Breaking Bad passe à l’opéra

 

Directeur artistique de la compagnie One World Symphony, le New-Yorkais Sung Jin Hong a décidé d’allier le genre de l’opéra à la culture populaire dès 2014. Son plan est diabolique : l’opéra Breaking Bad !

Le chef d’orchestre s’en explique ce 17 octobre au « Independent Online » –ATTENTION, SPOILER : « Walt White (personnage principal de la série, ndlr), en dépit de son génie et de sa puissance, ne prévoit en rien son inévitable destruction et la perte de tout ce qui l’entoure. » Génie, hubris et trépas : tous les ingrédients des tragédies que se raconte l’humanité depuis l’Antiquité sont en effet réunis dans la série de Vince Giligan… FIN DU SPOILER

L’opéra Breaking Bad est sous-titré « Ozymandias », du nom d’un épisode pivot de la série, hommage à un poème de Percy Shelley inspiré du pharaon Ramsès II, (dont « Ozymandias » est une traduction grecque…). De quoi pressentir que la vanité sera un des thèmes centraux du spectacle, surtout quand on relit le sonner de Shelley…  Un peu de poésie, ça vous dit ?

 

J’ai rencontré un voyageur venu d’une terre antique

Qui dit : « deux jambes de pierre, vastes et sans tronc,

Se dressent dans le désert. Près d’elles, sur le sable,

À moitié enfoncé, gît un visage brisé, dont le froncement de sourcil

 

Et la lèvre plissée, et le ricanement de froid commandement

Témoignent que le sculpteur sut bien lire ces passions

Qui survivent encore, empreintes sur ces choses sans vie,

À la main qui les imita et au cœur qui les nourrit.

 

Et sur le piédestal, apparaissent ces mots :

« Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois,

Regardez mes œuvres, ô puissants, et désespérez ! »

 

Il ne reste rien à côté. Autour de la ruine

De ce colossal débris, infinis et nus,

Les sables solitaires, égaux, s’étendent loin.

Percy Shelley, 1817

(Source de la traduction)
 
« Parlerons-nous un jour, à l’avenir, de Breaking Bad comme d’un classique de notre époque, ample comme les œuvres des Grecs anciens ou de William Shakespeare ? », feint de se demander, dans son interview, le Maestro Sung Jin Hong… Un début de réponse sera apporté le 26 janvier prochain, lors du festival Addiction, qui se tiendra à la Holy Apostles Church de Manhattan.

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