Nabilla Benattia : « On va faire un buzz de ouf ! »

Après JoeyStarr et Jérôme Kerviel, Nabilla Benattia vient s’ajouter à ma magnifique collection de dîners avec d’anciens taulards.

Nabilla Benattia ne s’est pas exprimée depuis sa sortie de la prison pour femmes de Versailles, où elle a passé cinq semaines après son arrestation pour « tentative d’homicide volontaire » sur la personne de Thomas Vergara dans la nuit du 6 au 7 novembre 2014. Le but de cette rencontre est de comprendre, pas de juger. Rappelons que la demoiselle est présumée innocente jusqu’à son procès, que l’enquête est close et qu’en attendant, tout ce que nous avions envie de faire est d’écouter sa version des faits en mangeant et buvant des choses agréables.

« J’ai quand même fait des choses ! J’ai eu mon émission à 18 ans, j’ai fait des parutions, des défilés, j’ai créé ma marque de vêtements… »

Je ne connaissais pas Nabilla Benattia, j’ai rencontré une jeune femme simple et souriante, qui ne m’a pas fait peur. Et pourtant sur la table du Grand Véfour, il y avait de nombreux couteaux : à beurre, à poisson, à viande, à fromage… Elle n’a fait preuve d’aucune agressivité et pourtant vous allez voir que je lui ai posé toutes les questions les plus gênantes. Le seul moment où Nabilla a été désagréable, c’est quand elle a vu mon téléphone portable.

Nabilla Benattia. D’où t’as un Samsung ? On a tous des iPhone et toi c’est quoi, ta vie ? Tu fais quoi, comme métier ?
Frédéric Beigbeder (Rires). Bonsoir, Nabilla, donc on se tutoie ?
On se tutoie bien sûr.

Nabilla et la célébrité

Tu ne t’es pas exprimée publiquement depuis que ton fiancé a reçu un coup de couteau au thorax. Pourquoi le faire aujourd’hui dans ce magazine plutôt que d’aller sur TF1 ou M6 ?
Sans aucune prétention, tous les médias, dans l’ordre alphabétique, m’ont appelée pour me demander des interviews. En fait je trouvais que c’était beaucoup trop tôt pour m’exprimer. J’avais envie que de l’eau ait coulé sous les ponts, que j’aie le temps de la réflexion au lieu de m’exprimer juste pour le faire. Tu sais Sept à huit avec la musique derrière, je me suis dit que je n’avais pas du tout envie de ça.

J’imagine que tu as beaucoup été poursuivie par les paparazzis…
Une horreur !

Là, je ne sais pas où ils sont cachés.
Ils ne savent pas, cette fois.

C’est bien, tu dois avoir l’impression d’être en vacances !
Oui, c’est kiffant.
 

Nabilla Bennatia en interview avec Lui

© Raphaël Lugassy pour Lui Magazine

Le gars à la table d’à côté est en train de téléphoner : si 
ça se trouve, il va y avoir une émeute lorsque l’on va sortir.
Peut-être. C’est toujours un risque à prendre.

C’est un truc que tu trouves pénible ou c’est quelque chose que tu as un peu cherché et que tu trouves agréable ?
Quand j’étais plus jeune, j’ai voulu être médiatisée, connue, comme tous les jeunes d’aujourd’hui. Mais je ne pensais pas que ça allait être aussi fort. J’étais connue dans Public et Closer. Là on parle de L’Express, des médias que mon grand-père lit. Donc je me dis que c’est bizarre.

Finalement tu regrettes d’avoir cherché la notoriété ?
Non.

Ce qui me fascine chez toi, c’est que, comme Kim Kardashian, tu veux une notoriété mais une notoriété pour toi-même, sans faire un travail artistique. Tu veux être reconnue pour qui tu es. Au fond, être célèbre sans travailler, c’est mieux !
Exactement ! Mais ce que les gens ne savent pas c’est que c’est un boulot à plein-temps, faut se cacher constamment, on ne peut plus s’octroyer les mêmes plaisirs qu’on avait avant. Il faut prendre des dispositions qui coûtent de l’argent. Il y a ma marque de vêtements qui me prend un temps fou. Je suis partie voir des prototypes au Japon il y a deux semaines et je fais du blog.

Nabilla fait la fête

© Instagram.com/nabillanew

Mais la différence c’est que Kim Kardashian a une fortune personnelle. Penses-tu que les gens ont été plus durs avec toi parce que tu n’es pas riche ? Je ne veux pas faire mon intellectuel marxiste, mais tu crois que les gens t’en ont voulu d’être une prolo qui veut être connue sans travailler ?
Je pense qu’ils m’en ont voulu car ils ont vu que j’ai acquis une notoriété facile. À l’heure d’aujourd’hui, si je suis respectée dans certains milieux, c’est parce que je n’ai pas accepté tout et n’importe quoi pour l’argent. J’aurais pu faire de la musique et m’exprimer dans Closer aujourd’hui car on me proposait 100 000 euros (Closer a depuis démenti « les chiffres totalement fantaisistes avancés par Nabilla », ndlr).

Je n’ai pas les moyens. Mais je t’invite ce soir.
Voilà, c’est plus classe !

Alors j’ai quelques petites questions pièges !
Vas-y.

