Paris : attention, ça tourne !

Avis aux adorateurs du septième art : le Paris Image Trade Show ouvre ses portes du 28 janvier au 6 février 2016. Les futurs lieux de tournage y passent notamment leur casting le 2 et le 3 février au Carreau du Temple. Pour être à jour, Lui vous propose une rétrospective des films ayant mis en scène la capitale.

Alfred Hitchcock, Stanley Donen, Christopher Nolan, Quentin Tarantino… Ces metteurs en scène d’exception ont écrit les plus belles pages de l’histoire du cinéma… Et de la capitale française. Les grands d’Hollywood sont quasiment tous passés dans ses rues, caméra à la main. Alors que le monde s’identifie au rêve américain, Paris fait rêver… les Américains.

Dès les années 1950, la ville devient l’idéal du décor de cinéma. En effet, lors de la crise hollywoodienne causée par l’apparition du petit écran, les réalisateurs doivent innover pour attirer à nouveau les spectateurs dans les salles obscures. Ce retournement met fin aux façades en carton-pâte et introduit les tournages « out location » (en extérieur).

Place Gaillon et le restaurant de Depardieu

La place Gaillon et le restaurant du film L’Étau d’Alfred Hitchcock, © DR

Pour le spectateur, Paris tient d’une évidence à l’image. Ses monuments historiques et ses grandes avenues ont enivré de multiple artistes, saisis par ce paysage urbain atypique d’une ville qui se veut universelle.

Entre les Champs-Élysées, la place Gaillon ou encore les toits du Théâtre de la Ville, le Directeur Général de la Commission du Film d’Île-de-France, Olivier-René Veillon, nous dépeint les souvenirs de tournage de cinq films réalisés à Paris. Une balade dans le temps et dans les rues de la capitale pour y découvrir ou revoir les décors des plus grands classiques du cinéma français et hollywoodien.

L’Étau de Alfred Hitchcock

Sir Alfred Hitchcock n’avait pas volé son embonpoint ! Il aimait la bonne cuisine. Lorsqu’il venait à Paris, il avait ses habitudes, comme au restaurant Chez Pierre de la Place Gaillon (racheté par Gérard Depardieu, il y a quelques temps). Il a été charmé par le décor et l’ambiance de cet endroit. Dans le respect des mœurs hollywoodiennes, Hitchcock a placé une grue pour tourner la séquence de la scène inaugurale de L’Étau.

La particularité de cette séquence, c’est le plan d’ensemble pris par la caméra en haut du mât et la plongée qui s’ensuit en direction de la petite fenêtre du restaurant, pour venir au plus proche des personnages.

Inglourious Basterds de Quentin Tarantino

Avec Inglourious Basterds, Quentin Tarantino atteignit probablement le sommet de son art (comme le souligne joliment la toute dernière réplique du film…). Ce long-métrage séminal (vraisemblable point de bascule de son univers alternatif, dans lequel, au fond, le cinéma sauve le monde) se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale, à Paris pour une grande partie.

Dans le XVIII° arrondissement, il tourne une scène mythique, que l’on qualifiera d’ « embarrassante », au Bistrot de la Renaissance : dans le restaurant, l’officier SS Fredrick Zoller tente de draguer Shosanna Dreyfus, juive et résistante française.

Funny Face de Stanley Donen

Fred Astaire descend les Champs-Élysées en chantant « Down the Champs-Elysees »… Pour suivre l’action de la scène, il a fallu produire un long travelling, ce qui était très compliqué avec les caméras Mitchell de l’époque. D’où l’idée avant-gardiste de Stanley Donen, de la disposer sur un véhicule afin d’exécuter son mouvement de caméra rêvé, pour mieux accompagner Fred tout le long de la séquence.

La fluidité du plan, exceptionnelle, a inspiré Woody Allen pour son film Midnight in Paris.

Inception, de Christopher Nolan

Le réalisateur a consacré une grande partie des actions du film dans le décor parisien. La scène sur le pont Bir-Hakeim n’a échappé à personne, mais c’est sans doute celle au croisement de la rue Bouchut et de la rue César Franck qui a, plus encore, marqué les spectateurs, lorsque le héros Cobb, interprété par Leonardo DiCaprio, explique à Ellen Page (Ariane) le principe même de l’ « inception ».

Le Café où ils sont assis en terrasse est en réalité un traiteur italien.

Paris nous appartient de Jacque Rivette

Jacques Rivette fait pleinement partie de la Nouvelle vague, aux côtés de Truffaut, Godard ou Chabrol. Dans Paris nous appartient, il fait refléter dans l’objectif un Paris mystérieux, moderne, poétique, tout en gardant les principes du film noir. Rivette avait du mal à monter ce films à la fin des années 50 et ne le termina qu’en 1961. Il nous livre ce panorama culte avec Giani Esposito, sur les toits du Théâtre de la Ville, place du Châtelet dans le première arrondissement de Paris.

Giani sur le toit du théâtre de la ville

Giani Esposito dans Paris nous appartient © Les Films du Carrosse

Retrouvez tout la programmation du salon Paris Image Trade Show, avec de nombreuses surprises, conférences et rencontres, ici.

Et pour connaître les décors des scènes cultes tournées dans la capitale, vous pouvez organiser vos balades personnalisées sur cinemacity.

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