Dans la tête des fantasmes

Les fantasmes vus par l’art contemporain en 8 leçons

On reconnait à l’art de nombreuses fonctions : c’est une manière de créer des mondes imaginaires, des univers de rêves, mais c’est également une catharsis, une thérapie. La création artistique permet de trouver un canal d’expression à nos sentiments et nos désirs refoulés. Et dans « désirs refoulés », il y a « désirs »…
Au cœur de la psychanalyse, le fantasme selon Freud est un scénario, dramatisé sous forme visuelle, auquel le sujet assiste ou participe. Le fantasme a foncièrement à voir avec le transgressif et l’interdit.

Les photographes que nos complices d’Artsper ont choisis pour ce tour en images, subjectif, de l’art contemporain, explorent la gamme de nos désirs les plus avoués et inavouables. Des images qui aguichent ou agacent mais qui ne laissent personne indifférent…

Mel Ramos

Né le 24 juillet 1935 à Sacramento, Mel Ramos débute ses études artistiques dans sa ville natale en 1953. Sa première exposition a lieu à la galerie David Stuart en 1965 et il expose en Europe à partir de 1971. Le musée Oakland de Californie lui consacre sa première exposition rétrospective en 1977.
La peinture de Mel Ramos s’inscrit résolument dans le courant pop art. Comme Roy Lichtenstein, il s’inspire au début de sa carrière de l’imagerie des comics américains, en peignant les effigies de Batman ou de Flash Gordon. Le thème de la Pin-up va ensuite devenir récurrent pour lui et il choisit de l’illustrer par des figures qui se détachent sur des fonds dans lesquels se lisent des logos de marques. À partir de 1970, il détourne des classiques de l’histoire de l’art comme l’Olympia d’Édouard Manet ou l’Amour et Psyché de Jacques-Louis David.

Pin up fantasmatique par Mel Ramos

Candy Baby Ruth, 1981 © Mel Ramos courtesy Artsper

Son travail est présenté dans plus d’une trentaine de collection publiques, dont la Smithsonian Institution de Washington, le Guggenheim et le MoMA de New York ou la Hamburger Kunsthalle. À l’occasion de ses 75 ans et des 50 ans du Pop Art, il a fait l’objet d’une grande rétrospective à l’Albertina de Vienne et à la Villa Stuck de Munich.

Artiste du détournement qui refuse la provocation, Ramos voit dans la Californie des 60’s une anticipation de notre civilisation de l’image omniprésente. En multipliant la figuration du corps féminin sans connotation sexuelle mais dans le cadre de publicités détournées, Mel Ramos illustre la dérision des icônes et symboles de la « religion » consumériste (ce qui le distingue au sein du mouvement pop). Par ce biais également, il questionne les vraies-fausses valeurs que la publicité et Hollywood mettent en avant, à commencer par l’émancipation de la femme. Privilégiant la figure féminine et son naturel, il est à la base de l’évolution contemporaine du nu.

Bob Carlos Clarke

Bob Carlos Clarke est né à Cork en Irlande en 1950 et s’est installé en Angleterre en 1964 pour étudier l’art et le design au West Sussex College of Art, où il a pu cultiver son intérêt pour la photographie. Il a ensuite étudié au London College of Printing, avant d’obtenir son diplôme au Royal College of Art en 1975. Selon Terence Pepper, le Commissaire du Département de Photographie à la National Portrait Gallery de Londres, Bob Carlos Clarke est « l’un des plus grands créateurs d’images des dernières décennies ».

Fantasme le corset et la servant

Dream tea, 2004 © Bob Carlos Clarke courtesy Artsper

Il a exploré presque tous les domaines de la photographie et a remporté de nombreux prix pour ses campagnes de publicité, ses reportages photo et ses portraits de célébrités. Son travail est prisé par des collectionneurs du monde entier. Auteur de six ouvrages (The Illustrated Delta of Venus en 1979, Obsession en 1981, The Dark Summer en 1985, White Heat en 1990, Shooting Sex 2002, et Love Dolls Never Die en 2004), Bob Carlos Clarke est mort en 2006. Ses œuvres ont été acquises par de nombreux musées, dont la National Portrait Gallery, National Media Museum for the National Photography Collection, et the Rock and Roll Hall of Fame Museum.
 

