La VR, comment s’y mettre ?

Les meilleures expériences de réalité virtuelle, à tester dès aujourd’hui

On l’a attendue, longtemps. Portée par un petit génie devenu milliardaire à 21 ans après qu’il eut conçu l’Oculus Rift, puis propulsée par Facebook, HTC et Sony, la réalité virtuelle débarque dans les foyers cette année 2016. Jamais le dernier quand il est question de s’amuser en travaillant, Lui a testé pour vous les applis les plus prometteuses de ces univers en 3 dimensions, qu’ils soient ultra-réalistes ou nés d’imaginaires détonnants. On vous prévient tout de suite : notre journaliste n’est depuis toujours pas revenu dans le vrai monde, et ne prévoit d’ailleurs pas d’en rentrer de sitôt… Bye bye, world ?

Manon, court-métrage gainsbourgien surléché

Derrière le concept album Manon, on trouve le Niçois Jil is Lucky, musicien brillant et cofondateur des Memphis Deput(i)es, le quintet derrière « The Wanderer ». Pour accompagner la sortie de son nouvel album, fruit de la rencontre entre un protagoniste au cœur qui bat trop vite et une Lolita en leggings léopard, le compositeur a imaginé un clip vraiment pas comme les autres : un court-métrage d’une dizaine de minutes racontant cette histoire d’amour [Spoiler] pas tellement possible [Fin du spoiler] de son début à sa fin.
 

La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas besoin d’investir dans un casque de réalité virtuelle pour profiter à fond de ce film à l’esthétique et la mise en scène extrêmement soignées. Il suffit pour cela de posséder un smartphone et d’investir quelques euros —pas plus— dans un cardboard. Conçu par Google, ce bout de carton incroyablement ingénieux vous permet en effet de plonger dans un univers à 360°, juste en glissant votre smartphone derrière ses lentilles. Du basique au pratique et chic en passant par le format camouflage, il y en a pour tous les goûts. Quant au court-métrage, il est disponible gratuitement sur AppStore et Google Play. Téléchargez, enfilez un bon casque audio, glissez votre téléphone dans votre tout nouveau lecteur VR, passez en mode avion et faites la connaissance de Manon.

Et si, comme d’autres avant vous, vous tombez amoureux de la jeune fille incarnée par Moon Kuy Lee qui aime « se mettre carton tous les soirs, debout chiffon sur le comptoir [et] danser la tête en arrière », vous pouvez aussi investir dans le disque. L’hommage à Gainsbourg y est assumé jusqu’aux plus fines allitérations, ce qui n’est pas pour nous déplaire. L’ensemble est incroyablement moderne et susceptible de tirer des larmes aux jeunes et moins jeunes, sentimentaux mais sexy, qui ont connu les affres de la passion au détour de nos ultra-modernes solitudes.

Retrouvez l’album intégral en numérique sur iTunes ou en vinyle chez Amazon. Le clip est également visible, même sans lunettes mais déjà en 360, sur YouTube.
 

Roller Blaster, le Coaster des Casinos Partouche

Avec près d’une cinquantaine de casinos dans toute l’Europe –dont une grande majorité en France– le groupe Partouche n’est plus à présenter aux amateurs de machines à sous, roulette et jeux de cartes… Ni aux amateurs de luxe à la française. À son tour de franchir le pas de la réalité virtuelle en déployant ces jours-ci un « Roller Blaster » à l’entrée de ses établissements (et notamment à chaque étape de sa tournée des plages). Le groupe fondé en 1973 par Isidore Partouche fait bien les choses : ce simulateur de montagnes russes est une véritable cabine de roller coaster deux places, montée sur vérins et équipée, cerise sur le gâteau, d’un ventilateur qui contribue pour beaucoup à l’impression de décoller vraiment de la gravité… pour un univers qui serait celui d’Alice au pays d’Ocean’s Eleven.
 

