Les jeux vidéo en série : pourquoi ça marche ?

Les jeux vidéo distribués sous forme de série sont en train de s’imposer dans le paysage vidéoludique. Alors que débarque le très attendu deuxième épisode Life is Strange, petite merveille du jeu indé à la française, la saga mythique Resident Evil est elle aussi passée au format série avec son –carrément décevant, lui– Resident Evil : Revelations 2. Mais quels intérêts ont les éditeurs et les développeurs à utiliser ce nouveau mode de production ? Nous prendrait-on pour des jambons, comme le dirait Maïté ?
 

 

Si ça peut arracher des joueurs de Candy Crush pour les précipiter vers The Walking Dead, c’est plutôt une bonne chose.

Qu’ils soient inspirés de séries TV (The Walking Dead, Game of Thrones), issus de franchises légendaires (Resident Evil : Revelations), ou « Born this Way » comme le dit si bien Lady Gaga (Life is Strange, Decay : the Mare), les jeux vidéo sortant sous forme d’épisodes ont signé certains des plus beaux succès de 2014 et de ce début d’année. La recette : des softs plus courts et paraissant à intervalles très rapprochés. L’industrie vidéoludique, friande de nouveaux modèles économiques (DLC, free to play, clouding…), semble trouver dans cette « sérification » – oh le beau barbarisme – de nombreux avantages.

Tout d’abord, ces formats courts permettent d’ouvrir le marché à une catégorie de consommateurs qui fait fantasmer les développeurs : les joueurs occasionnels. « Certains « casual gamers » le sont par manque de temps. Ils aiment bien les bons jeux mais ne peuvent pas s’investir dans quelque chose qu’ils n’achèveront jamais », analyse Emmanuel Forsans, directeur général de l’Association Française des Jeux vidéo. « Leur proposer un soft de qualité qu’ils peuvent finir en quelques heures, c’est très intéressant pour eux. » Si cela signifie arracher le joueur occasionnel des griffes de Candy Crush, pour le précipiter vers les mâchoires édentés des zombies de The Walking Dead, c’est plutôt une bonne chose.
 

The Walking Dead en jeu vidéo

The Walking Dead, le jeu vidéo © Telltale Games

Si le jeu du studio Telltale a connu un tel succès critique, c’est grâce à son ambiance glauque et ultra-immersive, parfaitement calquée sur la série dont il est inspiré. L’ambiance : c’est l’un des gros points forts de ce type de jeux, au détriment du gameplay. Et ce renversement de paradigme est encore une fois destiné à attirer le casual gamer, cette licorne de l’industrie vidéoludique. « Le joueur occasionnel ne peut pas investir du temps dans la maîtrise d’un gameplay. Faire de l’ambiance et du scénario les ressorts principaux du jeu, c’est permettre à ce type de consommateur une immersion directe », décrypte Emmanuel Forsans. « Il n’est plus mis à contribution en tant que bon ou mauvais joueur. »

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