Nos 40 films à voir

40 films à mater ce soir… Et demain !

Voici notre tant attendue liste des 40 films à voir absolument… Mais en fait il y en a 80 car à chaque fois, si vous l’avez déjà vu, on vous propose une alternative : voici les films à voir avant de mourir choisis et commentés par la rédaction de Lui Magazine !

En page 2, les comédies.
En page 3, les inclassables.
En page 4, la science-fiction.
En page 5, l’horreur et la fantaisie.

Grands classiques et thrillers

CASABLANCA (Casablanca, 1942)

De Michael Curtiz. Avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman.
À tout seigneur tout honneur : Casablanca reste le film à voir avant tous les autres, roi des rois et devrait demeurer longtemps sur les sommets de l’art cinématographique. Durant la Seconde Guerre mondiale, les réfugiés européens échouent dans cette ville du Maroc, alors colonisée et donc administrée par la France de Pétain. Ils n’ont qu’un but en tête : s’envoler pour les États-Unis.
 

 
Le film est, tourné en 1942 et la plupart des figurants sont effectivement des réfugiés du nazisme. Les autres acteurs sont des Américains qui vivent, eux aussi et à leur manière, le conflit mondial. Bogart interprète un mercenaire reconverti en patron de boîte de nuit et tripot clandestin. Quand tout à coup surgit l’amour de sa vie, au bras d’un chef de la Résistance échappé d’un camp de concentration.

Absolument mythique, ce chef d’œuvre dont les dialogues furent largement écrits au jour le jour est un vrai miracle dans lequel tout, scénario, dialogues, jeu des acteurs (de tous les acteurs), humour, suspense et romance s’emboîtent magnifiquement.

L’alternative :

LE PORT DE L’ANGOISSE (To have and have not, 1944), de Howard Hawks, avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall.
Encore une histoire de héros mêlé, plus ou moins malgré lui, à la résistance anti-nazi. Le film vit surtout naître l’histoire d’amour entre Bogart et Bacall, et tout le trouble de la rencontre entre ces acteurs inoubliables est imprimé à jamais sur pellicule. En prime, la totalité des films de Howard Hawks devrait garantir aux amateurs de longues heures de passion cinéphile.
 

CLÉOPÂTRE (Cleopatra, 1963)

De Joseph L. Mankiewicz, avec Elizabeth Taylor, Richard Burton et Rex Harrison.
Un film à voir absolument, resté célèbre pour avoir conduit la 20th Century Fox à deux doigts de la faillite. L’histoire d’amour entre la reine d’Égypte, Jules César et son rival Marc Antoine, dont les conséquences géopolitiques se font encore sentir aujourd’hui, tient de Shakespeare pour les dialogues et de James Cameron pour les affrontements, dont une époustouflante bataille navale. Le film dure 4 heures et il est fortement recommandé d’en diviser le visionnage en deux fois. L’arrivée de Cléopâtre à Rome a marqué la culture occidentale à jamais.
 

 

L’alternative :

L’AVENTURE DE Mme. MUIR (The Ghost and Mrs Muir, 1947), de Joseph L. Mankiewicz, avec Gene Tierney et Rex Harrison.
Déjà pour comprendre que, comme il en va de Stanley Kubrick ou de Howard Hawks, tous les films de Joseph Mankiewicz sont des chefs d’œuvre. Mme Muir, c’est Gene Tierney, une femme éprise de liberté à une époque où la condition féminine n’est pas là pour l’aider dans son désir de liberté… Elle emménage, seule, dans une belle demeure au bord de la mer. Seule ou presque : comme le titre anglais l’indique, un fantôme rôde. Le film ne fera cependant pas peur une seconde, même aux âmes les plus sensibles. Il fait juste rire, pleurer et triompher de la mort.
 

LES ENFANTS DU PARADIS (1945)

De Marcel Carné. Avec Pierre Brasseur, Arletty et Jean-Louis Barrault.
Le film français parfait. Jacques Prévert au scénario, Arletty en femme inaccessible. Pierre Brasseur joue le charmeur, coureur, acteur volubile et à l’aise en toutes circonstances ; Jean-Louis Barrault est le jeune homme timide, romantique et amoureux fou. Il y a aussi une femme amoureuse, un comte manipulateur et Lacenaire, l’assassin poète. Tous se croisent, s’aiment ou se jalousent dans le monde bigarré du théâtre —et du mime— populaire du début du XX° siècle. Et au fait, les trois personnages cités sont inspirés de vraies personnes : Lemaître, Baptiste et Lacenaire ont véritablement existé. Le film se contente d’imaginer s’ils s’étaient croisé. « Ah, vous avez souri ! Ne dites pas non, vous avez souri. Ah, c’est merveilleux ! La vie est belle ! et vous êtes comme elle… si belle, vous êtes si belle vous aussi »…
 