Quand on va sur ton Facebook, il y a 630 000 « j’aime » et il y a marqué : « Nabilla Benattia, personnage public. » Donc je voulais te donner une liste de personnages publics qui sont venus ici, au Grand Véfour, avant toi, pour voir si tu les connais. Par exemple, il y a Bonaparte.
Napoléon ! Il a les mêmes initiales que moi ! (Rires.)

Donc c’est bon, tu marques un point. George Sand venait régulièrement ici.
C’est une meuf, non ?

T’as tout bon ! Et Lamartine ?
La petite qui fait la Martine à la plage ?

Non, là c’est un poète qui s’appelait Lamartine. Victor Hugo ?
Oui Victor Hugo, le peintre.

Se cultiver avec Nabilla

Alphonse de Lamartine proclame la Deuxième République devant l’Hôtel de Ville à Paris le 25 février 1848, par Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, CC Wikimedia Commons

(Rires.) Non il n’était pas peintre. C’est l’auteur des Misérables.
Ah oui, avec Colette.

Cosette ! Cela dit, l’écrivain Colette venait aussi au Véfour donc on va dire un demi-point. En plus tu es assise à la place de Colette.
Ah oui, c’est celle qui fait la boutique à Paris.

(Rires.) J’essaie de t’aider, mais tu te grilles à chaque fois ! Non, Colette c’était…
Les Lettres de mon moulin.

Non. Ça, c’est Alphonse Daudet.
C’est compliqué !

Colette a écrit Chéri, une histoire d’amour entre une dame d’un certain âge et un jeune homme.
Ah c’est bon ça !

En fait, Colette c’était la première cougar.
Ça, c’est cool.

À 40 ans elle était avec un homme et elle l’a quitté pour partir avec son fils.
J’adore ! C’est incroyable, c’est une histoire qui m’intéresserait bien.
 

 
Bon, j’arrête les questions littéraires. Tu t’en sortais plutôt bien au début…
Napoléon, c’est pas mal quand même.

Napoléon venait ici avec Joséphine son épouse.
C’est incroyable, c’est beau !

On va peut-être commander.
Je te laisse choisir pour moi.

Ici, la spécialité, ce sont les ravioles avec du foie gras dedans et de la truffe dessus.
J’aime trop. Oh mon Dieu, quel bonheur !

Nabilla : son histoire, son père, sa famille

Je pense que ce qui serait bien, c’est que tu me racontes ta vie. Donc je voudrais commencer par le début. C’est quoi, ton premier souvenir d’enfance ? Est-ce que tu te rappelles de toi, enfant, avec ton père ou ta mère ?
Je me rappelle de moi, enfant, avec mon père qui ne voulait jamais que je me maquille et je me rappelle que c’était une guerre constante avec lui. Il y a beaucoup d’images dans ma tête où il dit : « Va te démaquiller, s’il te plaît ! »
Le maître d’hôtel. Que prendrez-vous comme eau gazeuse ? Badoit, Perrier ou Châteldon ?
FB. Badoit.

Le maître d’hôtel. Badoit normale ou bulles intenses ?
NB. Bulles intenses !

FB. Évidemment enfin, c’est Nabilla.
LOL.

Haha ! Elle a dit « LOL » ! J’adore quand tu sors ce genre d’expressions. On va y revenir. Tout à l’heure, quand je t’ai dit qu’on allait faire une photo ensuite où je te poursuivrai avec une fourchette, tu as dit que ça allait « buzzer ».
Oui, parce que ma vie c’est un buzz, j’ai l’impression.

À chaque fois que je fais un truc, il y a un problème ! Je n’en peux plus… (Rires.) Et là tu crois qu’on va buzzer ?
Là, on va faire un buzz de ouf. Le JDD était venu m’interviewer et je leur ai dit : « Je vais vous faire un buzz. » Ils ont commencé à me filmer et je leur ai parlé de François Hollande qui avait bien suivi mes conseils. Le lendemain, c’était le buzz de ouf.

Qu’est-ce que tu avais dit sur François Hollande ?
J’avais dit : « François Hollande, je suis très contente que vous ayez écouté mes conseils », parce que je lui avais dit de faire la couverture de la presse people. Et deux semaines après il y avait Julie Gayet.
(Rires.)
 

 
C’est vrai que tu as un certain franc-parler et une sincérité. Donc je reviens à l’enfance avec ce père qui t’interdisait de te maquiller ou d’être apprêtée. Je fais de la psychanalyse à deux francs suisses mais est-ce que tu penses que cela peut expliquer ton désir d’être célèbre, d’être reconnue ?
C’est sûr, ça doit avoir une forme de liaison.

Tu l’as un peu perdu de vue ?
Oui. Mais je l’ai revu il y a un mois.

Et avant, tu ne l’avais pas revu depuis quand ?
Depuis cinq ou six ans.

Donc depuis que tu es connue, tu ne l’avais jamais revu.
Non.

Et il y a un mois, il a souhaité te voir ou c’est toi ?
Je me suis dit que j’avais du temps et que je me sentais prête. J’ai fait la démarche et il a accepté.

Ça s’est bien passé ?
Oui. Je pensais qu’il allait être plus catégorique mais en fait il était hyper sympa.

Et tu crois qu’il était fier de toi ?
Ah non, je ne pense pas.

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