Petit guide de la rencontre amoureuse

Tour d’horizon des moyens de faire des rencontres pour bien commencer l’année !

Si vous en avez marre de Tinder, Happn et autres applis de rencontres instantanées, rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls.

Car comme d’habitude —et malgré toutes les histoires qu’on peut se raconter— ce sont les filles qui décident et il semble que le supermarché du sexe que sont devenues ces applis géolocalisées ont les défauts de leurs qualités : comme le disait un certain philosophe post-moderne, « avec un grand pouvoir viennent de grandes responsabilités »… Et dans le monde de la rencontre en ligne viennent beaucoup de messages et photos non sollicitées, de mecs qui la jouent sûrs d’eux sans l’être (l’inverse est souvent moins vrai) et le constat que l’ambiance générale nuit à l’idée même de rencontre. De RENCONTRE. De prendre le temps de se découvrir, d’apprendre à s’apprécier —et seulement peut-être à s’aimer. Idéales pour s’amuser le temps d’un soir ces applis de rencontre tiennent difficilement la longueur au-delà.

Oui, on parle de rencontres amoureuses

Depuis quelques semaines, tout Internet ne parle plus que de ONCE, l’appli de slow-dating qui vous propose une et une seule rencontre par jour. La recette miracle ? Pour les filles sûrement, à en croire les premiers témoignages… Mais d’après nos premiers tests à nous, on tombe radicalement sur l’effet inverse… En un mois de test, l’appli n’a jamais proposé une femme de moins de 32 ans à Jean-Pierre, notre célibataire-en-chef, qui cherche avant tout juste en-dessous, (tout lassé qu’il est de se voir demander au bout d’un mois de dating ses plans concernant d’éventuels enfants…) « Si au moins elles étaient jolies… », a-t-il précisé avant de retourner refaire son profile Adopte Un Mec… Ouch.


 
Heureusement, votre magazine préféré est fait par des gens qui ont de la mémoire (rappelons que Lui est né originellement en 1963), et se rappellent l’époque de ce qu’on appelait les agences matrimoniales. Et si la solution aux problèmes de Jean-Pierre se trouvait —attention au choc— dans la vie réelle ? Non, on ne parle pas quand même de retourner draguer au bal ou de croire qu’on va se cogner au coin de la rue comme par hasard avec la seule et unique âme sœur qui vous attend elle aussi, mais des bonnes vieilles agences matrimoniales. Le mot fait quand même un peu peur. Heureusement, le métier a évolué, à en croire la fondatrice de l’agence de rencontre haut de gamme baptisée Esther Keller, du nom de sa fondatrice.

Cette dernière commence cash : « Nous, on est payants ! Parce que le fait de payer implique un engagement de part et d’autre. De notre part, bien sûr : nous sommes payants parce que nous ne nous contentons pas de proposer des profils, nous prenons aussi le temps de connaître les clients, de faire des entretiens approfondis avec elles ou eux pour savoir ce qu’ils recherchent vraiment, de faire du coaching de séduction, de « débriefer » les rendez-vous… Mais cela implique aussi nos clients, qui s’inscrivent dans la démarche de la rencontre de manière plus impliquée. Car faire une rencontre, malheureusement peut-être, c’est un tout petit peu plus compliqué que « swiper » des profils à la chaîne… »

La rencontre en vrai, en ligne, et au-delà !

Si tout le monde n’a pas les moyens de se diriger vers le service personnalisé de rencontre haut de gamme, d’autres entrepreneurs essaient de miser sur l’entre-deux, le mi-chemin entre les supermarchés du sexe évoqués plus haut et le service luxe à la Esther Keller (un véritable plan média de petites annonces, un budget de recherche illimité et international, une assistante et un site personnel pour son plus récent service, l’abonnement « Private »). Ainsi, les petits malins de Tutti Flirty misent de leur côté sur la vidéo. Finies, les photos qu’il faut aller chercher dans ses vieux carnets Facebook, les déceptions lors de la rencontre « en vrai » et les trois blagues récurrentes sur le descriptif. Voici le temps de la vidéo 10 secondes où l’on se présente et s’envoie des « flirts » (Michel Delpech n’est donc pas mort !) permettant d’éviter le harcèlement. Certainement beaucoup plus efficace pour se faire un avis sur une personne que les albums photos volontairement mal éclairés ou les selfies à bouche de canard dans sa salle de bains.


 
Entre les applis plus focalisées sur le social, ou l’on cherche tout simplement à faire des rencontres « en général » (comme Blendr ou Zoosk), les rencontres à l’aveugle de CrazyBlindDate ou les déclinaisons pour montres connectées comme celle de Lovoo, il est certain que la rencontre en ligne n’a jamais été plus simple… Et reste pourtant, on ne va pas se mentir, toujours aussi compliquée. Pourquoi ? Là encore, Esther Keller a une petite idée sur la question. « Le problème des hommes, du moins de beaucoup d’hommes parmi ceux qui me consultent, c’est qu’ils n’arrivent pas à sortir de ce que j’appelle le « butinage », l’impossibilité à se décider, en vertu d’une impression selon laquelle la prochaine sera toujours mieux. Et beaucoup d’hommes butinent de la sorte, tournent, essaient, repartent et au fond ne trouvent personne. Si j’avais un conseil à donner à vos lecteurs, ce serait de vraiment se méfier du butinage, car j’ai vu beaucoup d’hommes qui, en procédant ainsi, ont fini par se retrouver dans un véritable désert affectif, ne croyant plus vraiment en la rencontre, en l’amour lui-même. Et on le sait bien : il est toujours plus difficile de sortir du désert que d’y entrer… »

Quand on a rapporté cette conversation à Jean-Pierre près de la machine à café, il a secoué la tête d’un air désolé. Des copains dans le désert affectif, il en connaît, « plein ». Lui ne se voit pas comme ça, dit qu’il n’a pas « renoncé », même s’il y pense, « souvent ». À dire vrai, on avait bien l’impression qu’il avait renoncé, à sa manière. Mais non : « Je n’irai pas jusqu’à dire que j’y crois encore, mais de là à renoncer, à ne pas essayer, à ne pas faire un peu de charme, et à ne pas faire gaffe à moi… Certes, ça fait dix ans que je me dis que j’ai une « dernière chance », et alors ? Si je renonce aujourd’hui et que la dernière chance en question était juste après ? On n’a qu’une vie, il faut la vivre jusqu’au bout ! ».

Ça tombe bien : autour de nous, pas mal de couples se séparent… Pour l’instant les filles n’ont pas trop la tête à la rencontre, mais ce cœur tendre de Jean-Pierre qui connaît le vrai prix de la rencontre pourrait bien leur faire redécouvrir la beauté des jours en complices. On va lui présenter quelques personnes. Il y en a plein. C’est au moins à ça que servent les applis gratuites, à le rappeler et le confirmer : il y en a plein.

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