 

L’alternative :

LE QUAI DES BRUMES (1938), de Marcel Carné avec Jean Gabin et Michèle Morgan.
Le film qui nous a légué l’un des répliques les plus immortelles du cinéma français —« t’as de beaux yeux, tu sais »— également sur un scénario de Jacques Prévert, est moins épique, mais tout au puissant que Les Enfants du Paradis. Il se situe un cran au-dessus au minimum sur un point : sa photo inimitable, par le grand Eugen Schüfftan. Mais aussi pour son ambiance à nulle autre pareille d’un port qui semble suspendu entre deux mondes. Le sommet du réalisme poétique des années 30 et 40. Un must-see.
 

LE PARRAIN (The Godfather, 1972)

De Francis Ford Coppola. Avec Marlon Brando, Al Pacino et Diane Keaton.
« Le Parrain est un film sur la famille », insiste Coppola dans presque chaque interview. Et en effet, sur fond de guerre des mafias, Le Parrain est un film à voir, qui parle à tous et toutes, non seulement pour la qualité extraordinaire du jeu des acteurs, de la photo, du cadrage, du montage et de la bande-son, mais aussi parce qu’il nous parle de nous, de nos liens à nos familles, qui nous libèrent et nous emprisonnent dans le même temps, qui influencent notre destin quand nous nous croyons le plus libres, qui protègent et étouffent, et dont le nom même prend tant d’importance dans nos vies. En prime, il y a Le Parrain II, incontournable, et Le Parrain III, contournable (mais pas si mal quand même).
 

 

L’alternative :

LE DOULOS (1962), de Jean-Pierre Melville avec Jean-Paul Belmondo, Serge Reggiani et Michel Piccoli.
En 1962, un Français parvient enfin à tourner un long-métrage à la hauteur des films noirs américains. En argot, un « doulos » est un chapeau, mais aussi « un indic »… Ça tombe mal, parce que, s’il y a un « doulos » dans le film, il y a aussi un casse et un butin. Sale affaire…
 

LES AFFRANCHIS (The Goodfellas 1990)

De Martin Scorsese, avec Ray Liotta, Robert de Niro et Joe Pesci.
Inspiré du livre Wiseguy du journaliste américain Nicholas Pileggi, Les Affranchis est aussi près du documentaire embeded dans la mafia new-yorkaise qu’on peut l’imaginer… (On ne peut guère que l’imaginer, cela dit !) On suivra avec passion et compassion l’itinéraire d’un gangster virtuose, comme on le dirait d’un peintre ou d’un violoniste. Le jeune Henry Hill était fait pour être un gangster. Et c’est dans ce monde-là qu’il rencontrera ses meilleurs amis. Et qu’il trouvera un sens, si l’on peut dire, à sa vie.
 

 

L’alternative :

RAGING BULL (1980), de Martin Scorsese, avec Robert De Niro, Cathy Moriarty et Joe Pesci.
Il faut avoir vu au moins un Scorsese dans sa vie ! Inspiré de la vie de Jake LaMotta, 83 victoires dont 30 KO pour 19 défaites et 4 nuls, surnommé « le taureau du Bronx ». Scorsese place sa caméra à hauteur d’homme dans des matchs de boxe filmés comme nulle part ailleurs, le duo De Niro / Pesci trouve son alchimie dès cette première association, le noir et blanc sert à merveille le récit chaotique d’une ascension prodigieuse et d’une chute vertigineuse. Du raide, on the rocks.
 

ERASERHEAD (1977)

De David Lynch. Avec Jack Nance et Charlotte Stewart.
Le premier long métrage de David Lynch, dont le tournage lui aura pris 4 ans de sa vie. Attention, Eraserhead est plus une expérience psychiatrique qu’un film au sens strict du terme. Il arrive fréquemment qu’on pense complètement à autre chose sans vraiment suivre l’histoire, l’esprit vaguement accroché par les scènes et visions parfaitement malsaines et dérangeantes de l’œuvre, qui risquent de déboucler à peu près tout ce que vous avez refoulé dans votre vie… Un film littéralement surréaliste. Il n’y en a pas tant que ça.
 

