Johnny Rotten se livre (mais ne se rend pas) !

Pour le deuxième tome de sa biographie, révisez votre Johnny Rotten avec l’abécédaire Lui.

Insoumis, depuis 58 ans. De son enfance misérable dictée par la privation à son repli sur la côte californienne en passant par ses nombreuses pérégrinations musicales, du punk au reggae, John « Rotten » Lydon n’a jamais lâché sa fureur. Celle de vivre à contre-courant d’une société dirigée par le spectacle et la bien-pensance. Dans La rage est mon énergie (éd. du Seuil), Johnny le Pourri conte en plus de 700 pages l’histoire d’une révolte sociale dans le royaume des révoltés. En se portant, bien malgré lui, garant du punk dans les seventies, mouvement qui avait réussi à germer sur les ruines de la Seconde Guerre Mondiale et les projets de reconstruction Tchatcherisants.

Mais même après quarante années passées, l’homme à la coiffure péroxydée continue de lancer ses diatribes, le feu au ventre, à qui veut bien les entendre. Que ce soit sous l’égide de PiL, son dernier groupe aux frontières du reggae, du rock et du disco ou bien en tête-à-tête avec Nora Foster, sa femme depuis plus de trente ans, avec qui il partage sa vie entre Londres et Los Angeles. Fidèle à ses principes, le roi déchu de la contre-culture britannique publie aujourd’hui le second volume de ses mémoires, lui qui faillit pourtant ne plus jamais se souvenir. « Who’s the fuck Johnny Rotten ? ». Réponses dans le Rotten Dictionnaire à 7 entrées et 5 vidéos.
 

Johny Rotten autobiographie

© TORU KOGURE

Chant. Le chant n’a jamais été la force de Johnny Rotten. Et il suffit d’écouter des célèbres titres des Sex Pistols en live, comme « God save the queen » ou « Anarchy in the UK », pour s’en persuader. Dans son enfance, alors qu’il fréquentait un collège catholique, il apprend à maîtriser l’art du non-chant pour ne pas se faire enrôler dans la chorale. En chantant, par exemple de fausses notes volontairement, histoire d’être écarté de tout contact humain avec les prêtres. «Si j’étais au courant des abus sexuel ? Un peu que je l’étais, putain ! C’est dans leurs mœurs ; ils ferment les yeux et ils se protègent. (…) Le plaisir de chanter a été éradiqué chez moi à cause de ces foutus curés. Imaginez ma joie quand j’ai fini par rejoindre les Sex Pistols et changer le monde avec eux – une vengeance absolu ». Et si en réalité Johnny Rotten est retenu comme chanteur et leader de ce groupe de punk, en 1975, c’est avant tout grâce à son look vestimentaire plutôt qu’à la subtilité de sa tessiture.
 

 
Dent. Ce qui inspira le surnom de John Lydon lors de son entrée dans le groupe. « À l’époque où j’ai intégré les Pistols, à la seconde où j’ai souri, j’ai entendu : « Oh, mon Dieu, matez-moi ces dents! » C’est Steve Jones qui a fait : « Oh beuurk, t’es tout pourri ! » Du coup, tout le monde m’appelait « Rotten », « pourri », et le surnom m’est resté à vie ! ». D’ailleurs, à l’âge de 13 ans, John Lydon est victime d’un terrible mal de dent et doit se la faire extraire en urgence. Mais la dentiste, en l’arrachant, éclate un vaisseau sanguin et il manque de mourir d’une hémorragie. « Depuis ce jour, en haut à gauche, j’avais un énorme trou entre les dents, puisqu’elle avait aussi arraché une bonne partie de la gencive. J’ai découvert que je pouvais faire des bruits de dauphin en aspirant l’air à travers ma cavité. (…) J’ai utilisé ce bruit sur « Submission » la chanson des Sex Pistols – le chuintement au moment du pont vient de là ».
 

 
Épingle à nourrice. Accessoire bien connu de la provocation punk. Johnny Rotten les utilisait bien avant la création des Sex Pistols car les vêtements qu’il portait, dessinés et créés par Vivienne Westwood, patronne de la boutique Sex à l’époque, n’était pas faits pour durer et ils se déformaient au premier lavage. « Sur tout ce que je portais, j’avais toujours une série d’épingles à nourrice qui pendaient du col. Elles étaient là, au cas où, comme une trousse à outil d’urgence pour les fois où les fringues de Viv’ partaient en lambeaux ». Avant que l’une d’entre elle ne vienne épingler le nez de la reine d’Angleterre sur un poster du groupe, histoire d’assurer une certaine promotion de leur célèbre God save the Queen. Et que les tabloïds et les tribunaux veuillent condamner Johnny Rotten au silence.
 

 
Los Angeles. Terre d’adoption de John Lydon depuis plus de 25 ans, avec sa femme Nora Foster. «Disons-le : le look punk, c’est bon pour les climats plus froids. Quand t’es en tongs et en short, c’est très dur d’avoir l’air révolté. Même si je déteste ces putains de tongs, trouvez-moi un gamin de la classe ouvrière qui dirait non à des hors-bord et à du soleil (…) C’est en Californie que j’ai pris goût à la nature. J’ai développé mon amour de la faune et la flore». Et ce malgré ses nombreuses allergies liées au pollen. Johnny Rotten partage encore aujourd’hui son quotidien entre les plages américaines du littoral pacifique et le temps brumeux de Londres, après vécu pendant un temps à New York.

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