Les filles vues par… Le Festival Européen de la Photo de Nu [Diaporama]

Le festival Européen de la Photo de Nu s’ouvre ce 7 mai à Arles. Un tel événement ne pouvait qu’interpeller Lui, heureux de vous présenter dans ce diaporama quelques-uns (et unes) des dizaines d’artistes exposé(e)s que passionne la photo de Nu. Son directeur, Bruno Rédarès, nous en dit plus sur la quinzième édition de cet événement qui mêle artistes débutants et confirmés.

Comment vous est venue l’idée de ce festival ?
C’est un événement né de 2 personnes, Bernard Minier, le directeur artistique et moi-même, le président. Depuis le début des années 90, nous organisions l’un comme l’autre des stages photographiques sur le thème du Nu, sans nous connaître, Bernard habitant en région parisienne et moi dans le Var. Nous avions d’ailleurs deux philosophies très différentes, lui privilégiant le studio, alors que je travaillais le plus souvent en extérieur. Il se trouve que nous avons eu des stagiaires en commun, qui nous parlaient de ce qu’ils avaient appris chez l’autre… Nous sommes entrés en contact… On s’est rencontré et on a sympathisé. Au bout d’un moment, nous avons eu envie d’aller plus loin que l’organisation de simples stages, et avons songé à créer ce festival.
 

Festival Européen photo Nu

© Emmanuel Orain courtesy FEPN

Et pourquoi à Arles ? Et d’ailleurs, faut-il dire à Arles ou en Arles ?
(Rires). Si vous dites En Arles, vous désignez quelque chose à l’intérieur des remparts de la ville. À Arles, c’est plutôt autour. Cela dit, je suis moi-même Arlésien, et je dis plus volontiers À Arles, sans me poser plus de questions.

« Il n’y a pas de mauvais modèles, seulement des mauvais photographes. »

Pour répondre à la première partie de votre question, en raison des Rencontres d’Arles, cette ville est un peu la Mecque de la photographie. Des gens au bout du monde, du moment qu’ils s’intéressent à la photo, connaissent cette ville, alors qu’ils seraient incapables de situer sur une carte de plus grandes villes françaises. C’était donc logique d’organiser au même endroit le Festival Européen de la Photo de Nu.

Faites-vous une différence dans le travail de la plus jeune génération avec ce que vous pouviez voir avant ?
Oui, on a l’impression de voir émerger une nouvelle phase, une nouvelle ère photographique, avec une génération très axée sur la post-production, car bien évidemment née dans le numérique. C’est d’ailleurs une vocation du Festival, que de mettre le pied à l’étrier de jeunes talents, des personnes qui n’étaient pas connues auparavant, et qui peuvent exposer à côté de grands photographes… Je pense par exemple à Louis Blanc, qui a gagné le concours il y a trois ans et qui n’avait auparavant jamais exposé ailleurs. Depuis, il a exposé dans de grandes galeries et revient cette année avec une nouvelle série et, sans aucun doute, une plus grande ampleur.
 

Festival Européen photo Nu

© Arnaud Vareille courtesy FEPN

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes photographes de Nu ?
Déjà, il faut évite de copier sur les autres artistes… On peut toujours être inspiré par d’autres, bien sûr, mais il faut essayer de se forger sa propre image de ce que l’on veut faire et travailler dans ce sens. Ça ne sert à rien d’essayer de trop se diversifier… Je recommande d’ailleurs de travailler le plus souvent possible avec le même modèle : quand on a trouvé celui qui convient bien, c’est intéressant de travailler avec pendant plusieurs années, autant pour le modèle que pour le photographe. C’est plus facile d’avoir des images intéressantes quand les gens se connaissent… Il faut éviter de trop s’éparpiller, rester sur le noir et blanc si c’est votre truc, éviter de trop penser à la post-production mais bien à la prise de vue : quand vous appuyez sur le déclencheur… Si j’appuie, si je prends la photo à ce moment-là, c’est que, en soi, ça va être une bonne photo.
 

Emmanuel Orain photographe Nu

© Emmanuel Orain courtesy FEPN

Quelle différence voyez-vous entre le Nu féminin et le Nu masculin ?
Nous exposons en effet l’un comme l’autre. On trouve plus de Nu féminin, mais ce n’est pas un choix, c’est que, d’une manière générale, on trouve moins de Nu masculin. C’est plus compliqué à traiter, c’est plus délicat… Le féminin, c’est plus volontiers dans les mœurs et les modèles ont plus de facilités à se dévoiler… Si vous regardez les annonces des modèles, vous constaterez que les modèles masculins sont très rares, c’est une très petite minorité…

Avant de vous laisser, avez-vous quelque chose que vous tenez absolument à dire ?
Oui, je voudrais dire que, quand la personne à qui on montre une photo a le réflexe de dire que la femme est belle, on peut pratiquement dire que la photo est ratée. Car c’est à la photo d’être belle… Si c’est une collection de modèles nus, ce n’est pas intéressant. La photo d’identité, en quelque sorte, d’une femme nue, ce n’est pas intéressant, ce qui est intéressant c’est une belle photo sur le thème du Nu… Ou parfois, face à une photo ratée, un spectateur dira : « oh, la fille n’est pas terrible »… Mais il n’y a pas de mauvais modèles, il n’y a que de mauvais photographes. La très belle fille ne fait pas la photo, c’est le sens même de la photo de Nu. Et aussi, ne pas se reposer sur les artifices, bien entendu.

Les artifices ?
Le maquillage, les lumières, les pose lascives… Les peintres faisaient des dessins au fusain, ce n’était qu’un dessin du corps lui-même, et c’était déjà très beau. Tout le reste est littérature…
 
affiche festival européen photo nu

15° Festival Européen de la Photo de Nu, du 7 au 15 mai 2015, Arles / Les Baux de Provence. Toutes les infos sur le site Internet, ici.

Et si vous voulez pratiquer vous-même la photo de Nu, regardez touts nos conseils, ici !

Richard Schroeder, dont nous vous avions parlé là, fait également partie des artistes exposés.

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