Massacre à la tronçonneuse : retour sur film culte

Pourquoi tant de bruit pour la ressortie cinéma du chef d’œuvre de Tobe Hooper? Parce que Massacre à la Tronçonneuse est l’un des meilleurs films d’horreur de tous les temps. En voici les raisons, avec l’aide du réalisateur.

Massacre à la Tronçonneuse a 40 ans et toutes ses dents… très affûtées.

Le film est un conte, où de jeunes gens se font décimer par un croquemitaine. Pas nécessairement réel donc, mais touchant à des vérités profondes. Et, tout simplement, une expérience de terreur et de malaise inégalée. Une bande de copines et copains en vadrouille au Texas y tombent dans les griffes d’une famille de bouchers cannibales dont le membre le plus mémorable est Leatherface, un géant mutique affublé d’un masque en peau humaine.

Un méchant — c’est plus compliqué, on y reviendra — qui n’a rien à dire. Pas du genre à vous expliquer pourquoi il est fou en vous laissant le temps de sortir votre couteau de votre poche !
 
Massacre à la tronçonneuse version restaurée

C’est donc à la voix off de nous préciser au début du film qu’il s’agit d’un fait divers avéré… Sauf que c’est faux. Tobe Hooper s’est certes inspiré du serial killer « fifties » Ed Gein, autre nécrophile anthropophage et écorcheur notoire. Mais il avait surtout à cœur de dépeindre une certaine réalité, celle des États-Unis pendant la Crise des années 70:

« C’est un film honnête, un reflet de son époque. Sur la pénurie d’essence, sur le Watergate et la perte de confiance d’une nation. C’est un film sur des gens à qui on a pris leur travail (la famille de Leatherface) et qui vous font un barbecue en vous trompant sur l’origine de la viande. Un personnage y dit même : « éteins les lumières, tu vas gâcher du courant ».
 

Massacre à la tronçonneuse version restaurée

VORTEX INC. / KIM HENKEL / TOBE HOOPER © 1974 VORTEX INC. Tous droits réservés.

Grand message mais petits moyens. Hooper, alors caméraman pour des documentaires, doit tourner avec un budget de crise (moins de 300 000 dollars), des inconnus et de façon intensive, pendant un mois, sept jours par semaine, une dizaine d’heures par jour, un peu au milieu de nulle part.

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