance. C’était un beau mouvement, au XVI° siècle. Aujourd’hui on dirait « reboot » mais c’est la même idée : repartir sur de nouvelles bases. La culture européenne de la Renaissance a zappé le Moyen Âge pour revenir aux fondamentaux de l’Antiquité gréco-romaine. En revenant en arrière de dix siècles, la société de cette époque fit un immense bond en avant. Fin 2015, l’équivalent d’un tel mouvement serait de laisser tomber tout ce qui nous fout dans la merde : Internet, la bouffe empoisonnée, les machines qui veulent notre place, l’hégémonie des GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon). Voilà le vrai ennemi.

Le mouvement « reboot », dont cet éditorial est le premier manifeste mondial, n’est ni réactionnaire, ni conservateur : il est humaniste. Pourrions-nous réhabiliter ce mot qui n’a rien de dépassé ? La défense de l’homme, remettre l’humanité (et les humanités) au centre de nos préoccupations, se battre pour sauver l’humain contre l’idéologie transhumaniste qui infecte tous nos logiciels ? 
La guerre contre Daech a complètement éclipsé le principal affrontement du moment : la guerre entre les humains et les post-humains. Ce combat est bien plus dangereux que la lutte entre les sunnites et les chiites : il s’agit de préserver notre espèce. À côté, les guerres de religion, c’est « Intervilles ».

Cover Lui James Bond

Voici ce que je propose : on repart de zéro. On garde l’essentiel : la démocratie, les droits de l’homme, la sauvegarde de l’environnement, la liberté sexuelle, l’égalité femmes-hommes. Sur tout le reste, il faut se poser une seule question : est-ce que c’est bon pour l’homme ou pas ? Exemple : les migrants. On les rejette à la mer ou on se débrouille pour accueillir ces gens ? Quelle est la réponse la plus humaine à votre avis ? Même chose pour les robots. 
S’ils nous aident, tant mieux ; s’ils nous remplacent, tant pis pour eux.

C’est quand même fou, toutes les élucubrations qu’on peut écrire quand, à 50 ans, on se retrouve avec une nouvelle fille dans les bras.
– Il faut tout réorganiser dans le monde. Tout !
– Mais bien sûr, chéri. En attendant, tu peux lui faire chauffer son biberon ?

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