ON DINE OÙ ? PLANQUÉS !

Pour dîner heureux, dînons planqués, mais en terrasse.

Par Alexis Chenu. Paru dans Lui magazine, n°29.

DANS LE MAQUIS

LE RELAIS DES MOINES

Planque idéale que cette bastide du xvie, ancien repaire de moines à la terrasse-paillotte entourée d’oliviers, surplombant tout l’arrière-pays varois et le village médiéval des Arcs-sur-Argens. Cuisinant pour le local comme pour les Beckham, le Russe à revolver comme le politicard, l’étoilé Sébastien Sanjou reprenait l’affaire de papa il y a quinze ans, passant du registre rustique au poétique. Une histoire en neuf actes faisant défiler des collections de betteraves, remixant l’aïoli à la sauce light, et associant les meilleures pêches –Saint-Pierre, loup sauvage– à la gloire des légumes locaux. Au style pictural, Sanjou ajoute le spectacle, sa sphère en chocolat explosive concluant parfaitement la balade. Dernier verre pour trinquer aux amours d’été au bord de la piscine. Menu entre 58 et 110€.

Route de Sainte-Roseline, Les Arcs-sur-Argens. Renseignements, ici

DANS LES BUISSONS

LE LOULOU

Redorant le blason des Arts déco, Loulou enterre le Saut du Loup, Gilles Malafosse en chef d’orchestre rodé au gratin et aux tables à succès. Avec Joseph Dirand dans la poche, le nouveau restaurant, inspiré des maisons de collectionneur et du style Carlo Molino, claque sans frimer. Le service aux airs de Commedia dell’arte, avec servantes et aubergiste nippés première classe, ajoute au charme de la maison. Sous les parasols blancs, la terrasse posée face Pyramide et ses 200 places, sert Spritz, côte à la milanaise, tagliatelles maison et tiramisu de rêve. Plongée autorisée dans les buissons, cachette à pédés fricotant ici jusqu’à pas d’heure, idéal pour repartir avec une bonne MST. Ticket moyen: 55€.

107, rue de Rivoli, Paris 1. Renseignements, ici

CACHE-CACHE

L’HÔTEL

Allez, viens à Saint-Germain. Bâti pour abriter les amours secrètes de la reine Margot puis hôtel de luxe où Oscar Wilde finit ses jours, l’Hôtel et sa terrasse végétalisée sur les pavés, fait toujours adresse confidentielle avec dîner étoilé. Sur nappes blanches et service en cravates violettes –hommage au décor Empire créé par Jacques Garcia– la cuisine de Julien Montbabut fait parler le produit. Des préliminaires à l’émulsion d’oursin iodé, au cabri fumé aux herbes et citron confit, le menu fait vibrer les belles Américaines, jubilant toutes au final de fraises des bois, vanille et touche de vinaigre balsamique blanc. Finir au bar et commander The Usual, le cocktail au champagne d’une fidèle, Tilda Swinton.

13, rue des Beaux-Arts, Paris 6. Renseignements, ici

DANS MA BULLE

STAY

Le restaurant du Sofitel Paris le Faubourg change de registre, le multi-étoilé Yannick Alléno, Don Juan faisant mouiller les (vieilles) journalistes, préférant la brasserie moderne au gastronomique. Au milieu du décor «tout ce qui brille», une oasis de fraîcheur sauve les meubles. Un jardin caché avec palmiers, fougères et camélias où dîner sur nappe blanche: ceviche sur coco épatant, salades calibrées S ou XL et tartare végétal. La suite est royale, les grands classiques –sole meunière, gratin de macaronis…– réalisés sans ambages. Surprise du chef en dessert, une bibliothèque de pâtisseries faisant baver les créatures de mode attablées: sorbet au cacao et tartelettes de saison déclarées tueries de l’année.

15, rue Boissy-d’Anglas, Paris 8. Renseignements, ici

ET AUSSI…

Respectant notre dicton «pour dîner heureux, dînons planqués», main basse sur la cour-terrasse de l’hôtel Grand Amour, rendez-vous de potes où commander ribs de bœuf ou risotto de boulgour (18, rue de la Fidélité, 10e). Côté 16e, le Jardin caché du restaurant La Gare fait tirer le cochonnet au milieu du romarin et de la lavande et siroter du rosé autour de planches à partager (19, chaussée de la Muette, 16e). À l’opposé, le Café A fait vibrer son couvent du xviie aux rythmes latinos, sa Plaza Havana gavant son monde de cuisine cubaine (148, rue du Faubourg- Saint-Martin, 10e). Enfin, si vous y songiez, n’allez pas chez Taisho. Une tente en plastique avec musique d’ascenseur, serveuses boudinées et gaz polluants dans le nez (Aquarium
de Paris, 5, avenue Albert- de-Mun, 16e).

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