ÉROS ET L’ART. LA SÉLECTION DE ARTSPER

Le nu dans l’art a pendant des siècles été circoncis à une représentation mythologique. Puis il y a eu Courbet, et sa suggestive toile Le sommeil, mais aussi Manet, avec son Déjeuner sur l’herbe. Au XXIème siècle le corps sexualisé ne laisse plus place à la suggestion. Aujourd’hui, de nombreux artistes exploitent, interrogent la portée sexuelle du nu dans des oeuvres où rien n’est caché. Dans quel but ? À l’heure où l’on peut tout montrer et où l’exhibition de la sexualité ne choque (presque) plus personne, Artsper s’interroge : pourquoi peindre, photographier, capturer le nu dans ses aspects les plus explicites ?

Helmut Newton : le précurseur

Il y a eu un avant et un après Newton. Le photographe d’origine allemande a bouleversé le monde de la mode avec son univers fortement sexualisé. Contre ce qu’il appelle la « normalisation du regard », Newton invente le porno-chic, un style de prise de vue où la sophistication, le fantasme et surtout la femme, dominent. Il provoque autant qu’il fascine, comme lorsqu’il met en scène en couverture de Vogue une femme en soutien-gorge noir à quatre pattes sur un lit, une selle Hermès sur le dos…

"Interior", Nice, 1976 © Helmut Newton.

« Interior », Nice, 1976 © Helmut Newton.

Sexualiser le corps

Saturno Buttò lui s’inspire des nus sacrés, qui pour lui, même sous couvert de récit allégorique, recèlent une puissance érotique. Il en fournit une interprétation personnelle dans ses oeuvres en clair-obscur, où il accentue cette dimension érotique jusqu’à une sexualisation du corps, opposant érotisme et souffrance à la transgression et l’extase.

"Leda's Breath Control", 2016 © Saturno Butto.

« Leda’s Breath Control« , 2016 © Saturno Butto.

La sexualité : un sujet comme un autre

Pour Amine Oulmakki en revanche, le sexe est un sujet comme un autre, prétexte à une exploration de l’instant, de l’intimité de la nuit, comme il peut le faire à travers d’autres mises en scène. En effet, la marque de fabrique d’Amine Oulmakki, c’est la mise en scène décalée, presque surréaliste, de ses sujets. Hors de l’espace et du temps, la sexualité y est davantage un fantasme esthétique, signe qu’aujourd’hui le sexe n’a plus grand-chose de tabou, dans l’art comme dans la vie.

"Intérieur/nuit/Salé", 2016 ©Amine Oulmakki.

« Intérieur/nuit/Salé« , 2016 © Amine Oulmakki.

Les artistes, témoins de la marchandisation du désir

Fins observateur de la société qui les entourent, les artistes se sont également emparés de la marchandisation du corps, du sexe et du désir. Chez le photographe Mario A., cette réflexion prend la forme d’une série, « Ma poupée japonaise », où le photographe s’interroge sur le rôle et la perception du corps de la femme au Japon. La femme, transformée en objet de consommation qu’est la poupée, est « comme une marchandise offerte sur le marché du désir ». Chez Nathalie Daoust, cette marchandisation est traitée au prisme photojournalisme. Pendant deux ans, la photographe a documenté une série de clichés réalisés dans le quartier rouge de la capitale japonaise, montrant le quotidien des prostituées nippones.

"Hiromi", 2009 © Natalie Daoust.

« Hiromi« , 2009 © Natalie Daoust.

"Ma poupée japonaise #33", 2000 © Mario A.

« Ma poupée japonaise #33« , 2000 © Mario A.

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