Dans le Roller Blaster, ça va vite, très vite, et c’est beau, très beau. Filez à 150 km/h et des centaines de mètres de hauteur (c’est de la VR, tout est possible) entre des montagnes de jetons de poker ou de pièces d’or s’effondrant sous leur propres poids, tandis que des araignées géantes essaient de grimper sur votre cabine ou que des oiseaux de feu vous survolent en rase-mottes. Les malades du vertige apprécieront la barre de sécurité sur laquelle serrer nerveusement leurs mains, tant l’illusion est parfaite et le voyage, délirant dans le meilleur sens du terme.

Conçu par Partouche Lab, une nouvelle branche du groupe d’établissements de jeux, le Roller Blaster donne un aperçu réel et grisant des multiples possibilités ouvertes par la réalité virtuelle. Il se murmure même que prochainement, dans les casinos eux-mêmes, des expériences encore plus immersives reposant sur le HTC Vive seront disponibles aux joueurs en manque de nouvelles expériences. Le Blaster est encore de déploiement dans les casinos français et européens (toutes les infos sont disponibles sur le site ou Facebook). Attention toutefois, si vous franchissez ensuite la porte du casino lui-même, n’oubliez pas de jouer avec modération.
 

Interlude : la VR libère aussi les talents artistiques !

 

 

Arte et le New York Times en VR, ou le journalisme feu de Dieu

Quand deux des médias les plus classes du monde s’emparent de la VR, forcément le résultat dégage sévère. Avec Arte 360 et NYTVR, Arte et le New York Times ont répondu présents. Là non plus, pas besoin d’un casque en bonne et due forme pour en profiter à plein, un cardboard suffit pour s’immerger, au choix, au cœur du tournage de Ma Loute, aux côtés de Fabrice Luchini, Valeria Bruni-Tedeschi ou Bruno Dumont, en escalade sur le Mont-Blanc, sur le pont d’un brise-glace au Pôle Nord ou, nettement plus tragique et cauchemardesque, au cœur d’un camp en pleine urgence humanitaire au Sud Soudan (Arte) ; mais aussi à l’assaut par la grimpe du One World Trade Center, en pérégrination sur Pluton, au milieu des baleines et des dauphins pour apprendre à décoder leur langage ou, nettement plus violent —et réel— parmi des caravanes de réfugiés de tous horizons (The New York Times)…
 

On sait que pour bien des médias dits « traditionnels », le virage du digital fut souvent difficile à prendre. Mais ceux qui se sont engagés de toutes leurs forces sur ce chemin prometteur (et Arte et le New York Times en sont deux exemples fameux) ont désormais pris l’avantage. Ils bénéficient donc de leur avance radicale en la matière, qui leur permet d’un coup d’un seul de nous gratifier de ces petits chefs d’œuvre de reportage interactifs, écrits, sexy, émouvants et profondément informatifs. Une cascade de nouvelles écritures et de nouveaux formats se devinent déjà, cette fois non pour fuir la réalité mais bien pour, enfin, la toucher du doigt.

NYTVR et ARTE 360 sont à télécharger gratuitement, ici et sur AppStore, ou et ici sur Google Play.
 

Smart VR, B to B pour demain

Mélomanes, early adopters et gamers ont donc de quoi s’amuser pour un moment. Mais notre sixième sens nous permet d’entendre, derrière leurs écrans, les entrepreneurs parmi vous dont les neurones s’agitent déjà à la perspective de ce que cette révolution technologique pourrait signifier pour leur business, ne serait-ce qu’en termes de communication. Qu’ils soient rassurés : à l’approche de ce bond innovant et radical qui pourrait bien bouleverser l’ensemble de la société en quelques années à peine, l’agence digitale Smart and Geek ouvre sa branche dédiée à la VR (et fort logiquement baptisée Smart VR) pour vous aider à transformer vos idées et envies en supports de communication ad hoc.

Séance de running parisien immersif pour Salomon, démo des activités high tech de Thalès (dont un vol dans l’espace), ou simulateur de tirs au but pour Orange dédié à l’Euro 2016 : les solutions proposées pour communiquer dans ce nouveau monde réveillent les envies créatives des managers les plus blasés.
 