 

L’alternative :

SALO, OU LES 120 JOURNÉES DE SODOME (Salò o le 120 giornate di Sodoma, 1976). De Pier Paolo Pasolini. Avec Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Umberto Paolo Quintavalle, Aldo Valetti et Caterina Boratto.
Si vous avez décidé de vous faire du mal et que vous avez déjà vu ou n’avez aucune envie de voir Eraserhead, Salò s’occupera de vous. Autant vous prévenir tout de suite : c’est un film extrêmement choquant. Vous vous croyez à toute épreuve ? Croyez-nous, vous n’êtes pas blindé devant Salò. Pourtant, l’expérience mérite d’être vécue.

Cette adaptation du Marquis de Sade prenant place lors des derniers jours du fascisme italien élargit son propos à toute action de déshumanisation de l’autre, au pouvoir de la jouissance immédiate et perverse sur l’autre. C’est au-delà du « film coup de poing », au-delà du poème sombre, au-delà, en fait, d’à peu près toutes les expériences artistiques tentées jusqu’alors. On ne s’en remet pas. Et on a le droit d’arrêter avant la fin.
 

L’ARMÉE DES OMBRES (1969)

De Jean-Pierre Melville. Avec Lino Ventura, Simone Signoret et Jean-Pierre Cassel.
D’après un roman de Joseph Kessel, écrit en 1943, L’Armée des Ombres suit le parcours de personnages de fiction, mais aux personnalités et aux destins particulièrement proches de biens réels héros de la Résistance. Il ne s’agit pas ici d’un film de guerre, plutôt d’une méditation, ou même d’un long cauchemar, sur l’Occupation —quelle qu’elle soit— et ce qu’elle fait aux hommes et aux femmes qui la connurent ou la connaissent. Comment elle bouleverse jusqu’au plus profond de leur être, de leur pensée, de leur manière d’agir… Tout. Il se concentre sur des épisodes précis —l’exécution d’un collaborateur par les héros (qui clairement refuseraient d’être qualifiés ainsi) une fuite à Londres, un parachutage d’armes, le transport d’une radio… Mais aussi l’arrestation, les pelotons d’exécution, les descentes de la milice…

Plus noir que noir, L’Armée des Ombres est un film lent et, même, douloureux à regarder, malgré l’impeccable réalisation de Melville et le jeu de ses comédiens porté à leur plus haut niveau. Un film à voir pour comprendre la Résistance et l’horreur de la collaboration, à condition d’avoir les tripes pour se confronter aux ténèbres.
 

 

L’alternative :

CRIA CUERVOS (1976). De Carlos Saura. Avec Géraldine Chaplin, Mónica Randall et Florinda Chico.
Cette fois, nous ne sommes pas en France dans les années 40, mais dans l’Espagne franquiste des années 70. Là non plus, on n’est pas dans le film de guerre, moins encore que dans L’Armée des Ombres. On ne fait que suivre une famille, trois petites filles orphelines de père, et comment elles vivent, ou survivent, à ce deuil impossible.

Le réalisateur explore toutes les failles que fait naître, exploite ou agrandit, un pouvoir autoritaire sur les esprits. Le résultat en est plus effroyable encore, peut-être, que dans L’Armée des Ombres. Dans le film de Melville, les personnages sont des combattants, plus ou moins volontairement engagés dans la lutte armée. Ici, c’est de l’innocence pure dont on suit les errements : trois gamines touchantes et brisées.
 

WEST SIDE STORY (1961)

De Robert Wise, Jerome Robbins et Leonard Bernstein. Avec Natalie Wood, Richard Beymer et George Chakiris.
Hollywood ! Hollywood dans ce qu’il a de meilleur. Parmi les classiques grosses machines américaines, West Side Story est certainement le film à voir, avant Autant en Emporte le Vent. La comédie musicale transpose l’histoire de Roméo et Juliette dans le New York des gangs. Les Jets (Polonais, Irlandais et Italiens) et les Sharks (Portoricains) s’y affrontent, mais pas pour rigoler. Au milieu de cette guerre absurde et pourtant épique, l’amour va frapper, entre Maria la Portoricaine et sœur du chef des Sharks, et Tony, ancien leader des Jets. L’amour sera-t-il plus fort que la jalousie, la stupidité et la mort ?

La réponse est apportée en une dizaine de morceaux inoubliables aux chorégraphies folles. Même les cœurs les mieux protégés devraient se laisser toucher par cette passion d’une tendresse infinie.
 