Butz & Fouque

Fantasme saphique par Butz et Fouque

Chiki Boom, 2008 © Butz & Fouque courtesy Artsper

Le duo Butz & Fouque (Perrine Butz et Bénédicte Fouque) s’est formé en 2003 à l’École des Beaux-Arts de Dunkerque et a obtenu le DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) en 2005. Butz & Fouque vivent et travaillent à Saint-Omer, France. Elles se présentent avant tout comme un duo de plasticiennes qui utilisent leurs corps et leurs visages comme matières. Elles confrontent le regard du public à la vision du corps de la femme tel qu’il peut être exposé dans la publicité, la mode, mais aussi le cinéma et l’art en général.
 

David Stetson

David Stetson est un photographe né à Londres, où débute sa carrière comme photographe de mode avant de s’installer à New York. Aujourd’hui, il vit et travaille à Tokyo. Son travail impressionnant inclut des portraits de Sophia Loren, Alfred Hitchcock, Rie Miyazawa et la Princesse Diana et il a réalisé des campagnes pour des marques du monde du luxe comme Christian Dior, Givenchy, Guerlain, Guy Laroche, Hugo Boss, Saint Laurent Paris… ou des magazines comme Vogue, Cosmopolitan, Glamour et Harper’s Bazaar.

ƒantasme latex par David Stetson

Jones, 1993 © David Stetson courtesy Artsper

Son travail artistique a été exposé à de nombreuses occasions par des galeries de Londres, New York, Tokyo, Singapour ou Cologne.

Théo Haggaï

Fantasme bondage par Théo Haggaï

Untitled, 2013 © Théo Haggaï courtesy Artsper

Théo Haggaï est né à Aix-en-Provence, dans le sud de la France. Après avoir commencé sa carrière artistique dans la photographie, il décide de créer un personnage nommé « Lenny » qu’il dessine partout et sur tout.
S’inspirant de Basquiat, Keith Haring et toute la scène new-yorkaise du graffiti des années 1980, Théo dessine et peint à la fois simplement et de manière intense, avec amour et tendresse.
 

Hideka Tonomura

Hideka Tonomura est née en 1979 à Kobe, au Japon. Elle a fait des études d’arts visuels (département cinéma). En 2002, elle commence sa carrière de photographe et gagne en 2003 le prix Nikon Juna21. Le travail d’Hideka Tonomura est très médiatisé au Japon : elle est reconnue comme l’une des photographes émergentes japonaise les plus intéressantes.

Fantasme cunnilingus par Hideka Tonomura

Yukari 13, 2009 © Hideka Tonomura courtesy Artsper

Hideka Tonomura a travaillé comme hôtesse dans un bar de Shinjuku. Les travaux inspirés par cette expérience sont un voyage dans les bas-fonds des bars à hôtesses du célèbre quartier « rouge » de Tokyo : des fragments d’images volées prises par une jeune femme qui se fait appeler Yukari dans une atmosphère lourde.
 

Michael Meyersfeld

Michael Meyersfeld est un artiste photographe qui vit à Johannesburg, en Afrique du Sud. Il a gagné de nombreux prix pour son travail. Il prend des images saisissantes et s’attaque à un grand nombre de sujets.
« La création d’images m’a toujours fasciné. À l’âge de six ans, je prenais des photos noir et blanc avec une caméra que j’avais trouvée sous l’escalier à la maison. Je vais à la piscine Sea Point de Cape Town depuis mon enfance et j’ai toujours été fasciné par cet endroit iconique, à partir de mes premières images prises en 1979. »

Scène fantasmatique par Michael Meyersfeld

Blow up doll, 1979 © Michael Meyersfeld courtesy Artsper

Michael Meyersfeld a reçu de nombreuses récompenses pour son travail, la plus récente étant une médaille d’or aux London AOP awards.
 

Frank de Mulder

Frank De Mulder né le 22 août 1963 à Gand, est un photographe belge. Il a débuté sa carrière comme caméraman et directeur de photographie, réalisant des court-métrages et des publicités. À l’âge de 29 ans il trouve sa vraie passion : la photographie. Les succès s’enchainent et il réalise des campagnes pour des grands magazines comme Playboy, FHM, et GQ.

Fantasme lesbiennes par Frank de Mulder

La Comtesse, 2013 © Frank de Mulder courtesy Artsper

Aujourd’hui, Frank De Mulder est connu surtout comme photographe de Nu. Il a publié de nombreux livres de ses photographies chez teNeues. Ses images révèlent émotions et beauté féminine.

Et vous, quel est votre fantasme préféré… ? OK, OK, ça on le garde pour nous ! Mais votre artiste favori parmi ceux-ci ?

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