Les filles vues par… Daiane Soares

Daiane Soares expose les femmes au-delà de leur beauté.

Née au Brésil à Porto Alegre, Daiane Soares n’a pas 20 ans lorsqu’elle s’envole pour Londres, puis Milan, et décide de se lancer dans le mannequinat. « Ça n’a pas mal marché, mais pas très bien non plus, je ne suis jamais devenue une Top en tout cas, se souvient-elle 15 ans plus tard. Je suis arrivée en plein dans les années Kate Moss, les filles étaient très maigres, assez androgynes et moi j’étais… Disons, plus méditerranéenne, avec des formes… Même si je n’ai pas mal gagné ma vie avec le mannequinat, je ne suis jamais devenue célèbre pour autant !« 

Un mal pour un bien… c’est à ce moment-là qu’elle commence à photographier, entre deux longues séances de pose, de maquillage ou simplement de détente, entre copines mannequins. Artiste dans des coulisses qui font fantasmer les hommes de tous pays.

« Le fait d’être moi-même une femme, et une mannequin », précise Daiane, « me permet d’avoir des clichés qu’aucun homme n’aura jamais… Il n’y a ni sous-entendu, ni tension sexuelle et, sous mon objectif, les femmes s’abandonnent, se laissent aller, mieux qu’elles ne peuvent le faire avec n’importe quel homme », souligne-t-elle en prenant comme exemple cette image où une amie se repose simplement sur… la jambe nue de l’artiste, qui immortalise le moment à l’aide du miroir de la salle qui les héberge entre deux shootings…

Mais les photos de Daiane Soares, exposées en ce moment à la galerie Artcube à Paris, ça n’est pas que ça. Ce n’est pas seulement la concrétisation du fantasme très masculin d’être la petite souris qui entre enfin dans les vestiaires d’une prise de vue sexy… C’est aussi, et d’abord, un regard empreint moins de tendresse que de respect pour ses sujets, et les femmes de ce monde en général. Un amour absolu non pour leur corps, mais pour ce qu’elles sont, pour ce qui les rend vivantes à chaque instant, sous le regard de l’autre ou non, dans la conscience d’elles-mêmes ou l’oubli de soi, nues ou vêtues, au bain, sur un balcon, dans un chambre intime ou un salon d’hôtel ou, même, en pleine nature. Elle en dit un peu plus à lui.fr.

Quand et comment avez-vous décidé de devenir photographe professionnelle ?
Voilà plus de dix ans que cette passion est devenue mon véritable travail ! Dès le début, j’aimais prendre en photo mes copines mannequins, et comme j’étais dans la mode, je connaissais beaucoup de filles et j’en rencontrais de nouvelles tous les jours… J’ai commencé la photo comme ça, en autodidacte, d’abord en tant qu’assistante d’un photographe, puis je suis devenue autonome peu à peu. C’est en photographiant des objets que j’ai vraiment appris cet art, et à maîtriser le moindre réglage de l’appareil, le cadre, la lumière… Car s’il n’est pas facile de rater la photo d’une jolie fille dénudée, c’est bien sûr beaucoup plus difficile de photographier une nature morte. Donc, peu à peu, j’ai progressé et je n’ai plus jamais lâché l’appareil.

Qu’est-ce que vous préférez photographier ?
J’aime photographier les femmes de tous les âges. J’adore leur montrer les photos et voir dans leurs regard un peu de la confiance en elles que je peux, de la sorte, leur donner. Le fait de se sentir belle, pour nous les femmes, est quelque chose de primordial, vous savez… Mais aussi, dans chaque photo, j’essaie de mettre quelque chose d’autre que le sujet, quelque chose de personnel. Mes émotions, mes peurs, mes rêves, mes fantasmes… C’est cela pour moi, être photographe, c’est s’exposer aussi, sans barrière, sans honte !

Quelles sont vos inspirations ? (photographes et autres…)
Mon inspiration majeure, c’est l’être humain. Dans mes photos, on peut lire ce que ressent une femme qui a grandi au Brésil et en Italie, une femme qui se sent proche de ses sujets, souffre aussi parfois des conditions de vie d’une femme aujourd’hui… Car si je ne me définis pas comme féministe, il faut bien reconnaître que nous sommes loin de la parité. C’est peut-être pour cela que les femmes, dans mes photos, ne sont pas des femmes objets. Ce sont des divinités, elles sont fortes, dominatrices, ne sont pas soumises à la nature, mais bien patronnes de leur corps et de leur esprit !

Qui ou que rêvez-vous de photographier à l’avenir ?
J’aimerais un jour pouvoir faire un livre avec les plus grand personnalités féminines actuelles. Des femmes qui se battent pour une cause humanitaire, des femmes qui aident les autres femmes, des femmes intelligentes. Un livre où je les prendrais en photo comme des divinités grecques !

Un conseil pour les photographes débutants ?
Ne regardez pas trop ce que font les autres, inspirez-vous de vous-même ! Car aujourd’hui, avec Instagram et Facebook, on fait une overdose d’images dans nos têtes. Il faut sortir du visuel, chercher le concept, et ensuite le rapporter au visuel. Pour moi, c’est ça le secret !

(NB, Petite astuce de la rédaction : si vous êtes intéressé par la photo, n’hésitez pas à consulter les bons guides, comme le redoutable Composez, réglez, déclenchez d’Anne-Laure Jacquart, de quoi passer à l’action !).

Daiane Soares expose à la galerie Artcube, 9 place Furstenberg à Paris. L’exposition est prolongée jusqu’au 17 avril.
Du lundi au samedi, de 09H à 19H00. Toutes les infos en ligne, ici.

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