 

L’alternative :

LA FUREUR DE VIVRE (Rebel without a cause, 1955). De Nicholas Ray. Avec James Dean, Natalie Wood et Sal Mineo.
Bien sûr, on retrouve ici la si belle et émouvante Natalie Wood, l’Amérique de la fin des années 50, le malaise adolescent… Et l’amour. Mais si les numéros musicaux de West Side permettent d’atténuer la violence du propos, ce dernier est ici si précis, si désabusé sans doute, qu’il devrait toucher tous ceux qui traversent l’adolescence ou n’en sont jamais sortis, tous ceux qui gardent une part du besoin d’absolu qui caractérise cette période de la vie.

L’acteur principal, James Dean, meurt dans un accident de voiture avant même la sortie du film. Pour toujours, il reste le Jim Stark à la veste rouge qu’il incarnait dans ce deuxième coup de maître de Nicholas Ray, après Johnny Guitare, le western dont les héros sont des héroïnes.
 

UN APRÈS-MIDI DE CHIEN (Dog Day Afternoon, 1975)

De Sydney Lumet. Avec Al Pacino et John Cazale.
Inspiré d’une histoire vraie, le hold-up raté de John Wojtowicz et Salvatore Naturile, qui on retenu 9 employés en otage pendant 14 heures. Un Après-midi de chien vous fait vivre, intensément, la claustrophobie de la situation, et presque compatir aux gangsters plutôt minables qui se sont mis dans cette situation : la seule occasion, on vous le souhaite, de comprendre pourquoi et comment on peut ressentir le désormais fameux Syndrome de Stockholm.

En outre, l’événement —et donc le film— eut lieu peu après une mutinerie dans la prison d’Attica, au cours de laquelle 39 prisonniers avaient trouvé la mort. Alors que la contestation des années 60 brûlait ses derniers feux, les policiers new-yorkais n’avaient pas bonne presse, ce qui compliquera d’autant leur travail. Mais plus que l’arrière-plan social, on apprécie son côté étouffant et, surtout, son hyper-réalisme.
 

 

L’alternative :

POUR CENT BRIQUES, T’AS PLUS RIEN (1982). De Édouard Molinaro, avec Daniel Auteuil, Gérard Jugnot et Anémone.
Soyons francs : on peut mourir sans avoir vu ce film, mais c’est justement l’oubli dans lequel il est tombé qui nous pousse à l’intégrer ici. C’est le pendant comique (et français) du précédent. Comme Sonny et Sal, les personnages d’Un Après-midi de chien, Paul et Sam, losent dans les grandes largeurs. L’un vivote comme serrurier, l’autre est en recherche d’emploi. Désespérés, ils décident de braquer une banque, mais tout ne se passera pas comme prévu pour ses deux bras cassés du crime. Barre de rire assurée.
 

UN SINGE EN HIVER (1962)

De Henri Verneuil. Avec Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin et Suzanne Flon.
Alcoolique repenti, Albert Quentin (Gabin) tient l’hôtel Stella à Tigreville, en Normandie. Un soir débarque un nouveau client, Gabriel Fouquet, alcoolique des plus actifs, lui, séparé de sa femme et venu rendre visite à sa fille en pensionnat.

L’histoire va au-delà de savoir si Quentin replongera ou pas dans ses démons. C’est avant tout un récit d’amitié, deux hommes qui ne se connaissent pas mais qu’un même dégoût pour la médiocrité et la mesquinerie humaine réunit. Un goût pour le voyage, la littérature, le rêve, le panache et la joie, contre lequel aucun courant, fut-ce l’amour, ne peut aller. Un merveilleux film empli à ras-bord d’amour et de poésie.
 

 

L’alternative :

LA SCOUMOUNE (1972). De José Giovanni. Avec Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale.
Parce qu’il faut avoir vu Belmondo jeune, et pas seulement dans À bout de souffle, cette Scoumoune s’impose aux côtés d’Un Singe en hiver. Sur la musique envoûtante de François de Roubaix, ce classique immédiat retrace l’histoire d’un truand, de ses débuts jusqu’au bout. Surnommé La Scoumoune pour la malchance qu’il semble porter à ses adversaires, Roberto Borgo nous fait suivre l’évolution de la pègre des années 30 à l’après-guerre et représente l’archétype du « voyou honnête », fantasme cinématographique qui n’a jamais été aussi bien incarné que par Belmondo. Bourré de suspense, de scènes inoubliables et teinté d’un humour discret.
 

L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP (The Man who knew too much, 1956)

De Alfred Hitchcock. Avec James Stewart et Doris Day.
L’Homme qui en savait trop
est le plus emblématique et parfait des Hitchcock. S’il ne faut en voir qu’un, ce serait sans doute celui-là. La scène à l’opéra, époustouflante de maîtrise, a marqué à jamais l’histoire du cinéma. Accessoirement, on y tombe aussi instantanément amoureux de Doris Day (mais on gage que les filles en pincent quelque peu pour James Stewart également !). Pour le reste, on ne vous dévoilera pas un mot de l’intrigue : The future is not ours to see.
 

