Ed Banger X All Gone X Smart = Street culture

À l’occasion des 10 ans de l’ouvrage AllGone, La MJC s’est associée au label de musique électronique Ed Banger et à SMART pour une collaboration inédite. Au programme, 10 Smart exclusives aux couleurs des covers « All Gone ». Lui en profité pour questionner Pedro Winter ambassadeur du label de musique et Michael Dupouy, le papa d’AllGone.

Tout commence lorsque Pedro Winter accepte un projet qui ferait la promotion de « La Smart » à travers la Street Culture. Séduit par le concept, l’ambassadeur de Edbanger a naturellement pensé à un ami pour mener à bien sa mission. Ou, selon ses termes : « faire une bagnole avec des logos Ed banger, ça ne sert pas à grand-chose… Par contre, confier le design a quelqu’un qui a une direction artistique, une vision et qui le prouve depuis 10 ans avec All gone, ça me paraissait bien plus cohérent ». Cet homme, c’est Michael Dupouy aussi appelé non sans raison le « gourou de la street culture ». Sa Bible AllGone (made in France) est une référence dans le milieu. Elle recense, analyse et célèbre les objets cultes qui ont marqué ces dernières années. L’occasion idéale car l’ouvrage fête ses 10 ans ce 8 septembre. Edbanger célèbre de son côté une actualité importante en cette rentrée 2016 puisque Cassius vient de sortir son nouvel album et que le duo Justice devrait suivre prochainement. « Alignement des lunes, association de gens » résume le producteur.

©Dominique Fontenay Cover 2014

©Dominique Fontenay Cover 2014

Ces 10 nouveaux modèles présentés correspondent aux nombres d’années de AllGone. Les coloris ne sont bien sûr pas dus au hasard. Chaque cover de l’ouvrage à été adapté à une Smart par la patte du designer suisse Philippe Cuendet (dont on vous parlait déjà ici !). De cette manière, il est possible de mettre en lumière les différentes périodes de la street culture et de ses envies. Explication de l’intéressé : « La street culture, en général, réagit en dichotomie totale par rapport au monde contemporain. Lorsque ce dernier est en crise, il cherche à se réfugier dans des valeurs minimaliste, à l’inverse de cette culture » explique Michael. « Si on prend le panel des dix dernières années, il y a cinq années où on a vécu dans une crise permanente. Résultat, cinq fois du pattern très visible. Or, les cinq premières années on était plutôt dans une époque de croissance généralisée et donc on avait envie de quelque chose de plus minimaliste en étant démarqué en permanence ». Michael confie à Lui que ça sera la dernière année avec du pattern. L’année 2016 sera une transition. Doit-on en conclure qu’une année de pleine croissance économique nous attend ?

Smart by Edbanger

©Dominique Fontenay

Nous avons envie d’y croire et l’homme est bon parieur ! Lorsque AllGone voit le jour en 2006, beaucoup prédisaient la fin du papier… Mais Michael a vite compris que le digital complète le papier bien plus qu’il ne le remplace : « L’objet est consommé différemment… J’ai fait ce bouquin pour redonner du sens à l’histoire, pour que tu puisses revenir en arrière. Quelque chose que Google ne permet pas ! Je l’ai fait pour que tu puisses le collectionner et que tu gardes un objet, quelque chose que tu transmets. Le web ne se transmet pas. Ce n’est pas la même histoire, pas la même chose entre un article que tu digères en 10 sec au WC ou dans un train, et un truc que tu vas ranimer années après années. Si tu demandes à Google ce qui était cool en 2006, tu ne trouveras pas, malgré des heures de recherches. Alors qu’en lisant Allgone tu auras la réponse ».

© MJC

© MJC

Qu’en est-il de l’évolution de la street culture ces 20 dernières années ? C’est LA culture et la scène en expansion, plus que tout autre, devenant aujourd’hui un marché mondial. « Il y a une vingtaine d’années, le rap c’était banni de la moindre boite de nuit, ça passait peu à la radio. 20 ans plus tard, les influenceurs d’aujourd’hui sont ceux qui étaient bannis des défilés, ils sont à présent ceux qu’on invite absolument, qu’on met au premier rang. C’est maintenant la culture la plus consommée dans le monde par les jeunes » raconte Michael. Elle est si ancrée dans le monde contemporain qu’on ne parle plus de « street culture » mais de « pop culture« . « Beaucoup de gens reprochent qu’elle se soit un objet de consommation, car le livre met en avant des produits, donc des marques, et souvent on te dit que la culture n’aurait jamais dû aller dans cette direction . Pourtant, qui dit culture de masse dit produit, dit consommation. Et c’est dommage de s’accrocher à cette valeur de départ ».

Il est important de discerner les bons projets des mauvais. Lorsque que respect, créativité et intelligence sont réunis, pourquoi ne pas accepter de compromis ? On a tous déjà trouvé un chef d’œuvre dans une publicité ou un vêtement qui requiert un travail d’orfèvre ; c’est sur ce point que nos deux amis souhaitent appuyer « On a la chance d’avoir travaillé avec une marque qui nous as donné carte blanche quasi-totale. Les seules contraintes qu’on a eu sont celles de fabrication. On ne peut qu’arriver ici avec le sourire et être fier du final car on n’a pas la sensation de s’être travesti ou d’avoir dénaturé le projet. Je suis ultra fier et j’ai tellement hâte de voir ces voitures dans la rue, avec une personne que je ne connais pas au volant » .

©Dominique Fontenay

©Dominique Fontenay

Chaque modèle est en effet une œuvre d’art : un travail de 100 h en moyenne a été nécessaire à la réalisation. La quasi-totalité des pièces est un travail fait main. L’une d’entre elles a même été recouverte de cuir dans son intégralité (Extérieur/intérieur). Enfin pour la touche musicale, c’est Pedro et son label qui ont travaillé sur le « sound system » ainsi qu’à l’élaboration d’une playlist qui retrace dix ans de street culture au travers de l’univers d’Ed Banger « Qu’on roule longtemps en ligne droite ou qu’on se faufile dans les embouteillages, quel meilleur endroit qu’une voiture pour écouter de la musique  «  souligne t’il.

Un ouvrage difficile à posséder

Aujourd’hui, il n’est pas simple de se procurer le dit ouvrage et Michael reçoit régulièrement des messages à ce sujet. C’est pourquoi les 10 ans d’All Gone ont vu le jour. Ce sera L’occasion pour tous les amateurs de street culture de se procurer un récapitulatif complet de cette page d’histoire, comme le souligne Pedro Winter : « C’est la même chose pour le vinyle, on s’est rendu compte à un moment que ce support a été décrié dans tous les sens, trop grand, trop lourd trop cher à produire. C’est vrai, mais d’un autre côté t’as une pochette magnifique, t’as un son qui est différent. On aura beau tout dématérialiser, un moment il faudra toujours revenir à l’objet c’est l’humain qui veut ça, posséder quelque chose. »

Finalement, la collaboration de Smart, Pedro Winter et Michal Dupouy dépasse le simple événement. C’est l’occasion à chacun de rappeler que le digital peut fonctionner avec le physique. All Gone, comme, disons, un bon numéro de Lui, reste le meilleur moyen de vivre une émotion esthétique. Plus qu’un scroll infini sur Facebook ou un fichier Mp3.

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