UN VERRE PAS TARD ? SOUVENIR SOUVENIR.

Que ce soit dit, cette année on trinque à l’été dans des lieux au passé riche et au présent plein de promesses !

Par Alexis Chenu. Paru dans Lui magazine, n°29.

PLAN RAIL

PERCHOIR GARE DE L’EST

La bande du Perchoir réplique cet été gare de l’Est, côté fronton Est. Classé hors catégorie, ce toit-terrasse dégote un cadre de rêve avec rosace de verre années 30 en arrière-scène, s’offre une vue royale sur la porte Saint-Martin et 300 m2 d’espaces bercés dans un décor rétro, mélangeant l’esprit colonial à l’ethnique chic à rendre jaloux tout Paris. Postées entre deux femmes nues, les platines du DJ devraient faire vibrer les foules jusqu’à début octobre, l’immense bar sous marquise rafraîchit son monde de Spritz, rosés et bières, le boucher star Hugo Desnoyer éponge, lui, les fins de nuit à coup de kebabs gourmets. Pas de cheminot ni de CGTiste sur le dancefloor, mais un paquet de trentenaires prêts à chevaucher la chosette des belles Américaines et Parisiennes fidèles des lieux.

Accès par l’aile Saint-Martin de la gare de l’Est, Paris 10. Renseignements, ici

GLITZY

DANICO

La marinière bleue et blanche ne trompe pas.
Dans l’antre de Jean-Paul Gaultier, qui tint ici des années durant sa boutique fétiche, Alexandre Giesbert et Julien Ross claquent un décor parfait. Une brasserie italienne aux lustres bijoux, tapissée de miroirs et cachant dans l’arrière-salle l’un des bars les plus attendus de l’année. Aux manettes, une star du shaker, Nico de Soto, bartender-globe-trotter, gloire de l’East Village de New York avec Mace, dégainant ici une carte de chef 3 étoiles illustrée par le street-artiste Supa Kitch. Pour les pucelles du cocktail, on trinque à la Vodka not too sweet narguant les New-Yorkaises fanatiques du kale. La suite tient du génie culinaire, l’insolent Suze my moutarde sort des accords amers épicés caressant le gosier, le Sayonara Mother Fucker au soja, algues japonaises et whisky, lui, transperce sur place. Une carte aventureuse, explorant ce que personne n’a encore osé.

6, rue Vivienne, Paris 2. Renseignements, ici

ET AUSSI

CHANSONS, ELIXIRS ET RIPAILLES

CABARET MADAME ARTHUR

Cabaret d’après-guerre où Gainsbourg joua du piano, Madame Arthur rouvrait fin 2015, l’équipe du Divan du Monde aux manettes. Dans le même décor, aux lustres perlés et miroirs piqués, une nouvelle troupe sur scène chaque week- end, jouant du faux cil et chantant les standards français. De Miss Morian, rouquine divine et son strip langoureux, à l’édenté Monsieur K reprenant le Petit Bal perdu de Bourvil, de Patachtouille, Marilyn sans âge et ténor confirmé au pianiste déluré, le spectacle fait revivre les heures joyeuses du cabaret vivant. Passées 22 heures, l’accordéon fait danser les foules et s’embrasser hétéros, pédés, touristes, branchés…

75, rue des Martyrs, Paris 18. Renseignements, ici

FRANCE-PORTUGAL

DRAGON & PHENIX

Le nom fait caverne à boutonneux fantasmant sur chevaliers et super héros. L’endroit tint en réalité des années salon de massage asiatique. Voisin d’Andy Wahloo, ce bar a fini par sortir les matelas pour créer une ambiance maison de famille. Après avoir officié à l’hôtel Jules & Jim d’à côté, le bartender Ricardo ouvre ici son premier bar avec ses grands classiques et une Piscine du Bonheur au champagne gin gingembre pouvant sauver de la canicule. En plan fête, la bouteille de Ruinart s’écoule à 98 euros, et la horde de snackings portugais
– conserves Tricana, chorizo, charcuterie… – épongent des soirées
de fin de semaine. Du jeudi au samedi, la disco et le funk montent, ambiance bon enfant promise.

71, rue des Gravilliers, Paris 3.
 Renseignements, ici

CHICOS

MONKEY

À Pigalle, l’ancien repaire de Mesrine, bordel devenu bar à hôtesses, vient de changer de main. Repris par deux pros de la restauration – un ex-Mama Shelter, l’autre à la tête du Cosy dans le 1er – l’ancienne Petite Taverne s’est muté en Monkey – bar à vins et restaurant – paradant avec son nouveau néon, conservant fresques de nymphettes d’époque et ajoutant un comptoir où se gaver de jambon Bellota, descendre crozes hermitage ou saint-émilion. Le vice va plus loin, le menu, loin des bars de soiffards, ose le tarama truffé et les 10 g de caviar sur vodka.

53, rue Jean-Baptiste-Pigalle, Paris 9. Renseignements, ici.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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