Diaporama : Gainsbourg parmi nous

Derrière beaucoup de photos de Serge Gainsbourg se cache souvent Pierre Terrasson, photographe accompli et complice de Gainsbourg comme de Gainsbarre, actuellement exposé à la galerie Open Cage de Belleville. retour sur une amitié très « parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

« Serge a remarqué que nous avions le même appareil, un Nikon F2 24mm… »

En 1984, Pierre Terrasson s’affirmait comme une étoile montante de la photographie quand Serge Gainsbourg se contentait d’être un artiste sur la pente descendante à cause de ses excès. La rencontre eut pourtant lieu sans grande difficulté : à l’époque, les deux hommes fumaient chacun trois paquets par jour et avaient une fâcheuse tendance à ne pas sucer que des glaçons en s’adonnant à de longues discussions. D’abord sur la peinture, la première passion de Serge Gainsbourg et qu’il avait en commun avec le photographe, pur produit de l’École nationale supérieure des beaux-arts dans les seventies.

Les deux hommes partagent aussi une passion commune pour la sculpture, la musique classique et évidemment la photographie. « Serge était un bon photographe, un véritable artiste. Lors de notre première entrevue au cours de notre séance de shooting, il a remarqué que l’on avait le même appareil argentique : un Nikon F2 24 mm. Il s’en est tout de suite amusé et a voulu dans la foulée que je le mette en scène avec ! », explique-t-il. De cette rencontre naît une véritable complicité qui s’immortalisera désormais sur papier glacé.
 

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Serge Gainsbourg et Pierre Terrasson © Marc Pataut / commissariat d’Aubervilliers en 1988

En sursis, Serge doit tenir tête à Gainsbarre. Il vient de signer Love on the beat, dix-septième opus enregistré à New York, qui deviendra en quelques mois son disque le plus vendu. L’homme à la tête de choux se perd dans l’abondance. Il accélère le rythme des concerts, en même temps que celui de ses toasts. Il doit apprendre à ralentir le tempo s’il ne veut pas être atteint de cécité, ou tout simplement s’éteindre à jamais. On sait ce qu’il adviendra. Entre deux shows, le poète prend plaisir à poser pour Pierre Terrasson, qui se souvient que « toute la vie de Serge Gainbsourg était une grande mise en scène, [qu’]il n’avait aucun mal à se livrer devant l’objectif ». Une aubaine pour ce photographe, fils de directeur de l’opéra du Rhin, qui aime « trouver un climat particulier » pour ses clichés.
 

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© Pierre Terrasson courtesy Open Cage Galerie

Comme lorsque ce dernier souhaite improviser une séance dans le commissariat d’Aubervilliers, « pour un faux interrogatoire : Serge Gainsbourg tenait absolument que la « Marianne » soit éclairée et trône au-dessus de lui. Voilà pourquoi son buste est surexposé par rapport au corps de Serge ». En 1985, c’est Catherine Deneuve qui avait prêté ses traits à la sculpture, symbole de la République française. Quatre ans plus tôt, le chanteur lui avait même signé un album entier : Souviens-toi de m’oublier. « Il tenait absolument à lui rendre un hommage dans cette série », témoigne encore l’auteur du cliché.
 

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© Pierre Terrasson courtesy Open Cage galerie

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