Minuit, à l’aube de la gloire

Ils sont 5 : Tanguy Truhé à la batterie, Joseph Delmas et Raoul Chichin aux guitares, Klem Aubert à la basse et Simone Ringer derrière le micro. Ils sont amis, jeunes et sortent leur premier EP, nommé comme eux : Minuit. 5 passionnés de musique qui décident de fonder un groupe, a priori rien d’étonnant. Mais si on vous dit que Raoul Chichin et Simone Ringer sont les enfants des mythiques Rita Mitsouko, ça peut aider à mieux les cerner… Lui a rencontré Minuit pour vous.

D’abord il y eut la rencontre entre Raoul et Joseph il y a presque six ans. Puis en 2013, les deux acolytes se sont mis à gratter ensemble. Raoul connaissait déjà Klem, qui vivait dans le sud, et l’a convaincu de monter à Paris pour prendre part à l’aventure. Ne manquait plus qu’une voix : c’est là que Simone, la sœur de Raoul entre en scène. La sauce prend et Minuit se voit proposer un concert au Point Ephémère en Novembre 2013. Il leur faut un batteur en urgence ; débarque Tanguy et le groupe est au complet. Ouf…  pour Minuit, il était moins une (ah ben oui, on a osé, qu’est-ce que vous croyez, ndlr…) !

« Nos influences ? Miles Davis, Jimi Hendrix, Prince, Bowie, Marilyn Manson, Damon Albarn, les Supremes, AC/DC, Lana del Rey, Moroder et Michael Jackson. »

 

Minuit

© Arnaud Giacomini

Lui.Vous avez des influences musicales ultra-variées. Comment définiriez-vous votre style ?
Minuit.
On ne le définit pas encore trop. On est un jeune groupe, ça prend un peu de temps de se réclamer d’un style. Globalement ? Pop.

 Simone, c’est toi qui écris les textes. Du nom du groupe à certains de vos titres (« Caféine », « Il est Minuit »), l’atmosphère est très nocturne. « Recule » décrit un moment de peur panique d’une femme face à son miroir… « Roule » est un vrai road-movie… Quel univers littéraire influence l’écriture de vos textes ?
Simone Ringer.
Je n’ai pas vraiment de références littéraires pour écrire. J’écris avec mes émotions. Ça peut être une rencontre, une œuvre d’art…  Je lis pas mal de romans anglais, américains, aussi. Mais depuis que j’ai commencé Minuit, j’écoute beaucoup de chanson française : Véronique Sanson, Polnareff, Gainsbourg, de la pop un peu débile des années 1980…

Le clip de Flash a été réalisé par Arnaud Giacomini. Les inrocks Lab et le groupe Minuit lancent un concours de remix du tube. Envie de tenter votre chance? Vous avez jusqu’au 15 Janvier 2016.

Avec qui rêvez-vous de travailler ?
Minuit.
Comme nous sommes cinq et avons des influences musicales différentes, nous n’avons pas tous les mêmes idoles : il nous faudrait quelqu’un qui nous rassemble tous. Si nous devions collaborer avec quelqu’un, nous préfèrerions des gens de notre génération : Jeanne Added, par exemple. Quelqu’un avec qui on construirait quelque chose, plutôt qu’une idole… On aimerait créer un univers avec quelqu’un, plus que se fondre dans l’univers de quelqu’un d’autre.

Simone, tu avais commencé une carrière de graphiste à Bruxelles. C’est toi qui as réalisé la pochette du EP  Minuit. De quoi t’es-tu inspirée pour l’illustration ?
Simone Ringer. Mon univers graphique est très ancré dans l’illustration, dans la BD. Mœbius, Druillet, etc. Pour la pochette, j’ai réfléchi à tout ce qui définissait un peu Minuit ; l’envie d’un voyage, la nuit, le jour, un endroit un peu fantastique, imaginaire.

Vous avez déclaré récemment que l’industrie du disque revenait à l’époque des Sex Pistols : aujourd’hui le CD redevient un produit de promotion du live
Avant, le live servait à promouvoir le CD, aujourd’hui c’est l’inverse. Mais ça dépend des milieux. Daft Punk par exemple : ils font un concert tous les sept ans, ils peuvent se le permettre, et ils sont constamment à la radio. Le public du rap aussi achète, Booba fait un concert au Stade de France une fois par an. Alors que dans notre genre, la pop, il y a peu d’artistes qui vendent. Booba et Daft Punk étaient déjà connus au début des années 2000, à l’époque où ça vendait encore. En l’espace de deux ou trois ans, ça s’est écroulé. Nous, quelque part, ça nous arrange parce que on aime la scène…

Vous avez remporté le prix du jury des Inrocks Lab cette année et êtes actuellement en tournée. Quels sont vos projets pour 2016 ?
Début 2016, on s’enferme un peu pour composer et terminer l’album. Ensuite on part en tournée jusqu’à la fin de l’été. Grâce au prix du jury des Inrocks Lab, on va pouvoir caler quelques dates à l’étranger. On en a prévu deux : une à New York et une à Singapour. Pour le prix, il s’agissait d’un partenariat avec l’Alliance Française.

Une carrière internationale, ça vous tente? 
Bien sûr… Mais on est un jeune groupe pour le moment, on cherche à être connus surtout en France. Nous avons malgré tout été contactés d’Australie, pour éventuellement faire sortir un de nos singles à l’étranger aussi. Mais voyons d’abord si ça plait ou pas : il serait inutile de prévoir une tournée s’il n’y a pas de demande.

 

L’EP Minuit est disponible depuis le 25 septembre 2015, notamment sur le site de Because Music. Suivez l’actu du groupe sur leur site ou sur Twitter et Facebook. Pour les dates de leurs concerts, c’est ici que ça se passe.

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