Cocktail time

Qui est le meilleur barman du monde ? Ou plutôt : le meilleur artiste du cocktail ? Comme chaque année depuis 5 ans, la question sera tranchée cet été, lors de la World Class Competition organisée par le leader mondial de spiritueux premium, Diageo. Après une sélection nationale organisée dans 50 pays, les meilleurs « bartender » de chacune de ces nations se départagent ensuite dans une grande capitale internationale. Cette année, c’est Londres qui verra s’affronter les candidats. Pour le plus grand plaisir des amateurs des cocktails -boisson à consommer avec modération par excellence, son abus, comme celui de tout alcool, restant dangereux pour la santé…

À 27 ans, Ahmed Yahi représentera la France à la compétition internationale du meilleur bartender du monde.

Ce lundi, au premier étage de la Tour Eiffel, se tenait la finale France. Sur 80 barmen sélectionnés dans tout l’Hexagone, et après les épreuves éliminatoires, seuls 4 d’entre eux pouvaient participer. Et c’est le jeune Ahmed Yahi, alias Mido, qui a remporté l’épreuve. À 27 ans, Mido -copropriétaire et chef barman du Café Moderne à Paris- a bluffé le jury avec son punch Pajaguara. Nous avons assisté à l’événement et interviewé Mido, qui défendra les couleurs de la France lors de la compétition internationale en juillet prochain… Il nous dévoile sa recette star et nous gratifie au passage de quelques astuces.

Alors qu’est-ce-que ça fait d’être le meilleur « bartender » de France ?
C’est énorme ! Quand le jury a rendu son verdict, j’étais tellement heureux… : j’ai couru dans les bras de ma copine qui pleurait de joie ; elle me soutient depuis toujours dans cette aventure. Le lendemain matin, j’ai fait une grosse grasse mat’ et toute la pression est retombée… C’est une préparation d’un an, c’est très dur. Pour moi c’est fou de participer à la finale. Ça fait 5 ans que la World Class Competition existe et la France n’a jamais gagné la finale ! Je compte bien défendre les couleurs de mon pays et tout donner pour qu’on soit en haut du podium ! Si je gagne, je serai l’ambassadeur de Diageo pendant 1 an, je vais parcourir le monde, donner des masterclass, aller dans les plus beaux bars de la planète !

Quelle est la difficulté propre à ce concours ?
Le jury et les ambassadeurs World Class sont très exigeants, ils scrutent les moindres détails : la préparation bien sûr, la gestuelle, la manière de présenter le cocktail et d’expliquer sa composition… Évidemment, il faut aussi connaître tous les spiritueux par cœur, comme un sommelier avec le vin : la robe, la structure, les notes qui se dégagent, si c’est vanille, cacao, miel etc..

Comment t’es-tu préparé ?
Pendant 1 an, je me suis entraîné comme un sportif. Je dis ça car, derrière le bar, c’est vraiment physique ! Tous les jours, j’étais dans mon univers, j’avais un planning précis… Je prenais un produit, par exemple du rhum et je l’étudiais pour être incollable. Le lendemain, je m’attaquais au mezcal, après à la tequila etc. Ensuite, je préparais des cocktails que je faisais goûter à des amis, à mes clients, et je leur demandais une note de dégustation pour essayer de comprendre ce qui plaisait vraiment.
 
Interieur-Salon

Parle-nous de ton cocktail PAJAGUARA, c’est quoi ?
En fait PA c’est pour Paris, JA pour Jalisco, GUA pour le Guatemala et son rhum Zacapa, et ARA pour Arabia, comme je suis d’origine algérienne, et que cette année le thème c’est la Méditerranée, c’est un petit clin d’œil.

Tu as quand même servi ton punch dans des plats pour tagine, explique-nous ta démarche ?
Pour moi, goûter un cocktail, c’est une expérience gustative bien sûr, mais aussi visuelle et olfactive et j’avais envie de surprendre le jury. J’ai retourné les plats à tagine qui ressemblaient à l’envers à des verres de Martini. Et puis, c’est vrai que la terre cuite, ça donne goût particulier au cocktail. Ensuite, J’ai réalisé ce qu’on appel un Shrub dans le cocktail (un mélange de liqueur avec du vinaigre) et là, j’ai fait un mélange avec une base de vinaigre balsamique, du vinaigre de Xérès, des figues fraîches, de la menthe et du romarin.

La recette : Ahmed Yahi – Café Moderne (Paris)
Pajaguaja Punch
2cl de Don Julio Reposado
2cl de Zacapa 23
1cl de Cherry Marnier
1,5cl de Pajaguara Shrub
2,5cl de jus d’orange

 

Conseil de garniture pour le cocktail :
Orange déshydratées
Tête de menthe
Muscade
Cannelle
Sucre glace

On peut essayer de le refaire chez nous ?
Honnêtement, pourquoi pas essayer mais pour qu’il soit vraiment parfaitement équilibré, il faut vraiment s’entraîner et maîtriser les techniques de bartender. Rien que réussir un bon Gin Tonic, par exemple… Je vous donne mes conseils : déjà il faut utiliser un bon spiritueux car ça change tout, comme le gin Tanqueray. Vous mettez une simple dose de gin, une tranche de citron et le petit truc qui fera la différence : 3 feuilles de basilic, pour donner un côté plus frais. Enfin, vous rallongez avec un bon tonic.

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