Si les marques de luxe avaient déjà pu s’exprimer en 360° grâce à l’agence Mazarine, si les malins de So-Loon se spécialisent eux aussi dans la réalité augmentée, les geeks chics de Smart VR compilent directement dans leurs studios du vingtième arrondissement parisien les cardboards et casques traditionnels, mais aussi un simulateur de pilotage de F1, un fascinant LeapMotion —qui vous permet de créer directement des objets en 3D virtuelle et de les manipuler avec autant de classe que Tom Cruise dans Minority Report— et le redoutable « The Walk », créé par leurs soins, immersion bluffante au sommet d’une tour haute de quelques 200 mètres, vous invitant à faire quelques pas de funambules sur une poutrelle métallique… sans danger et pourtant terrifiante. Lui l’a testé. Il tombe encore.
 

Elite Dangerous : au-delà de l’infini, déjà

Si vous n’avez jamais rêvé de piloter un vaisseau spatial, pardon, votre propre vaisseau spatial, d’un bout à l’autre du système solaire voire de la galaxie toute entière, de sortir d’hyperespace face à une naine brune aux radiations mortelles avant de passer du tabac en contrebande sur un avant-poste industriel, ou de traquer un pirate sans foi ni loi mettant en péril l’équilibre de la Fédération Galactique, votre vie doit être très ennuyeuse. Ou vraiment passionnante. Quoiqu’il en soit, c’est désormais possible grâce à Elite : Dangerous, lointain descendant du jeu révolutionnaire de 1984 (Elite, donc) et financé en grande partie sur Kickstarter par un génial créateur du nom de David Braben.
 

Indépendant, entièrement pensé et programmé pour la VR et doté d’un souci du détail proprement confondant, le jeu vous autorise à faire exactement ce que vous souhaitez, comme vous le souhaitez et quand vous le souhaitez, du moment que cela concerne le pilotage de vaisseau spatial, le commerce galactique (ou l’exploration, la chasse à prime, la politique, le minage, la contrebande ou l’ingénierie), parmi 400 milliards de systèmes solaires éparpillés dans la plus belle des galaxies (la nôtre, c’est-à-dire la Voie Lactée). La mauvaise nouvelle, c’est que, pour le coup, c’est bien un casque de réalité virtuelle et non un simple cardboard qui est nécessaire si l’on veut se prendre définitivement pour un pilote de l’espace. La bonne, c’est que le jeu est déjà disponible au format traditionnel (sur un bon vieil écran, quoi).

Bien entendu, selon vos habitudes, vous pourrez préférer un Project Cars, un « Lab », un Edge of Nowhere ou un bon vieux Minecraft, autant de jeux soit conçus pour la VR, soit qui en passent parfaitement le cap. Il y en a pour absolument tous les goûts, et Steam a ouvert une section spécialement dédiée aux jeux taillés pour la réalité virtuelle. Allez donc vous y perdre, un peu !
 

 

Pour se mettre à la VR, rien de plus simple

Les casques arrivent petit à petit. Pour les possesseurs d’ordinateurs, le casque HTC Vive est déjà disponible chez les revendeurs habituels, et l’Oculus Rift disponible à la précommande.
Ceux qui préfèrent les consoles seront aussi gâtés directement par leur constructeur préféré. Le premier à dégainer est Sony avec son Morpheus, très prochainement disponible sur PS4.

N’hésitez pas à prévoir une carte graphique un peu solide sur votre ordinateur. LDLC se fera un plaisir de vous renseigner sur le sujet.

Enfin, si vous n’êtes pas prêt à dépenser 1 000 €, le prix moyen d’un casque première génération, envisagez sérieusement l’achat d’un cardboard, vous ne serez pas déçu du voyage ! Amazon notamment en propose pour tous les goûts : nos préférences vont au modèle sanglé ou noir de Potok. Et si vous en préférez un un peu plus costaud, le Elegiant ou l’Andoer sont faits pour vous !

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