Rencontre avec Brigitte : « Pourquoi considérer que la sensualité est dénuée d’authenticité ? »

Robes gold fendues à paillettes, lèvres rouges pulpeuses, brushing et franges, Aurélie Saada et Sylvie Hoarau, les deux femmes fatales de Brigitte, jouent à nouveau la carte rétro mais ont délaissé leur style hippy-chic pour un look disco girls.

Le deuxième album de Brigitte, À bouche que veux-tu, revisite les facettes de ce genre musical découvert enfants quand leurs mères dansaient sur les vinyles de Donna Summer, Giorgio Moroder, Chic, ou France Joli. Guitare funky, cuivres, synthétiseur, violon, réverbération dans la voix et chorégraphies : tous les ingrédients du disco sont réunis dans ces 10 titres faits maison !

« Nos chansons sont plus féminines que féministes. »

Certains morceaux du précédent album Et vous, tu m’aimes, sorti en 2011, avaient déjà été réalisés par le duo touche à tout, mais À bouche que veux-tu est entièrement labélisé B.Records, leur nouvel boîte de productions créée pour l’occasion. Ce deuxième album est né naturellement de différentes discussions entre filles, de l’envie d’être généreuse et d’explorer à nouveau cette femme plurielle et ses contradictions… Car c’est bien d’elle dont il s’agit, cette femme féline, câline, coquine, envoutante, sensuelle, garçon manqué, fragile, maladroite, sensible et qui fait craquer LUI

Le résultat est jouissif. À bouche que veux-tu est un hommage piquant et sucré aux divas des années 1970 et à toutes les femmes. Brigitte livre un album « chaud très chocolat », pour citer Joeystarr charmé par le duo depuis la reprise de « Ma Benz ». La tournée débute à partir du 16 janvier et se conclura à Paris les 5 et 6 mai 2015 à l’Olympia. Rencontre.
 

brigitte album bouche veux tu

© Dimitri Coste

Lui. Depuis 2011 et la sortie de votre premier album Et vous tu m’aimes, qu’est-ce qui a changé, qui est Brigitte aujourd’hui ?
Brigitte. Peu de choses ! On travaille avec les mêmes musiciens, la même équipe et le même studio d’enregistrement. On a travaillé de la même manière, à la maison.

Dans cet album, vous revenez avec de nouvelles histoires. On a parfois l’impression d’un « Sex and The City changé »… Qu’en pensez-vous, vos chansons sont-elles féministes ?
Nos chansons sont plutôt féminines que féministes. Elles racontent une femme plurielle, elles parlent de désirs et de plaisirs assumés, de liberté.

À quoi ressemble l’homme moderne selon Brigitte aujourd’hui ?
Est-ce qu’on le connaît si bien, « l’Homme Moderne » ? On n’est pas très clientes des généralités sociologiques. Trop dangereux…

Vous chantez : « Avec ou sans rien dans le slip je suis un garçon comme les autres ». Vous vous adressez aux femmes indépendantes, qui vivent comme leur sexualité comme des hommes ? En taclant au passage la gente masculine ?
On raconte l’histoire d’une fille qui a décidé de garder la tête haute et de ne pas pleurer. On ne tacle personne, au contraire. L’idée était plutôt de mélanger les genres hommes et femmes… de raconter comme on peut se ressembler parfois, quand on est blessé et qu’on tente désespérément de ne pas se laisser submerger par son émotion.
 

 
Dans votre première chanson, L’Échappée Belle, vous parlez d’une aventure d’un soir, des amours passagères. Ce bel inconnu rencontré dans un hôtel, c’est un fantasme ou c’est arrivé ?
Bien vu ! Cette chanson est le récit d’une aventure vécue. Et quel souvenir !

Votre fantasme masculin ?
On a écrit sur le précédent album « cœur de chewing-gum »… C’est dire comme définir précisément notre fantasme est toujours une chose compliquée pour nous…

Parlons de votre sensualité : sur votre compte Facebook, une de vos fans a posté suite à votre prestation dans l’émission Ce soir ou jamais que vous aviez tout misé sur la sensualité au détriment de votre authenticité. D’autres disent qu’elles rêveraient d’être sexy comme vous. Qu’avez-vous à leur répondre ?
Ces réactions furent très intéressantes… Nous ne sommes le produit de personne, nous ne sommes absolument pas dans le calcul de quoi que ce soit, nous défendons la femme libre et plurielle, celle qui est maquillée ou démaquillée, la maman, et la putain, la profonde et la légère, l’ambitieuse et la perdante… Nous aimons les femmes et leur complexité. Pourquoi ce qui est sensuel et féminin fait peur encore aujourd’hui ? Pourquoi considérer que la sensualité est dénuée d’authenticité ?
 

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© Dimitri Coste

Que pensez-vous de l’expression de JoeyStarr, « chaud très chocolat » ? C’est ce que vous vouliez faire ressentir aux hommes, pour qu’ils courent acheter votre album ?
Ah ah ah ! (rires) JoeyStarr est un homme que l’on affectionne tout particulièrement, il a toujours été présent et bienveillant, il a toujours parlé de nous avec des mots justes, il a toujours tout compris à notre démarche…

Quelle est la partie la plus sexy chez vous ? Et chez un homme ?
Chez nous, nos perruques. Chez un homme, l’esprit.

Dans À bouche que veux-tu, on trouve plus de funk, de reggae et surtout du disco. Qu’est-ce-qui vous plaît dans cette musique ?
La sensualité des rythmiques est très présente sur le nouvel album, la production est dense, il y a beaucoup de cordes de cuivres. Nous aimons danser, le disco fait aussi partie de nos nuits ! Nous avons rêvé à des personnages, des héroïnes de film de Brian de Palma. Je me souviens, gamine, avoir trouvé ma mère si belle quand elle sortait en discothèque au tout début des années 80… Cet album est un peu un hommage à toutes ces femmes-là, à leur beauté, leur sensualité, et leur force.
 
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2014 manquait de disco justement ?
L’année 2013 aussi…

Plutôt Gloria Gaynor ou Donna Summer ?
Donna Summer évidemment, parce que Giorgio Moroder, sa sensualité, son pouvoir hypnotique, et midinette à la fois, sa voix, et ses morceaux que l’on pourrait écouter en boucle.

À Bouche que veux-tu, de Brigitte, est sorti chez B. Records.

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