Happy birthday Joker : la blague qui tue a 75 ans [Diaporama]

Le psychopathe le plus dérangé, le plus marquant et bizarre de l’histoire des Comics, le célèbre Joker, l’ennemi acharné de Batman, fête ses 75 printemps… ce printemps. Retour sur le parcours du blagueur des blagueurs, avec François Hercouët, directeur éditorial chez Urban Comics.

Importateur et traducteur officiel de DC Comics en France, et de BD toutes plus pops les unes que les autres (on vous avait parlé notamment de son grand œuvre consacré à Jack Kirby, créateur des 4 Fantastiques et de Captain America, ici), Urban Comics a mis les petits plats dans les grands pour célébrer les 75 ans du Joker.

« On rêve tous un jour de péter les plombs dans les grandes largeurs, non ? »

Au menu : une version collector en noir et blanc du mythique épisode The Killing Joke, dessiné par Brian Bolland sur un scénario d’Alan Moore (l’auteur des Watchmen ou de V pour Vendetta) et, surtout, la sublime anthologie Tout l’Art du Joker, d’où sont extraites les planches ci-dessus et qui dévoile par le menu les secrets et évolutions du très charismatique, très amusant, très dangereux et particulièrement haut en couleurs Joker.
 

jared leto joker

Jared Leto en Joker dans le film à paraître The Suicide Squad (sortie prévue le 17 août 2016) © Warner Bros / D.C. Comics

Tout d’abord, que pensez-vous de la prochaine incarnation du Joker par Jared Leto, du look de l’image qui vient d’être révélée ?
Il est encore un peu tôt pour se prononcer. Plus que le physique (à titre personnel, je ne suis pas très fan de l’image promo diffusée), c’est le jeu d’acteur et son langage corporel qui valideront cette nouvelle incarnation du Joker. Pour avoir vu récemment Dallas Buyers Club, je fais confiance à Jared Leto pour prendre pleinement possession du rôle.

Comment, historiquement, le Joker s’est-il imposé, d’abord dans l’univers DC, puis au-delà ?
À l’origine, le Joker, comme tous les criminels qui croisaient le chemin de Batman et Robin à l’époque, n’était pas censé survivre à l’épisode. Une règle contre laquelle s’éleva l’éditeur de l’époque qui a sans doute compris le potentiel du personnage.

« Le clown inquiétant des années 40 s’est assombri au fur et à mesure jusqu’à tuer Robin à grands coups de pied de biche dans Death in the Family. »

Comme Batman, sa longévité peut s’expliquer par sa capacité à s’adapter à son époque. Du clown inquiétant des années 40 à 60, il s’est assombri au fur à et mesure des années 70 jusqu’à assumer pleinement sa nature criminelle au milieu des années 80 avec The Killing Joke d’Alan Moore et Death in the Family, récit dans lequel il tue Jason Todd (le deuxième Robin « historique ») à grands coups de pied de biche. Quant à sa popularité au-delà des comics… comme Batman incarne la perfection faite homme, un rempart de justice, le Joker, c’est un peu vous et moi après une journée particulièrement pénible. On rêve tous un jour de péter les plombs dans les grandes largeurs, non ?

Parlez-nous de VOTRE Joker. Comment le voyez-vous, le rêveriez-vous sur grand écran ?
Ah ah ! Vous me demandez de re-créer le personnage ? Pas facile comme question… Je botterais en touche en vous donnant ma version idéale du personnage qui n’est pas sur grand mais sur petit écran. J’ai une affection toute particulière pour le Joker de Bruce Timm et Paul Dini, doublé en version originale par Mark Hamill (qui lui prête également sa voix dans les jeux vidéos de la série Arkham Asylum). Il synthétise les versions comiques et inquiétantes développées auparavant.
 

 
Le Joker semble au moins jouir de la vie, lui, contrairement au sociopathe Bruce Wayne… Non ?
Vous parlez de ce personnage qui rêve de tuer un jour Batman tout en étant conscient que la mort de son ennemi pourrait signifier sa propre fin ? Drôle de vision du bonheur… (Rires). Quel serait alors intérêt de jouer tout seul au jeu du chat et de la (chauve-) souris ? Disons que s’il s’éclate, c’est surtout dans la réalisation de ces stratagèmes et pièges insensés qui, il le sait, finiront toujours par échouer. Le Joker n’a qu’une obsession : exister aux yeux de Batman, le seul qu’il juge digne de lui tenir tête. Il s’agit d’une relation exclusive dans laquelle même la sympathique Harley Quinn peine à trouver sa place…

Comment avez-vous perçu la prestation de Heath Ledger dans The Dark Night de Christopher Nolan ? Elle est celle qui semble avoir le plus marqué les esprits…
Il y a tout de même eu une évolution entre l’interprétation comique (et moustachue) de Cesar Romero dans la série live Batman des années 60 et le très excentrique et surtout mortel Jack Nicholson. C’est du moins la version qui m’a le plus marqué… jusqu’à celle d’Heath Ledger, effectivement. Ledger a su capter le côté chaotique du personnage, l’antithèse parfaite du Batman réaliste et pragmatique filmé par Christopher Nolan. Face au plus grand détective du monde, l’homme qui a un plan pour chaque situation, il fallait une force brutale, totalement imprévisible et mue par une absence d’idéal. Ledger a tapé assez juste, à mon sens.
 

 
Un gag, une réplique, une planche ou une aventure culte ?
L’histoire culte serait justement l’aventure intitulée Mad Love dans laquelle la relation entre le Joker et Batman est décrite en creux par une Harley Quinn désespérée d’intéresser un jour Monsieur J autant que l’homme chauve-souris. Au rayon des histoires cultes, il y a bien sûr The Killing Joke, ou comment Alan Moore établit dans toute sa complexité la relation du criminel au justicier, en une petite quarantaine de pages. Une version dont la conclusion fait encore débat aujourd’hui. Par exemple [ATTENTION, SPOILER EN APPROCHE !], le scénariste Grant Morrison interprète les dernières pages du récit comme la mort symbolique et littérale du Joker par la main de Batman.[FIN DU SPOILER]. Côté « gag » visuel, il y a cette scène tirée du Batman #215 dessinée par Neal Adams, dans laquelle le Joker compare son sourire à celui, carnassier, du requin qui nage dans son aquarium géant. À défaut d’être tordante, elle a durablement marqué le gamin que j’étais à l’époque.
 

TM & ©2015 DC Comics. All rights reserved. Urban Comics pour la version française.

TM & ©2015 DC Comics. All rights reserved. Urban Comics pour la version française.

Tout l’art du Joker, The Killing Joke version collector, The Joker Anthologie et de nombreux épisodes de l’homme aux cheveux verts sont parus en français chez Urban Comics.
Plus d’infos sur leur site Internet, ici.
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