Galerie : dans l’atelier d’Alex Varenne

Amateurs de BD érotique, réjouissez-vous : après bien dix ans consacrés à la peinture, Alex Varenne revient à la BD. Son érotisme joyeux et ludique fait 215 pages et s’appelle La Molécule du Désir.

La Molécule de désir : 215 pages de bonheur… Et plus, car affinités.

Dans ce très beau livre aux éditions Page 69, Olga Steiner travaille pour le compte d’un laboratoire en quête de profit. Le fruit de ses dernières recherches, la Molécule du Désir, est capable de réveiller la libido des hommes comme des femmes. Après des essais concluants sur des animaux, le produit s’avère si puissant que jusqu’aux personnes qui s’approchent de la victime éprouvent un désir soudain de faire l’amour.
 
La Molécule du Désir par Alex Varenne

L’auteur maîtrise à merveille sa palette chimique : érotisme et humour y font un peu plus que bon ménage, à ce niveau-là, ils couchent ensemble ! Même si cette BD affiche généreusement seize chapitres, on ne peut que s’empêcher d’en redemander… Et on ne dirait pas non à une boîte de pilules vendues avec l’ouvrage. Auteur d’une trentaine d’albums admirés, il nous a ouvert les portes de son atelier. Accueil tout sourire. Au cadran de sa montre, deux aiguilles tentent, plusieurs fois par jour, de caresser les cuisses d’une bien séduisante pin-up.

Varenne et le travail… pour adultes
Lui. Ça vous manquait La BD ?
Alex Varenne.
C’est un moyen d’expression très riche, fait d’univers forts, aux croisées du cinéma et la littérature, et puis on peut créer nos personnages. Yumi (l’assistante du professeur Olga Steiner) est un personnage que j’ai créé dans les années 90, dans une revue qui s’appelait Geisha. L’éditeur m’avait demandé de faire des petites histoires chaque mois, c’est pour cela que le personnage est une Japonaise. J’aime bien leur physique… Pour Yumi, j’ai pris un modèle parmi les quelques filles qui posaient pour la revue…

Donc, vous avez croqué Yumi ?
Croqué, mais pas dans tous les sens hein… (rires)
 
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C’est le terme, non ? Comment procédez vous ?
En une après-midi je prends environ 500 photos. Les poses me donnent toute la gestuelle du personnage, que ce soit en train de boire, en train de fumer, ou toute autre activité liée au quotidien. J’ai toujours travaillé avec des modèles, ça rend le personnage plus vivant, et il y a des poses que l’on n’invente pas.

La molécule du désir… C’est la pilule du bonheur ?
Je ne sais pas si c’est la pilule du bonheur pour les hommes, parce que ça les met un peu dans un état de dépendance par rapport à l’objet convoité…

Avec ce produit, plus personne n’est en mesure de se contrôler…
(Rires) C’est le propre de toute la chimie moderne, quand on prend certains médicaments, on n’est plus soi-même…

Halte à la timidité !
Dans cet album on touche aussi à d’autres thème, comme celui de la lutte du pouvoir
Oui un petit peu, c’est vrai.

Mais qui détient vraiment le pouvoir ?
Au départ, c’est le laboratoire qui pour augmenter son chiffre d’affaires travaille sur un nouveau type de produit. Mais sa puissance inquiète le PDG, qui trouve cela bien trop dangereux. La situation se renverse quand une femme récupère le dossier et l’utilise pour dominer, et mettre les hommes en infériorité…

Dans La Molécule du Désir, chaque chapitre est lié à une sorte de code, de schéma de la littérature érotique (ou du cinéma porno), comme la scène entre filles, la scène interraciale, la scène à plusieurs…
En fait, l’érotisme est fait de beaucoup de clichés et il ne faut surtout pas en avoir peur, on fonctionne tous de cette manière. En tout cas je n’y réfléchis pas avant, et c’est surtout mon propre érotisme que je mets en scène… Si cela me fait bander, j’espère que cela fera aussi bander les autres !
 
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Mais alors, le jour où vous ne banderez plus, vous arrêterez ?
(Rires) Mais il bande encore ! J’ai beaucoup d’inspiration, cela ne me fait vraiment pas peur. Le jour ou la mécanique ne fonctionnera plus, je pourrai toujours dessiner. Ma libido cérébrale passera dans mes dessins. L’inspiration érotique est bien plus forte que l’aspect mécanique. Dans sa vie, Sade a passé 27 ans en prison… et cela marchait quand même !

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