 

L’alternative :

PSYCHOSE (Psycho, 1960). De Alfred Hitchcock. Avec Anthony Perkins, Janet Leigh et Vera Miles.
Le plus éprouvant des Hitchcock. (On écrirait volontiers « le plus terrifiant », s’il n’y avait Les Oiseaux). Si vous ne l’avez pas encore vu, vous êtes un petit veinard, mais évitez de vous mater ça tout seul le soir au pieu. Le pitch ? Une femme se fait la malle avec 40 000 dollars. Et roulez jeunesse.
 

QUELQUE PART DANS LE TEMPS (Somewhere in time, 1980)

De Jeannot Szwarc. Avec Christopher Reeve et Jane Seymour.
Admettons-le : il n’y a pas tant de films à voir que ça qui parlent d’amour et qui nous plaisent, à nous les hommes. C’est pourquoi il est bon d’avoir une exception. Quelque part dans le temps est de ceux-là. Tiré d’un livre de Richard Matheson, prolifique et génial auteur de nombreux épisodes de La Quatrième Dimension, mais aussi des livres à l’origine de classiques tels que L’Homme qui rétrécit ou Je suis une légende (sans parler d’une quantité astronomique de nouvelles ultra bien balancées), Quelque part dans le temps est une histoire d’amour simple et extrême à la fois, propre à faire repartir la flamme chez ceux qui, trop déçus ou blessés, ne croient plus en l’amour.

Un auteur de théâtre en pleine ascension (Christopher Reeve, impeccable), s’ennuie malgré les succès. Il part quelques jours, s’arrête dans un hôtel de luxe et, pour retrouver la sublime Jane Seymour, parmi les incarnations les plus séduisantes, vivantes et complexes de la féminité qu’on ait vues sur grand écran dans ce rôle d’actrice de théâtre des années 10, se projettera par-delà les siècles pour rencontrer l’amour de sa vie. À regarder avec sa copine ou, si on en n’a pas, seul : il y a de quoi réparer les cœurs les plus abîmés.
 

 

L’alternative :

IN THE MOOD FOR LOVE (Fa yeung nin wa, 2000). De Wong Kar-wai, avec Tony Leung et Maggie Cheung.
Ce chef d’œuvre du cinéma hong-kongais, à la lumière inoubliable et à la bande-son qui marqua toute une génération, projette votre esprit directement dans le corps du héros. Ce n’est pas lui qui tombe amoureux, c’est vous. Ce n’est pas Maggie Cheung que vous aimez, c’est Mme Chan. Contemplatif et mystérieux, il devrait réveiller la clé des songes et des sentiments enfouis. Superbe.
 

LES COMMITMENTS (The Commitments, 1991)

De Alan Parker. Avec Robert Arkins et Andrew Strong.
Parce qu’il y a un moment dans la vie où il faut découvrir la soul music, ou lui rendre l’hommage qu’elle mérite. Les Commitments, c’est un gars qui décide, dans le Dublin des années 80, de monter un groupe de rhythm’n’blues. Tous ceux —et toutes celles— qui ont tenté à un moment ou l’autre de devenir le plus grand groupe du monde pourront se reconnaître dans cette histoire de copains fauchés qui veulent tout éclater, motivés par une bande-son soul jusqu’au bout des ongles. La musique y est, forcément, du feu de Dieu, les acteurs et actrices sont possédés par leur rôle, une humeur toute particulière se dégage de la bobine… Mustang Sally !
 

 

L’alternative :

JIMMY’S HALL (2014), de Ken Loach avec Barry Ward et Simone Kirby… ou n’importe quel film de Ken Loach.
Parce que personne d’autre ne sait filmer, à la fois la misère, la dignité et le courage des démunis, il faut voir au moins un Ken Loach. On a choisi Jimmy’s Hall, son dernier en date, lui aussi situé en Irlande. L’histoire —vraie— est celle de James Gralton qui, de retour des États-Unis, bâtit de ses mains une toute petite salle de danse pour enseigner le jazz. Bientôt, on y apprend aussi la poésie, la boxe, le chant. On y parle littérature, indépendance, socialisme… Le pasteur du village ne voit pas ça d’un très bon œil… Ça va saigner, aimer, danser, faire danser, faire aimer et faire saigner.

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